Une avancée démocratique, les primaires socialistes ?

La mascarade des primaires socialistes s’est accompagnée d’une orgie médiatique sans précédent. Un vrai gavage. Même les citoyens les plus concernés par la grande bouffe socialiste sont au bord de l’indigestion.
On pourrait s’en réjouir. Voir un socialiste malade, la panse pleine de promesses, dégorger dans le caniveau son trop plein d’illusion, est un spectacle des plus réjouissants pour qui sait apprécier le burlesque que dissimule la tragédie. Mais là, il y a des victimes innocentes. Et l’une d’entre elles s’appelle la démocratie.

Oh, je sais bien que le discours de l’oligarchie prétend le contraire. Pour les camelots de la foire à cancan, les primaires socialistes représentent une avancée démocratique indéniable.
Et n’en déplaise aux ronchons, le progrès pour nos bobos ne pouvant se concevoir que sous la bannière d’une américanisation des mœurs politiques, l’instauration d’un bipartisme leur apparaîtra toujours plus moderne que cette république française chancelante et sinistrement décatie. C’est en cela que le mouvement enclenché par les socialistes et qui doit nous mener vers une démocratie d’opinion et de spectacle Made in USA est inéluctable.
Mais à moins de considérer la politique française à l’aune des règles démagogiques que nous imposent la Nouvelle Star, Master Chef, ou le Bachelor; je ne vois pas bien où se trouve les avancées démocratiques dans cette braderie d’opinions soporifiques…

Et puis franchement, il n’y a que les maniaco-dépressifs pour aller perdre du temps un week-end d’octobre pour accomplir une aussi basse besogne. Ou bien les obligés du système féodal mis en place localement par le PS, les vert et le PCF : des associatifs en mal de subventions, et toute la pléthorique garnison de fonctionnaires territoriaux. Et aussi des mélenchonistes inspirés. Des cocos atrophiés. Des écolos exaltés. Le bobo des villes en rollers derrière une poussette trois roues et le bobo des champs, avec sur les épaules un chandail chamarré équitablement tissé par quelques laborieux péruviens de la cordillère des Andes. Et sans oublier les adorateurs de Pierre Arditi, les fidèles de Cali ou de Bénabar, et les opprimés métamorphosés par la pensée pénétrante du socialisme clownesque de Djamel Debbouze.

Que nos modernistes s’engagent à créer une république référendaire !
Qu’ils se battent pour l’instauration du référendum d’initiative populaire grâce auquel les citoyens retrouveront l’usage de leur souveraineté (à condition que leurs choix soient respectés…) !
Qu’ils acceptent une assemblée nationale avec un minimum de proportionnelle pour que chaque parti politique de ce pays puisse enfin tenir un rôle dans les institutions !

Et alors là nous parlerons de progrès démocratique. Peut-être même en finirons-nous avec le faux clivage droite-gauche… et retrouverons-nous une vie politique, idéologique et démocratique digne d’une grande Nation.

Jérôme Cortier

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