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Un fait-divers de la France diversitaire

À l’occasion de la fête du cinéma, je me suis offert un divertissant nanar – Jurassic World : le monde d’après, de Colin Trevorrow –, rapport au fait que les dinosaures et moi c’est une histoire presque aussi vieille que moi ! Je suis aussi allé voir un film que je conseille à tous les nostalgiques, voire les adeptes transis, du King, à savoir Elvis, de Baz Luhrmann, une parfaite réussite qui évite tous les écueils des mauvais films biographiques – qu’on appelle désormais biopics –, développant leur sujet avec une lourdeur de Grosse Bertha. Là, rien de tout ça : une mise en scène inventive et maîtrisée de bout en bout, sans parler de la vertigineuse interprétation du jeune Austin Butler. Le réalisateur, qui avait joliment saccagé le chef-d’œuvre de Francis Scott Fitzgerald, Gatsby le Magnifique – tellement mieux mis en scène par Jack Clayton dans les années 1970, avec Robert Redford dans le rôle-titre –, s’est donc rattrapé avec son Elvis.

Le cinéma c’est bien, même très bien, pour oublier quelques heures le monde, surtout dans les conditions de confort qui m’ont permis de voir les deux films susnommés. Mais comme j’étais arrivé un peu trop en avance, j’ai pris un journal de la presse locale mis à disposition : un numéro du Courrier des Yvelines, daté du mercredi 29 juin 2022. Là, j’ai feuilleté et…le monde s’est soudain rappelé à moi.

Ainsi, dans la rubrique fait-divers, il y avait ce titre : « Pour une histoire de ballon, elles m’ont cassé le nez ».

L’histoire en question se passe à Montigny-le-Bretonneux, juste à côté de la « bonne ville » de Trappes, vivier de champions du djihadisme, entre autres !

Une femme de 51 ans raconte son calvaire, qui a débuté pendant le premier confinement, époque où seuls les troupeaux de cités étaient autorisés à foutre le bordel en toute impunité et où nous autres étions traqués comme des bêtes du Gévaudan !

La femme en question – dénommée Christelle dans l’article – raconte : « Il y avait des petits jeunes [sans doute des Anglais de souche !] d’une dizaine d’années qui jouaient au ballon dans la cour entre les immeubles. Ils ne sont pas de la résidence. Rien de bien méchant jusqu’à ce qu’ils s’amusent à dégommer les roses. Plus ça allait, plus ils faisaient du bruit. Je leur ai dit. En réponse, j’ai eu le droit à des insultes et des doigts d’honneur. »

Mais le calvaire de Christelle ne s’arrête pas là. On peut même dire qu’il commence. Puisque, excédée, elle a décidé de confisquer le ballon, elle s’est retrouvée confrontée à une tribu parentale qui l’a abondamment menacée et s’en est retournée.

Du temps a passé et, le 2 mai 2022, le cheptel de lardons est revenu, dont l’un a traité Christelle de « pute », laquelle lui a répondu dans la foulée qu’il était un « petit con ». Le lardon en question [peut-être un Écossais des îles Shetland, l’article ne le dit pas, mais Darmanin nous renseignera volontiers !] lui a proposé de descendre, ce qu’elle a fait, pour se retrouver avec une barre de fer sous la gorge.

Ce n’est pas tout ! Les petits lardons exotiques sont allés à nouveau chercher du renfort, et c’est un couple qui est arrivé, dont le père qui a tout de même exigé que son fils présente des excuses.

L’honneur des afro-allogènes – car il s’agit vraisemblablement d’eux, malgré la silencieuse prudence bien-pensante du Courrier des Yvelines à ce sujet ! – étant ce qu’il est, quelques jours plus tard, l’un des lardons est revenu à la charge en jetant des pierres vengeresses sur le balcon de Christelle et lui criant : « On va t’égorger ! », vieille tradition du Pays de Galles et qui laisse planer peu de doutes sur l’origine du lardon, comme vous l’expliquerait fort bien Gérald Darmanin !

Christelle a donc porté plainte et, quelques minutes plus tard, comme on frappait à sa porte, elle a naïvement cru que c’était la police, ce qu’une voix lui a confirmé lorsqu’elle l’a demandé. Que nenni : c’étaient des femelles « britanniques » qui l’ont fait tomber en la frappant au sol et lui hurlant : « Tu persécutes nos enfants ! »

Christelle s’est donc retrouvée au urgences de Versailles, avec une double fracture du nez. Depuis, elle a reçu des lettres d’amour vache : « J’en ai reçu sept. Sur certaines, ce sont des menaces de mort. Sur d’autres, ce sont des injures et des mots… On me traite de pédophile. On, m’intime l’ordre de dégager de l’immeuble. » Et de conclure qu’elle attend beaucoup de la police et que : « La justice devra faire son travail. » Elle a depuis pris un avocat.

Alors, ma chère Christelle, je vais vous édifier : voici bientôt trois ans, j’ai eu affaire à une petite raclure qui me menaçait ainsi que ma famille sur mon palier et je l’ai à mon tour légitimement menacé, certes avec une arme blanche mais sans le toucher ! Voyez-vous, j’ai été convoqué avec prise d’empreintes et d’ADN, menace de garde à vue et pour finir : rappel à la loi. Ceci dans le commissariat où a été interrogé Samuel Paty, pour l’anecdote. Et non, Christelle, la justice ne fera pas son travail pour la simple raison que la justice préfère vos agresseurs à vous et qu’elle maintient les policiers dans la terreur de la bavure exotique. Il n’y a que chez les « fachos » comme nous que vous trouverez un peu de réconfort. D’ailleurs, vous êtes la bienvenue dans ces colonnes si vous souhaitez vous exprimer.

Bien à vous et à tous ceux qui subissent la sauvagerie « anglaise » !

Charles Demassieux