Un général émirati « tortionnaire » à la tête d’Interpol?

Pour s’occuper de terrorisme rien de mieux qu’un général émirati. Au moins lui, l’islam, il connait par coeur! En 2017, Interpol a reçu une donation record de 50 millions d’euros des Émirats arabes unis. En 2020, les contributions statutaires de l’ensemble des pays représentaient 60 millions d’euros…

 Cependant, ce général ne fait pas l’unanimité.

Son élection à la tête d’Interpol serait une très mauvaise nouvelle pour tous ceux qui vantent l’indépendance de cette organisation internationale. Au Royaume-Uni, l’un des premiers pays à avoir sonné l’alarme dès avril 2021, l’ex-procureur général David Calvert-Smith a même rédigé un rapport de 48 pages pour énumérer toutes les raisons pour Interpol de rejeter cette candidature .

 Interpol, forte de 194 pays, s’apprête à élire, fin novembre à Istanbul, son nouveau président. Le favori pour le poste, le général Ahmed Naser al-Raisi, apparaît comme le pire des candidats  selon plusieurs organisations de défense des droits de l’Homme.

Si à juste titre, l’on se méfie plutôt de ce type d’organisations, nous savons que les pays du Golfe ont des pratiques très coraniques envers leurs opposants,  leurs prisonniers, leur femmes…

« Cela décrédibiliserait aussi l’action d’Interpol dans certains domaines comme la lutte contre le terrorisme », a ainsi assuré le Gulf Center for Human Rights dans une conférence en marge de la 48e session du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, le mois dernier. « C’est l’une des missions centrales d’Interpol, et Ahmed Naser al-Raisi applique dans son pays une législation qui définit le crime de terrorisme de manière tellement large que n’importe quelle manifestation pacifique peut être considérée comme un acte de terrorisme », a déclaré cette ONG.

Ahmed Naser al-Raisi, inspecteur général du ministère de l’Intérieur des Émirats arabes unis depuis 2015, siège déjà au comité exécutif d’Interpol, où il est le représentant de l’organisation pour toute la zone Asie.

Outre une carrière de plus de quarante ans dans la police, cet important personnage détiendrait un doctorat de la London Metropolitan University, un MBA de l’université de Coventry, un diplôme de management de l’université de Cambridge et une licence en informatique de l’université d’Otterbein (Ohio)…

Mais d’aucuns lui prêtent un autre palmares…

 Ahmed Naser al-Raisi est ainsi visé par trois plaintes pour actes de torture, déposées en septembre en France, au titre de la compétence universelle de l’hexagone dans ce genre d’affaires.

Il y est notamment accusé d’être responsable, en tant que patron du système carcéral émirati, des « actes de barbarie » infligés au poète et blogueur émirati Ahmed Mansoor, condamné en 2018 à une peine de prison de dix ans pour « atteintes à la réputation de l’État ».

Il serait aussi très impliqué dans l’arrestation, en novembre 2018, de Matthew Hedges,  jeune chercheur britannique venu à Dubaï pour un voyage d’étude et soupçonné par les autorités emiraties d’espionnage. Condamné à la prison à vie et torturé, il avait finalement été relâché moins d’un an après, à la suite d’une intense campagne de pression de Londres,  menaçant de rupture diplomatique avec les Émirats.

Ce ne serait que deux des exemples les plus médiatiques des traitements infligés aux détenus du système carcéral géré par les services d’Ahmed Naser al-Raisi et qualifié comme l’un des « plus arbitraires au monde » par certaines ONG..

« Interpol jouerait le jeu des Émirats arabes unis qui, depuis plusieurs années, dépensent sans compter pour s’acheter une bonne image aux yeux de l’opinion internationale », avertit le Gulf Center for Human Rights. 

Cette  puissance montante du Golfe persique ne cache pas sa volonté de promouvoir et diffuser son modèle, fait de libéralisme consumériste, d’activisme militaire et diplomatique et d’autoritarisme politique – les partis et syndicats y sont interdits –, mis en œuvre par un appareil étatique tout-puissant et sans aucun contre-pouvoir.

Effectivement, réussir à diriger une institution aussi prestigieuse serait un grand succès diplomatique pour ce pays.

Pour l’instant, seule la slovaque Sarka Havrankova, actuellement vice-présidente d’Interpol, est  aussi candidate au poste.

A suivre.

Mitrophane Crapoussin

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5 Commentaires

  1. ben zemmour a dit que seul la compétance devait être retenu ! ce général ne l’est il pas ? idem dans la commission des droits de l’homme à l’onu (femmes exclues car devant rester à la maison) dirigée par un saoudien ; il est urgent d’apprendre aux occidentaux à lapider correctement

    • les flics caucasiens ne savent taper avec acharnement aujourd’hui que sur les leurs, les autres ethnies étant des espèces protégées à sauvegarder ; au moins on sait ça, aujourd’hui et pour demain, quant à la prise en main des institutions nationales par les forces judeo-islamiques ça fait plus de 60ans que CA SE VOIT mais bon c’est comme pour le covid, plus le q est libéré + le reste est tabou, car c’est dangereux de voir parce qu’on risque sa vie……le roi d’espagne est toujours réfugié là-bas, non ?

  2. La présence coranique est de plus en plus dense en Occident. Et c’est de plus en plus inquiétant.

  3. Contrairement à ce qu’il se passe en France, ces pays ne sont pas sujet à des manifestations étrangères ou des invasions musulmanes. C’est curieux non….?

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