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Un musulman modéré, c’est un homme qui n’applique pas l’islam

Quand vous critiquez l’islam souvent, on nous rétorque « Oui certes, mais il y a les musulmans modérés ». J’adore cette expression employée dans la bouche d’adversaires politiques. Ils ne mesurent probablement pas le sens exact de cette expression, sinon ils ne l’emploieraient pas. Pour eux, un musulman modéré est simplement un musulman qui ne tue pas, n’approuve pas le terrorisme, respecte les femmes, n’essaye pas d’imposer le halal partout où il passe.

Pour nous, un tel musulman – quand il existe – est clairement un musulman qui n’applique pas l’islam. Tant mieux pour nous, certes, mais on voit donc que le bon musulman – à nos yeux – est celui qui renonce au Coran. Partiellement, s’il se considère encore comme musulman ; mais on voit donc que c’est la pratique de l’islam qui pose donc le plus de problèmes. Et que l’apostat total ou incomplet est un meilleur homme.

Que dit-on – par ailleurs – d’un catholique qui ne va jamais à la messe (allez, une fois à Noël pour faire plaisir à la famille ; et à la rigueur à Pâques pour le devoir) qui n’applique jamais les préceptes de l’Église ? On dit qu’il n’est pas pratiquant. Bref un « catholique de papier », baptisé par erreur pour des raisons souvent familiales. Remarquez néanmoins que nos médias s’inquiètent plutôt de ces pratiquants qualifiés assez rapidement de catholiques intégristes.

Employer l’expression musulman modéré signifie que l’islam se doit d’être assoupli pour être acceptable, ce qui se traduit par une pratique restreinte des interdits présents dans le Coran et les hadîths. Sinon, on aboutit à l’Afghanistan des talibans, l’Arabie saoudite, le Soudan, Al-Qaïda, Daesh ou Boko Haram (peut-être le pire des représentants de l’islam soit le plus fidèle).

Si on examine très objectivement tous les pays musulmans, on constate que ceux où on vit le moins mal (Tunisie, Maroc, Égypte…) sont ceux qui appliquent le moins les préceptes de vie issus du Coran. Et cette non-application vient des dirigeants (souvent des dictateurs), qui sont sans doute assez lucides sur la valeur de leur religion, mais qui n’osent pas y renoncer totalement car ils savent que le peuple reste musulman. Dans ces pays, la pression populaire va dans le sens de plus d’islam, les dictateurs (devenus un mal nécessaire dans ces cas précis) modérant ces demandes. Même Atatürk, grand chef d’État, auteur de la phrase « L’islam, cette théologie absurde d’un bédouin immoral, est un cadavre putréfié qui empoisonne nos vies. » n’a pas osé aller jusqu’à interdire l’islam et s’est contenté d’en limiter le pouvoir politique.

Bref, on le voit donc : un homme s’améliore en renonçant partiellement ou totalement à l’islam. On s’en doutait. Voilà ce que signifie l’expression « musulman modéré ».

Platon du Vercors