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Un nouveau Nuremberg pour juger les responsables de ces milliers de morts

La nouvelle enquête de « Libération » sur la pénurie de masques est accablante pour ce gouvernement , qui a entériné sciemment les fautes criminelles du passé et les a aggravées.

Beaucoup de textes sont parus sur Riposte Laïque, concernant  la scandaleuse pénurie de masques, que le pouvoir a tenté de dissimuler par le mensonge permanent.

Mais cette étude approfondie démontre bien que c’est l’incurie des décideurs actuels qui a engendré le chaos total et provoqué des milliers de morts par manque de protection.

Et ce même gouvernement, qui a nié l’utilité du masque pendant des mois, faute de stocks, sait très bien aujourd’hui que le déconfinement ne pourra se faire sans masques pour tous. D’où son inquiétude et sa frilosité pour libérer le pays du carcan actuel.

Car la pénurie perdure… et une seconde vague de l’épidémie serait pire que la première. Masques, tests, respirateurs et surtout produits de réanimation font toujours défaut.

Depuis deux mois, les Français ne font plus du tout confiance à Macron pour gérer la crise sanitaire, tant les morts s’accumulent chaque soir. Ils ne pardonnent pas le mensonge criminel.

Les généralistes avouent que si on ajoutait au bilan global les morts à domicile du Covid-19, ainsi que ceux qui en ont été victimes sans dépistage post-mortem dans les Ehpad, c’est la France qui totaliserait le plus de morts au monde par million d’habitants.

Nous sommes en réalité plus proches de 40 000 décès que de 23 000 !!

Hier soir, on a eu un rebond du nombre de décès en France. 437 morts supplémentaires pour « seulement » 242 la veille. Rien n’est gagné.

Rappelons que Jérôme Salomon et Sibeth Ndiaye n’ont cessé de nous rabâcher que le masque était parfaitement inutile, sauf pour les soignants au contact de l’infection. Le pouvoir, qui se vantait d’afficher la plus totale transparence, a sciemment menti pour masquer la pénurie et surtout  pour cacher sa lourde responsabilité dans ce fiasco.

En février, le DGS Jérôme Salomon, alors que le stock de masques était à sec, assurait avec aplomb qu’aucune pénurie n’était à craindre.

Alors que pour les seuls personnels soignants, hôpitaux et  médecine de ville, il faut 40 millions de masques par semaine, le stock était à 117 millions de masques chirurgicaux en début de crise et à zéro pour les  masques FFP2.

Mais 10 ans plus tôt les stocks stratégiques étaient de 1 milliard de masques chirurgicaux et 600 millions de masques FFP2.

Olivier Véran, finissant par avouer mi-mars que le stock était quasi inexistant, se défaussait en prétextant que la doctrine avait changé depuis 10 ans. Un énorme mensonge d’État, car « la nouvelle doctrine n’a jamais consisté à mettre fin aux stocks », déclare l’ancien DGS, en poste de 2011 à 2013.

Les réflexions de l’époque portaient sur la qualité des masques et non sur le niveau des stocks, les masques FFP2  plus protecteurs, devant être réservés aux seuls soignants.

En 2011, une note de la DGS mentionne 600 millions de masques FFP2 et 800 millions de masques chirurgicaux en stock. L’objectif est toujours d’avoir 1 milliard de masques chirurgicaux et non pas 145 millions comme l’a affirmé Véran en mars. Il a donc menti sciemment…

Ni le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) en 2011, ni le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) en 2013, n’ont prôné l’arrêt des stocks. Il était au contraire envisagé le port du masque pour toute la population en cas de pandémie.

Depuis 2013, une ligne budgétaire est censée planifier l’achat de 100 millions de masques par an. Mais entre 2012 et 2017, seule une commande 100 millions a été passée.

Il y a donc bien eu une désinvolture criminelle dans la gestion des stocks. Le pouvoir a  joué sciemment avec la vie des citoyens, un crime qui se solde aujourd’hui par des dizaines de milliers de morts.

« Le milliard de masques chirurgicaux est toujours resté la doctrine de sécurité sanitaire », certifient deux hauts fonctionnaires en poste jusqu’en 2018.

Faute de commandes régulières au temps de Hollande, les stocks ont fondu. Et quand Marisol Touraine se défend en disant qu’à son départ il restait 754 millions de masques, elle oublie de dire qu’ils étaient tous périmés. Car depuis 2010, les masques sont censés avoir une durée de vie maximale de 5 ans.

En 2018, une expertise a démontré que sur le stock restant, seuls 100 000 masques étaient encore conformes, mais datant de 2013, donc presque périmés !

Responsabilité du gouvernement actuel :

En 2018, Jérôme Salomon reçoit le rapport de Santé publique France sur l’état de masques. Un désastre ! Seuls 100 000 masques sont opérationnels et seront périmés en 2019 !

Réunions ministérielles et… il est décidé de NE PAS RECONSTITUER LE STOCK D’UN MILLIARD DE MASQUES !

Un an plus tard, en juin 2019, un avis d’experts de Santé publique France confirme le besoin d’un stock d’1 milliard de masques chirurgicaux pour la seule population, les soignants devant bénéficier de masques FFP2.

Mais Agnès Buzyn et Jérôme Salomon ont enterré le rapport d’experts !

Contactés par « Libération », ces deux responsables ont botté en touche.

La pénurie était telle au début de l’épidémie que 72 millions de masques périmés ont été repris par Santé publique France. Ces masques ont-ils été expertisés avant d’être réintégrés ? Mystère, la DGS refuse de répondre.

Un document du ministère de la Santé daté de fin mars révèle qu’au plus fort de l’épidémie, à l’hôpital de Mulhouse, les besoins hebdomadaires sont de 84 000 masques chirurgicaux et de 35 000 masques FFP2. L’État ne leur en fournit respectivement que 20 000 et 5000 !

Au niveau national, alors qu’il faut 40 millions de masques par semaine au plus fort de la crise, le ministère de la Santé en a déstocké 69 millions en 8 semaines !

On comprend donc pourquoi tant de soignants ont été contaminés. Beaucoup ont payé de leur  vie la pénurie orchestrée par ce gouvernement !

Trois mois après le début de l’épidémie en Chine, la pénurie perdure et l’approvisionnement en masques pour tous n’est pas d’actualité.

Si les pharmacies et bureaux de tabac sont autorisés à en vendre, la logistique ne suit pas.

Or, on a l’exemple de la ville d’Iéna, en Allemagne, qui a imposé le port du masque depuis le 6 avril dans les transports, au travail, dans les commerces et à l’école. Exemple incontestable. Aucune contamination n’est à déplorer à Iéna depuis début avril. Cette ville est donc devenue la référence pour toute l’Allemagne.

https://www.france24.com/fr/20200424-le-port-du-masque-%C3%A0-i%C3%A9na-un-mod%C3%A8le-pour-l-allemagne-dans-la-lutte-contre-le-covid-19

Mais en France, pays modèle de la pénurie permanente, il n’y aura pas de masques pour tous dès la mi-mai.

Selon une note du 14 avril, il faudrait 500 à 600 millions de masques par semaine pour les secteurs économiques à déconfiner en priorité. Or, le gouvernement promet 26 millions de masques grand public par semaine, début mai. Il mise sur les importations… qui arrivent au compte gouttes.

Autant dire que le déconfinement semble aussi mal parti que le début de crise ! Macron, Philippe, Véran et Salomon gèrent la crise au doigt mouillé.

La conclusion de tout cela est qu’Emmanuel Macron et ses ministres ne maîtrisent plus rien. Ils ont menti dès le premier jour et sont désemparés car rien n’est réglé au plan de la pénurie générale.

Ils ont laissé de côté les pharmaciens, les vétérinaires, les cliniques privées, les industriels, les laboratoires, les maires qui tous, depuis deux  mois, se proposaient d’aider le gouvernement à s’équiper de masques, de respirateurs, de tests, de produits de réanimation.

Pire, on a interdit aux maires d’imposer le masque dans leur commune !!

Deux mois de perdus avant d’autoriser  tous ces acteurs à participer à l’effort national. Combien de morts pour de sombres raisons administratives ou idéologiques ?

Mais le pire est d’avoir diabolisé le Pr Raoult, dont le traitement aurait permis de sauver des milliers de vies.

Ils ont préféré renvoyer les gens chez eux, aggravant ainsi la diffusion du virus, au point d’amener le système de santé au bord de la rupture.

C’est donc bien d’un nouveau Nuremberg dont la France a besoin pour juger les responsables et coupables de dizaines de milliers de morts.

Aux nombreuse plaintes déjà déposées, s’ajoute celle de la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs (Fenvac). Une plainte contre X, pour mise en danger de la vie d’autrui et non assistance à personne en danger.

Préparation inexistante, gestion des stocks irresponsable, manque d’anticipation et défaillances à tous les niveaux sont à déplorer.

Quant à la pitoyable communication du gouvernement, contestant l’utilité des masques ou défendant une stratégie de dépistage à géométrie variable, elle est à la hauteur du fiasco.

Cette pandémie va se solder en France par un carnage alors que d’autres pays mieux préparés et dirigés par des élus responsables et intelligents, ont su éviter une hécatombe. Bon nombre de pays ne déplorent aucun mort.

Rappelons aussi à nos élites que ce sont les « petites mains » tant méprisées, qui ont tenu le pays à bouts de bras, malgré les défaillances criminelles de l’Etat.

Ce sont « tous ceux qui ne sont rien » qui ont limité l’hécatombe, qui nous ont permis de vivre et d’assurer les transports essentiels, les soignants, les paysans, les livreurs, les routiers, les caissières, les petits commerçants et tous ceux qui dans l’ombre permettent au pays de tourner au ralenti.

Sans « les moins que rien », la France se serait effondrée comme en 1940.

Cette tragédie largement évitable, devra donc se payer en 2022, car c’est bien Emmanuel Macron le premier responsable de la pénurie, pour avoir sciemment ignoré les alertes de 2018 et de 2019, qui soulignaient la nécessaire préparation au risque de pandémie.

Il a prouvé son incompétence, son incapacité à anticiper la menace et à réagir sereinement. Tout n’a été que fautes, mensonges et dissimulations.

Macron n’a jamais eu l’étoffe d’un chef d’Etat responsable, capable de protéger la France et son peuple. Il a tout aggravé.

Jacques Guillemain