Une fatwa ignoble contre Robert Redeker, une pétition infame contre Matzneff

Publié le 27 novembre 2013 - par - 2 707 vues
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Non, non, je ne mélange pas tout. Dans les deux cas, ce sont les « ligues de vertu » qui passent à l’action pour dénoncer, tuer, nuire, estampiller du sceau de l’infamie, ceux qui ne rentrent pas dans leurs rangs. C’est bien ce qui arrive, à des degrés divers au philosophe Français, Robert Redeker, frappé d’une fatwa (ordre à tout bon musulman de le tuer) et à l’écrivain Franco-Russe, Gabriel Matzneff, contre lequel une pétition infame, exige du Prix Renaudot, de retirer son prix « Essai » fraichement acquis, au « scélérat », désigné comme pédophile par ladite pétition.

Robert Redeker, vit, depuis 2006, sous haute surveillance policière pour avoir écrit en septembre de la même année, un article critique de l’islam dans le Figaro. Aux yeux de l’islam, il a commis le crime de blasphème, comme le célèbre pianiste Turc, condamné cette année, à deux reprises pour le même crime dans son pays, la Turquie, à 10 mois de prison avec sursis. Laissé en liberté, lui, étant trop célèbre pour risquer le scandale de son enfermement.

Otage des islamistes, 7 ans déjà, que le philosophe doit vivre caché. Le Français qui vit la plus longue détention. 1 an de plus qu’Ingrid Bettencourt ! Qui s’en soucie ? La charria supplante dans ce cas les lois de la République. Un compatriote otage des totalitaristes dans notre propre pays. Un silence assourdissant entoure désormais ce « dossier » qui condamne apparemment Redeker à vivre caché, jusqu’à la fin de ses jours, si nous ne réagissons pas.

Dans un autre registre, une personne totalement inconnue, offusquée par l’attribution du prix Renaudot-Essai à Gabriel Matzneff, lance une pétition sur internet,  à l’attention du jury du même prix,  afin qu’il retire la distinction à « l’infâme », dont un livre pourrait inciter les pédophiles à se « libérer».  Procès d’intention digne des régimes totalitaires !  En cause ; un ouvrage ancien : Les moins de seize ans. On peut aimer l’auteur Céline et le vouer aux gémonies pour ses positions politiques. Va-t-on aussi pétitionner pour l’interdire de figurer en librairie ?

Ici, nous ne sommes plus dans le registre de la peine de mort, comme la fatwa contre Redeker,  mais dans le répertoire de la délation, de l’intention manifeste de nuire à un homme, considéré comme l’un de nos grands écrivains contemporains. Un homme libre. Il est livré, d’une autre manière à la vindicte publique. C’est ainsi qu’agissent les contemptrices/teurs pour vouer aux gémonies celui qui gêne, ne pense pas conforme. L’homme est jugé a posteriori par des anonymes, qui n’ont jamais lu ses livres. Son œuvre est totalement négligée, bafouée, ignorée. Matzneff,  le « dégénéré ». Ca ne vous rappelle rien ? Mais oui, les nazis organisèrent un autodafé devenu célèbre, en 1933, Unter den Linden, à Berlin en brûlant des livres qu’ils estimèrent écrits par des auteurs « dégénérés ».  Heureusement que les jurys du Prix Renaudot méprisent et ignorent cette ignoble pétition. Et, l’auteur Matzneff a de la chance que les jurys le soutiennent.

En revanche, Redeker, lui, a moins de chance, contraint à vivre en otage depuis tant d’années. C’est pourquoi, je propose ici, que le Maire de Paris, accroche une photo géante de Redeker, au fronton de l’hôtel de ville de Paris pour demander sa libération.  Les jurys du Prix Renaudot ayant eux, fait ce qu’il fallait pour défendre leur auteur.

Robert Redeker, au bout de 7 ans doit retrouver sa liberté. La fatwa contre Salman Rushdie fut levée. Que les islamistes de ce pays, la France, qui les accueille, rendent sa liberté au philosophe. La République et ses lois, sont les seules qui doivent être respectées. Y compris et surtout des islamistes. Et s’ils désapprouvent la liberté d’expression, ils savent ce qu’il leur reste à faire ! Quitter la France.

Sylvia Bourdon

 

 

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