Un imam en colère, de Tareq Oubrou : Pas touche à l’islam, ni à Mahomet (2e partie)

Publié le 4 mai 2013 - par - 5 420 vues
Share

Suite de la première partie :

N’appelle-t-il pas à la haine de l’Autre celui qui proclame : « Ô vous qui croyez ! Ne prenez pas pour amis les juifs et les chrétiens ; ils sont amis les uns des autres… » ? (sourate V, 51). N’appelle-t-il pas à la ségrégation celui qui proclame : « Dis aux croyantes de baisser leurs regards, d’être chastes, de ne montrer que l’extérieur de leurs atours, de rabattre leurs voiles sur les poitrines, de ne montrer leurs atours qu’à leurs époux ou à leurs pères, ou aux pères de leurs époux, ou à leur fils etc. etc. ». (sourate XXIV, 31).  Rappel : le voile qui couvre la tête  est une prescription coranique qui ne s’adresse qu’aux femmes de Mahomet. Mais M. Oubrou note que d’autres textes en prescrivent le port.  Est-ce à dire qu’au fur et à mesure que l’islam s’est répandu dans le monde – au prix de massacres, pillages, viols et exécutions sommaires –  des savants frappés d’une misogynie maladive ont jugé bon d’ajouter quelques barreaux de plus à la prison dans laquelle se trouve confinée la femme musulmane ? L’imam s’en défend : une lecture théologique du Coran « instaure d’emblée une égalité morale spirituelle et ontologique entre l’homme et la femme » bien que « l’égalité juridique et normative concrète entre les hommes et les femmes demeure relative… » et que « tout en énonçant l’égalité comme principe, le Coran a formulé des dispositions différentes selon les sexes »,  dispositions qu’il replace à juste titre dans un contexte historique patriarcal. Il admet que la condition des femmes doit évoluer à l’heure où elles travaillent et jouissent « de la même mobilité que les hommes sans que cela nécessite une force physique particulière ».  Par le passé, seule la calorie-joule aurait justifié le statut de mineure dans lequel l’islam a confiné la gent féminine – et continue à le faire. La calorie-joule pour expliquer les méfaits et dérives d’un   machisme millénaire, n’est-ce pas un peu court ?  Comment expliquer la persistance au 21ème siècle de ce machisme islamique si ce n’est par une volonté de maintenir les femmes en état d’infériorité  alors même que les progrès technologiques ont fait d’elles l’égale de l’homme ?  Déclaration de M. Bouteflika à propos du code de la famille (1984) : «VOUS AVEZ REVENDIQUE L’AMENDEMENT DU CODE DE LA FAMILLE, VOUS L’AVEZ EU… JE NE POUVAIS FAIRE PLUS… IL M’ETAIT IMPOSSIBLE DE SUIVRE LA VOIE DE CERTAINS POUR DESOBEIR A DIEU. JE NE PEUX MARCHANDER AVEC LES VERSETS.  AUX HADITHS, PEUT-ETRE, L’ON PEUT TROUVER DIFFERENTES INTERPRETATIONS, PAS LES VERSETS ». Pauvres Algériennes, corsetées à jamais par un prophète inique,  comme leurs sœurs marocaines : « JE NE PEUX  AUTORISER CE QUE ALLAH A PROHIBE, NI  INTERDIRE CE QUE LE TRES-HAUT A AUTORISE ». Le roi Mohamed VI, 2003.  Et c’est partout pareil. Seules quelques variantes viennent agrémenter l’amer brouet servi aux femmes musulmanes. En France où trop de musulmans jouissent de la double nationalité – frein puissant à l’ intégration – il y a conflit entre les lois de la république et la charia inspirée des préceptes coraniques et des hadiths. Si M. Oubrou est un progressiste, qu’il le prouve ! Qu’il milite en faveur de l’abolition des fatwas, portes ouvertes à tous les abus. Voici celle de l’imam Khomeiny (« Libération du moyen »)    « IL N’EST PAS PERMIS DE CHEVAUCHER L’EPOUSE AVANT LA FIN DE SES 9 ANS … ALORS QUE TOUTES LES AUTRES JOUISSANCES COMME L’ATTOUCHEMENT AVEC DESIR, L’ENTRELACEMENT ET LA JOUISSANCE ENTRE LES CUISSES , TOUTES SONT BONNES, MEME AVEC UNE ENFANT EN AGE DE TETER . ». Voilà une des monstruosités de l’islam du 20ème siècle. M. Oubrou, je me méfie de votre rhétorique comme de celle  du Frère musulman Tariq Ramadan. Frère musulman et proche de l’UOIF où vous-même allez prêcher la bonne parole de Mahomet.  Ramadan et son moratoire sur la lapidation… Danger !

Et l’UOIF qui tient ses congrès chers aux voilées et barbus, les jours de Noël et de Pâques ?  Provocation ! Danger !

Je suis plus en phase avec Hamid Zanaz et son  livre  « L’islamisme vrai visage de l’islam ». Son athéisme permet une critique plus objective. Il invite toutes les musulmanes du monde à comprendre que l’islamisation n’est pas une spiritualité : « Le juridisme a tué la spiritualité en islam ». Spiritualité réservée aux lettrés mais le musulman de la rue ne connaît que quelques versets du Coran… et le dogme. Danger ! Le juridisme tue : il pervertit les institutions démocratiques de l’Occident.  Les métastases de ce cancer : le voile (rejeté par l’immense majorité des Français) ; les familles polygames (environ 500 000 personnes en France) qui coûtent très cher en allocations familiales et autres friandises ; le halal. Australie et Nouvelle-Zélande exportent sans problème de la viande halal préalablement étourdie avant égorgement. Ici, refus catégorique. Comble de cynisime, l’imam indique qu’aux Etats-Unis les musulmans consomment la même viande que tout le monde : « Le christianisme y est une donnée beaucoup plus structurante que dans une France très sécularisée » et « l’employé d’un abattoir américain est plus volontiers considéré comme chrétien qu’un abatteur français, plutôt perçu comme agnostique » ; et pour finir, les mosquées (plus de 2000 en France, une qui surgit de terre chaque semaine). Il y aurait urgence, dit l’imam, à en construire davantage pour les 4 millions de musulmans – chiffre destiné à ne pas faire peur. Je sache que les musulmans non-pratiquants, les nés- musulmans non-croyants et les convertis ne vont pas à la mosquée. Mais ils se cachent de peur d’être reniés par leur communauté ou dézingués par un adepte de la chasse coranique aux apostats. « L’homme reste  libre  de croire ou ne pas croire… mais  une fois qu’on a adhéré à la foi musulmane, quitter sa religion est clairement interdit par le Coran ».  Bravo Monsieur Oubrou ! Haro sur  l’apostat ! La chasse est ouverte.

L’islam a grand besoin d’un coup de Kärcher : qu’on cesse d’affirmer que le Coran est incréé et qu’on fasse comme les juifs de France au 19ème siècle : renoncer aux textes incompatibles avec nos lois et usages, au nom de la cohésion sociale.

Rendons justice à Tareq Oubrou qui s’élève contre l’interdiction pour une musulmane d’épouser un non-musulman car ces mariages ne sont pas « haram ».  S’il est sincère, qu’il invite ses deux filles à se dévoiler pour donner le bon signal aux non-musulmans : vertu de  l’éducation par l’exemple. Non, le voile n’est pas un « bout de tissu ». C’est une barricade contre l’ intégration. Malika Sorel écrit : « L’intégration-assimilation est de moins en moins souhaitée par les migrants et leurs descendants ; cela constitue l’un des freins majeurs à l’intégration. Pour pouvoir s’intégrer, encore faut-il le vouloir. L’intégration ne peut être imposée. SEULE L’INSERTION PEUT ET DOIT L’ETRE ». Il ne suffit pas d’avoir la nationalité française pour en avoir l’identité.

Monsieur l’imam,  mon petit doigt m’a dit que certains des vôtres usaient de menaces et d’intimidation pour vous dissuader d’être progressiste. Dit-il vrai ou se fait-il l’instrument de la taqqyia,  mensonge et ruse préconisés par le prophète pour parvenir à ses fins ? Si votre livre est sincère, vous avez du pain sur la planche et je crains que vos efforts ne se noient dans l’océan de conformisme, d’intolérance, voire de haine de l’Autre dans lequel patauge la vaste majorité des croyants de l’islam. Bon courage et sans rancune !

Eve Sauvagère

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.