Un juif peut-il voter François Hollande, dont la porte-parole arbore le keffieh palestinien ?

Publié le 30 janvier 2012 - par - 12 339 vues
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Les élections présidentielles prennent, chaque jour un plus, un côte défilé de spectres et réunion de groupies de sauveur suprème. Je l’ai déjà écrit : Le meeting de masses militantes, (15000 venus de toute la France soutenir François Hollande) m’a laissé une impression de déjà vu. Mais ne vous méprenez pas, lorsque je dis « déjà vu », je ne pense pas ici à un simple « remake » ou à une paraphrase des discours publics de la victime de l’attentat de l’avenue de l’observatoire*1. Je pense à ceux de nos discoureurs d’avant-guerre, à ceux qui pourfendaient la « ploutocratie et la juiverie qui la manipulait».

François Hollande l’a bien senti, qui nous a expliqué ce matin : « Qu’il n’était pas contre la finance, parce que la finance on en a besoin, mais contre la mauvaise finance ». Bien loin de corriger le côté dénonciation d’un ennemi invisible, de son discours, – propos imprudent qui pouvait laisser à penser qu’il parlait en réalité de cet ennemi sans visage, le « capital apatride juif » ; qu’il promettait d’en découdre avec cet adversaire oeuvrant dans l’ombre ; qu’il allait terrasser cet ennemi du genre humain qui tire les ficelles de tout et ne prend son visage réel d’humain malfaisant que derrière les pages du « protocole des sage de Sion »-, la mise au point a accentué ce qui n’était pas une ambiguité, mais le fond d’une politique du PS/Hollande ; politique qui s’incarne, avec une aveuglante netteté, dans le choix de Védrine, comme futur ministre des affaires étrangères.

 

La préparation des élections est aussi prétexte à une campagne de dénonciation et d’intimidation

 

C’est ainsi qu’on assiste à une opération de dénonciation de « l’imposture de ces mauvais Juifs qui voudraient voter pour l’infréquentable Marine Le Pen », contre laquelle tous les coups seraient permis, mêmes les violences physiques, pour lui interdire de présenter ce qu’elle propose aux citoyens.

 

Les effets de muscles, les cris de l’UEJF à Dauphine seraient de la légitime défense

 

Elle serait l’ennemi de la liberté et du Juif. Elle serait celle contre laquelle on serait en droit de retirer les libertés politiques de base, tel que le simple droit de tenir des réunions électorales ou pré-électorales.

 

Comment un Juif peut-il voter Marine Le Pen ? demande un censeur. Je laisserai les Juifs, dont ce serait l’intention, répondre eux-mêmes à cette question

 

Je dirai que, pour ce qui me concerne : j’en suis revenu à me poser la question, que se posaient déjà nos anciens vivant avant-guerre, quand un événement d’une certaine importance se produisait : Est-ce que c’est bon pour nous autres Juifs ? Z’iz guit far yd’n ?

 

Hollande, Joly, Poutou, Mélenchon, Bayrou, Le Pen, Dupont-Aignan, est-ce que c’est bon pour nous, les Juif ?

 

Prenons dans l’ordre. Pour ce qui concerne François Hollande, ce matin, l’ex capitaine de pédalo, aspirant à devenir grand amiral, nous a donné une première réponse à cette question traditionnelle. Parlant devant la caméra de BFM-TV, l’ex chef du PS -comme il s’est lui-même qualifié- a voulu rectifier l’impression laissée par son grand meeting : Non messieurs et mesdames, il n’est pas contre la finance. Dailleurs la finance, mesdames et messieurs, on en a besoin… Cela c’est ce qu’il nous a dit. Et il y a ce qu’il ne nous a pas dit ce matin, mais qu’il nous a laissé voir ou deviner. Il y avait à lire entre les mots et entre les images, ce matin. Et qu’ai-je lu entre les mots et les images, en regardant cette mise au point ?

 

Que nous a dit ou montré cet homme, sur de lui, l’autre soir à la TV, jusqu’à ce qu’Alain Juppé ne l’ai déstabilisé ?

Ce que j’ai lu, entre les lignes et les images, vous avez tous pu le voir : François Hollande s’est choisi pour porte-parole Najat, une charmante jeune femme « issue de la diversité ».

 

Ce matin, que nous a dit le charmant porte-parole ?

 

Avec des mots, rien, mais avec son image séduisante, beaucoup de choses. Son message a pris l’aspect d’un manifeste signe vestimentaire. La belle Najat a choisi d’être aux côtés de son candidat, devant les caméras, avec, négligemment noué autour de son cou gracile, un keffieh palestinien. D’aucun n’y verront peut-être qu’un vêtement comme un autre, rien de plus. Ils nous diront : Najat n’a pas eu le temps de choisir sa tenue, pour venir devant les caméras. Le keffieh palestinien s’est trouvé là, par hasard, et sa main l’a machinalement saisi… voila, rien de plus. Vous croyez ça, vous ? Pour ma part, je ne ferai pas cette lecture, sachant qu’il s’agissait, pour l’ex capitaine de pédalo, de préciser les points essentiels de son discours, ceux ayant provoqué des interrogations. François Hollande a voulu rassurer les marchés : Non, il n’est pas leur ennemi. Oui, pour lui, la finance, c’est le sang de l’économie mondialisée. Oui, elle s’impose, comme une incontournable réalité. Hollande a tenu à lever les craintes des « marchés » concernant sa volonté de combattre « ce qui ne se présente pas devant les électeurs », « ce qui détient le pouvoir sans avoir à être élu ».

 

Par contre, la mise au point a signifié aussi qui sont ses amis ou ses alliés

 

Le cou délicat de la belle Najat à servi de mur, pour placarder un dazibao affirmant un choix stratégique de François Hollande. Le keffieh, porté ici, vient pourtant de prendre tout son sens violent, génocidaire, un sens que François Hollande et la belle Najat ne peuvent ignorer, depuis le dernier discours d’un dignitaire religieux musulman et palestinien de premier plan. Il s’agit du tout récent discours du Mufti de Jérusalem, nommé par Arafat. Ce dernier s’est exprimé, sans réserve aucune, en plaçant ses pas dans ceux inscrits dans les événements et les choix des années 1929-1945*2, par son devancier, l’illustre grand-père de Laila Shahid, l’ami personnel d’ Adolphe Hitler, l’imam Husseini.

L’actuel mufti dira en effet aux cadres du Fatah et à leurs sympathisants, réunis pour l’anniversaire de l’organisation d’Arafat et de Mahmoud Abbas, pourquoi la paix n’était pas possible entre Palestiniens arabes et musumans et Israéliens juifs.

 

Pourquoi la paix ne serait-elle pas possible entre israéliens juifs et arabes palestiniens?

 

La paix ne serait pas possible : parce que la Palestine, telle que conçue et présentée devant les Nations-Unies, devra être un Etat « arabo-musulman »*3. La paix, la paix définitive ne serait pas possible parce que, -rappelera le successeur du mufti Husseini-, le « haddith authentique » repertorié par Al Boukhari et quelques autres savants de l’islam, donne cet avertissement : Les temps du triomphe de l’islam ne viendront que quand les musulmans tueront tous les Juifs. Ils ne viendront que lorsque « l’arbre et la pierre derrière lequel le Juif se cachera, dira au musulman, viens derrière moi, un Juif s’y cache, tues-le ! »

 

Le capitaine de pédalo se verrait-il en capitaine d’une France devenue un vaste radeau de la méduse ?

 

Le capitaine en chef du PS choisit-il de se placer sous les auspices d’un symbole politique qui vient de rappeler quel est son sens profond : être un chiffon sanglant ; être un appel impératif à exterminer les Juifs, parce qu’un dogme religieux qui ne se discute pas, -parce qu’il serait parole de Dieu-, le dicterait définitivement aux musulmans.

 

La belle Najat, porte-parole officiel de François Hollande, avait-elle songé à cela, ou est-elle simplement et seulement une coquette étourdie ?

 

Son idole, l’aspirant amiral, en avait-il conscience ? N’aurait-il rien vu ? Est-il lui aussi un simple étourdit ? Me posant ces questions, je veux aussi les poser, publiquement, à ceux de nos Juifs qui donnent des formelles et impératives consignes de vote, pour le 20 avril et le 6 mai prochains : un Juif peut-il voter François Hollande-Najat, sans accepter une politique qui dénie à Israël son simple droit d’exister? Leurs réponses nous éclaireront utilement.

Alain Rubin

 

*1 François Mitterrand, -le futur « monsieur x », lancé par l’hebdomadaire proche des fondateurs du PSU, le « nouvel observateur », et par Gaston Deferre, pour donner un objectif gouvernemental à la FGDS (la fédération de la gauche démocrate et socialiste, sorte de lâche fédération politique constituée entre le parti socialiste SFIO et différents petits groupes issus de la longue dégringolade du vieux parti radical et des différentes écoles du « socialisme chrétien » qui n’étaient pas entrés dans le PSU, et le groupe mendésiste de la Convention des Institutions Républicaine/CIR)- se trouvera au centre d’une polémique politique.

En 1959, quelques coups de feu furent tirés sur la voiture à l’arrêt, laissée porte ouverte, du futur Président de la « rupture avec le capitalisme », qui s’était jeté à plat ventre, derrière des buissons bordant l’avenue. Mitterrand avait-il été piégé, comme il le dira plusieurs années plus tard, ou avait-il effectivement monté un faux attentat, dont il était la fausse victime ?

 

*2 Après 1945, le mufti Husseini ne pourra plus agir dans ce sens. L’écrasement du nazisme le contraindra à se cacher. Capturé, puis condamné à mort pour sa participation active aux crimes nazis, le mufti Husseini dû son salut à la complicité de certains cercles français, qui organiseront sa fuite.

Le relais du mufti fut activement pris par Les Frères musulmans. Ces derniers lanceront un appel à la « guerre sainte », pour « exterminer les Juifs jusqu’au dernier », immédiatement après le vote de l’Assemblée générale des Nations-Unies qui venait de décider de partager en deux Etats la partie occidentale de l’ancienne Judée non incorporée dans le royaume hachémite.

Les Frères musulmans n’acceptaient pas : que les musulmans vivent en paix aux côtés de Juifs non réduits à l’état de dhimmi. Au nom du dogme et du pacte d’Omar : ils dénoncaient l’idée que des inférieurs institutionnels, -définitivement inférieurs pour motifs de dogmes religieux-, puissent vivre libres et souverains sur une terre conquise par le sabre islamique. Ils n’accepteront donc pas, et n’acceptent toujours pas qu’il y ait un deux Etats communs, l’un avec une majorité de Juifs et une minorité (une grosse minorité) d’Arabes, et l’autre avec une grosse majorité d’Arabes et une petite minorité de Juifs. Jérusalem, tout Jérusalem, la juive et l’arabe, étant un lieu commun placé sous contrôle international.

 

Pour résoudre leur équation politico-religieuse, pour les Frères musulmans comme le mufti Husseini, et comme l’actuel mufti de Jérusalem et chef spirituel du Fatah, une solution, et une seule : l’extermination des Juifs ! C’est cela que représente le keffieh palestinien comme symbole politique. La belle Najat ne le savait-elle pas ?

*3 Le peuple palestinien, celui ne comprenant pas les « palestiniens » de toujours, à savoir les Juifs descendant des tribus hébraïques, est formé : d’arabes musulmans, des descendant des conquérants du début du 7ème siècle, de bédouins islamisés, (des autochtones, dont certains se revendiquent d’ascendances hébraïques et juives, certains de leurs clans, situés au sud de Hébron, revenant actuellement vers leurs origines et rejetant l’islam), d’Arméniens, de Circassiens, d’Albanais, de Turcs, de Grecs, les uns et les autres témoignant de l’humanité diversifiée du territoire de l’époque du califat ottoman.

Quant aux « arabes », les uns, la majorité, sont musulmans et d’autres chrétiens. Ces derniers subissent des pressions multiples, des vexations, des violences dans les villes et les bourgades chrétiennes. Affirmer la future Palestine, basée sur le territoire des monts de Judée, comme étant un Etat « arabe musulman », signifie établir tous les Palestiniens non arabes et non musulmans comme étant soit non-palestinien, soit comme des Palestiniens de second ordre, comme étant des dhimmis.

On voit que la belle Najat, n’est soit qu’une charmante étourdie, affichant imprudemment des préférences personnelles, soit affirme, sans ambiguité ni réserve, un choix stratégique pro-génocidaire de François Hollande.

 

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