Une histoire de chats de gouttières

Publié le 22 mars 2020 - par - 34 commentaires - 1 431 vues
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Ce n’est ni du comique ni du sarcastique, mais bien une réalité.

Il y a quelques mois, suite à un violent orage qui s’était abattu sur notre région, quelques chats de gouttières avaient trouvé refuge dans notre vaste véranda, avec son toit et ses volets paravents. Ma fille et moi n’y avions vu aucun inconvénient, au contraire, nous étions satisfaites d’avoir servi de refuge à ces malheureux chats de gouttières.

Le cœur et la main toujours prêts à secourir l’infortuné, ma fille et moi avions, sur notre lancée, ouvert quelques boîtes de conserves que nous avions offertes à ces malheureux affamés.

Une fois l’orage essoufflé, ces chats étaient partis. Il y en avait de toutes les couleurs, des noirs, des gris, des blancs, des fauves, de toutes les tailles et de tous les genres… tous étaient très mignons avec leurs yeux apeurés et leur crainte de toute approche humaine, tant ils étaient sauvages et difficiles à dompter.

Ma fille émit la très hasardeuse initiative d’acheter un paquet de vingt kilos de nourriture pour chats avec quelques petites assiettes en acier inoxydable qu’il fallait dorénavant remplir de nourriture pour tous ces chats et les répartir sur la surface de notre véranda et son parapet.

Je dois vous avouer que j’ai eu quelques hésitations, mais devant les arguments de ma fille, j’ai obtempéré. « Allons, maman, c’est seulement quelques centaines de shekels, nous pouvons bien nous permettre ce luxe. Et ces pauvres bêtes en ont si besoin ».

Et depuis, tous les matins entre 5 et 6 heures, avec les premiers rayons du soleil, j’étais debout en train de remplir ces petites assiettes alors que la meute de chats ne cessait de grossir. Si au début, il n’y en avait que 4-5 chats, maintenant c’était une troupe. Il y avait en leur sein des grands, des vieux, des jeunes et même des nourrissons qu’il fallait alimenter et abreuver.

Les querelles pour la nourriture avaient en parallèle fait leur apparition, ce qui me contraignit à jouer au gendarme afin de permettre aux plus faibles de jouir de leur portion.

Le sac de vingt kilos ne dura plus que quelques jours, et il fallait en commander encore et de toute urgence ; les bouches d’affamées devenant de plus en plus nombreuses, de plus en plus agressives… Ma fille commença à sentir le trou que cela causait à notre budget, mais s’abstint de se plaindre… Elle reconnaissait bien être la source de cette initiative et dans son cas, elle devait boire le vin jusqu’à la lie.

Mais moi, même si je ne payais pas les factures qui s’enchaînaient, je me démenais comme dix pour satisfaire tous ces chats envahisseurs qui maintenant s’aventuraient à l’intérieur de mon logis. Le jour où un chaton sauta sur les rayons de ma cuisine et détruisit tout ce qui se trouvait sur son chemin pour dénicher de la nourriture, je compris que je devais mettre un terme à cette dangereuse aventure, puisque maintenant, même mon toit était menacé et ma sécurité de même. Après tout, ces chats étaient sauvages, et Dieu seul sait d’où ils venaient et ce qu’ils traînaient en eux et avec eux.

Mais comment faire ? Ils s’alignaient maintenant sur le rebord de mes fenêtres, les yeux pointés sur les miens, sur le parapet de la clôture de mon jardin, derrière les arbres, là où ils faisaient leurs besoins, empestant les lieux et détruisant tout ce qui pouvait les déranger. Souvent, un élan de pitié me faisait reprendre le refrain, pour ensuite me maudire face à ses conséquences.

C’est alors que je me souvins, qu’en fait, je ne faisais aucun bien à ces petites bêtes… oui, elles étaient opportunistes, mais c’est chose naturelle et innée en toute créature, si des bénévoles idiotes comme ma fille et moi sont prêtes à leur tendre la main pour qu’ils nous grimpent dessus.

En outre, en leur ouvrant notre porte, nous avions à notre insu créé en eux une dépendance, alors qu’avant notre intervention, ils ne l’étaient pas, employant tous leurs moyens, activant  leur ingéniosité pour se nourrir, pour survivre et se développer. Dans notre tentative de leur venir en aide, nous cherchions sans doute à atténuer leurs difficultés pour survivre mais avions omis la leçon primordiale de la création, qui est la lutte pour gagner son pain, et cela est valable tant pour l’animal que pour l’être humain…

Nous avions, ma fille et moi, trimé comme dix pour nous construire un toit et sécuriser nos vieux jours, pourquoi devrait-il en être différent pour toutes les autres créatures ?

Mais c’est aussi avec beaucoup de peine que nous nous sommes vues contraintes de fermer nos portes, de fermer nos yeux face à ceux pitoyables de ces envahisseurs, et avons permis à cette horde de chats de gouttières de reprendre le fil là que nous avions, par pitié, solidarité et compassion, coupé.

Aujourd’hui, ces hordes se hasardent rarement dans nos parages, bien qu’elles demeurent aux aguets de tout fléchissement de notre part… Nous avions par contre continué d’aider l’un d’entre eux qui ne savait pas se défendre et lutter pour sa potion au point qu’il nous a fallu faire appel à un vétérinaire qui l’hospitalisa durant quelques jours pour retaper sa santé…

Il continue à venir chercher sa potion chez moi et repart une fois repu.

Je garde l’espoir qu’un jour il soit en mesure de se défendre indépendamment de notre intervention.

Cette situation abracadabrante et cauchemardesque m’a rappelé inévitablement celle de l’Occident et de ses malheurs… et je me demande encore si je dois en rire ou en pleurer, tant c’est devenu désespérant…

Thérèse Zrihen-Dvir

http://theresedvir.com/ (Copier coller sur google chrome)

https://theresezrihendvir.wordpress.com/

 

 

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Notifiez de
Indigo

(suite et fin)
Il faut que l’on en vienne aux coups ;
Il faut plaider, il faut combattre :
Laissez-leur prendre un pied chez vous,
Ils en auront bientôt pris quatre.

topinembourg

Comparer le comportements des chats errants à celui des migrants est non seulement absurde mais révoltant et totalement décalé. D’un côté on a des bêtes affamées qui cherchent de la nourriture et qui tout naturellement reviennent auprès de celui qui leur en donne ,et qui en retour lui témoignent des signes de reconnaissances bienfaisantes (un ronronnement , des frottements langoureux) de l’autre, on a des envahisseurs prédateurs et jouisseurs qui ne savent qu’exiger en vociférant et menaçer , piller les ressources “sociales” du pays d’accueil sans avoir jamais la moindre remerciement, parfaitement conscients de ce qu’ils font , se moquant de la naïveté et de la gentillesse des occidentaux.Vous êtes à côté de la plaque avec votre comparaison .

geronimo

et encore c’etaient des chats….nous on a des rats et des singes….

Maatson 1

Les mêmes mots me sont venus. Je ne dois pas être le seul.

theodore

Oui et nous avons meme chez les droguistes de la mort aux rats..!

Idee !
Peut etre utiliser la meme potion magique pour les singes, non ? ( en insistant sur la dose ), pour les chats il faut etre un peu tolerant…

finance

Madame, votre initiative de nourrir ces pauvres chats est tout à votre honneur et à celle de votre fille . Personnellement , j’adore ces animaux et je trouve que Dieu a inventé les félins quant il était à l’apogée de sa création . Ce sont des oeuvres d’art . Ils sont beaux et intelligents . J’aime les observer , ils sont si reposants . Ce n’est pas par hasard si les écrivains , les philosophes et autres tètes pensantes aiment la compagnie de ces animaux . Votre récit est comme une histoire qui commence bien mais qui finit mal . Et si le chaton qui a mis votre cuisine en désordre a agit ainsi c’est que le pauvre devait vraiment avoir très faim . Je comprends parfaitement les raisons que vous invoquez pour avoir mis fin à cette action mais une question me trotte : pourquoi n’avez-vous pas

finance

demandé l’aide ou l’avis de la SPA , de l’association 30 millions d’amis ou encore de la fondation Brigitte Bardot . Et je pense qu’il y a encore d’autres organisations dans le même esprit . Ils auraient pu les récupérer , les faire stériliser et les soigner afin d’être adoptés . Votre article est triste à la fin et j’ai du mal à comparer cette situation avec celle de l’Occident . Les humains ont mille possibilités pour arranger leur vie au lieu de vivre en parasites mais que voulez-vous qu’un pauvre animal puisse faire , surtout dans un ville ou il court déjà beaucoup de dangers. Non les deux situations ne sont pas comparables, en plus les clandos viennent , volent, violent et tuent et ils nous coûtent des milliards sans rien apporter à la société mais sont nourris , logés , blanchis au

finance

frais de gens comme vous et moi . On leur paye tout et eux ne donnent rien en retour , même pas un “merci” , même pas la volonté de s’adapter . Un chat , lui, va ronronner, se frotter à vous , faire des câlins et vous remercier à sa manière avec gentillesse et tendresse , va prendre vos habitudes et s’adapter à la maison qui l’a accueilli . Non, pour moi, il n’y a pas de comparaison .

Therese Dvir

Rassurez-vous Madame, je n’ai point chassé la horde de chats. Dans mon coin, la mairie se charge de les stériliser et nos voisins les nourrissent. Ils ne souffrent point de la faim.Le petit bandit qui a ruiné mes rayons était plutôt curieux. Par contre, j’ai pris sous ma charge l’un d’eux, timide et peu combattant pour diguer une voie dansla horde. Anémique et faible, nous l’avions l’hopitalisé, et avons payé 1000 euros. Nous aimons beaucoup nos chiens et avions dépensé plus de 25OOO euros pour soigner notre vieux berger allemand. https://dafina.net/gazette/article/coin-de-tendresse-mon-chien-ce-petit-h%C3%A9ros-par-th%C3%A9r%C3%A8se-zrihen-dvir
Cordialement,
Thérèse

theodore

plus de 25OOO euros pour soigner notre vieux berger allemand. / dixit

Pour une juive, sauver un berger allemand a ce prix chapeau…! Digne de jesus christ

Vous etes drolement genereuse avec votre passif concernant qui vous savez…

Eric des Monteils

Bien vu : d’un côté faiblesse idéologique d’assister ce qui peut l’être jusqu’à devenir dépendant, de l’autre profiteurs incapables de se suffire tant que l’aide apportée comble tout les besoins.
En effet,çà ressemble bien à notre monde d’humain et sa débilité dans ce qu’il croit “au camp du bien”.

katastrov

Moi, j’y vois une fable métaphorique. Joli.

Olivia

(suite) J’ai naturellement bien compris le message que vous voulez nous faire passer. Croyez que nous sommes, ici, les premiers convaincus qu’offrir l’hospitalité à tous les malheureux de la terre ne peut que se retourner contre nous… Pour les chat, heureusement, la solution existe de limiter les naissances !!!

Olivia

Tout d’abord, en tant qu’amie inconditionnelle des animaux, je vous suis reconnaissante d’avoir été compatissantes envers ces chats, dans une période difficile. Ne croyez pas que les chats errants trouvent tous à se nourrir dans la nature… Les vrais amis des animaux, face aux surpopulations félines, prônent les campagnes de stérilisation afin de stopper les naissances, empêcher d’amener à la vie des animaux qui sont voués à la souffrance, souvent aux pires sévices. Je vous encourage à prendre contact avec des associations, des refuges, afin qu’ils se chargent de ces stérilisations. Si j’ai bien compris vous vivez en Israël et j’espère que des structures pour animaux errants existent aussi chez vous. J’ai bien compris le parallèle que vous établissez

Therese Dvir

En effet Olivia.

André LÉO

Le monde se partage entre ceux qui prétendent “adorer” les chats, et ceux qui les exècrent. Pas de milieu centriste comme en politique, pas de macroniste du “vivr’enssembl” moitié chatte, moitié homme.
Car on ne peut à la fois aimer les chats et les hommes, tous les extrémistes des SPAs vous le montrent. Voyez ces “défenseurs” des animaux de boucherie qui sont prêts à tuer le boucher!
Et puis tous les dictateurs sanguinaires “adoraient” leurs chats ou leurs chiens au point que l’on peut affirmer que celui qui déteste les chats ne peut être foncièrement mauvais. L’inverse reste largement à démontrer!

topinembourg

@André LEO .
Pauvre imbécile . Les “défenseurs” des animaux de boucherie qui sont prêts à tuer le boucher sont des activistes idéologisés d’extrême gauche, anti-occidentaux qui ne saccagent que des boucheries traditionnelles autochtones alors qu’ils se gardent bien d’émettre la moindre critique sur l’abattage halal et sur l’égorgement barbare rituel de milliers de moutons lors de la “fête” l’aïd et aucun d’entre eux ne s’aventure non plus à briser la vitrine d’une boucherie halal . 2 poids 2 mesures .Rien de commun avec les bénévoles des associations d’assistance aux animaux .

gabriel zallas

Sans aller si loin, je suis résident à M/car depuis vingt ans, les premiers mois j’ai commis l’erreur de donner un d’aumonne aux quat’mi (mendiants) et j’ai vite compris ce qu’il ne fallait pas faire ou faire. A tana il y a au moins une dizaines de milliers de mendaints au bas mot (des vrais et des faux bien évidemment), combien avais-je de piècettes dans les poches ? Réponse = pas assez pour satisfaire tout le monde ! Moralité = ne jamais donner quoi que ce soit ! Vous trouvez cela égoîste… peut-être avez-vous raison mais j’ai calqué mon comportement sur les habitants en général. Quant aux hommes politiques repus de biens, de pouvoir et d’argent il n’en ont cure de ces gueux. Le seul qui oeuvre efficacement est le Père Pedro mais avec une discipline de fer = maison + terrain +

gabriel zallas

+ éducation + nourriture en compensation de travail communautaire… et ce-‘est là que l’on voit la sélection naturelle faire son oeuvre. Les vrais défavorisés, les accidentés de la vie s’investissent pour s’en sortir dans cette aventure quant aux autres, les mendiants professionnels, fainéants de père en fils depuis plusieurs générations soit ils fuient dès la première journée de boulot ou soit il sont viré du centre par le Père Pedro et ses adjoint. Pas de secret dans la vie = aides-toi le Ciel t’aidera sinon d’émmerdes-toi !

zéphyrin

tout à fait gabriel.
j’avais vu un reportage intéressant sur les roms de roumanie. Là bas ce n’était pas le pérou, mais il y avait de la joie de vivre malgré la pauvreté..
ensuite reportage dans un camp de roms sous le périf parisien.
ils vivaient dans des conditions nettement moins favorables qu’en roumanie. un cloaque infâme.
“pourquoi vous êtes en France, vous croyez vraiment être mieux lotis qu’en roumanie ?”
réponse; oui mais en roumanie on ne nous donne rien quand on fait la manche.
c’est là que j’ai décidé de faire comme les roumains. Si les roms veulent enrichir un autre pays en tendant la main….bonne route à eux.

finance

gabriel zallas : j’ai l’impression que vous confondez mendiants( être humains) et animaux . La différence c’est que le premiers ont des bras pour travailler et gagner de quoi au moins manger , alors que les animaux peuvent mourir de faim s’ils ne trouvent rien ou si des âmes charitables ne leur donnent rien. Je préfère , pour ma part, donner à manger à un chat ou un chien errant que de nourrir des mendiants qui n’ont pas envie de travailler , sans oublier qu’en France tout le monde peut avoir un RMI ou RSA pour s’acheter du pain .

Jean-Louis

finance, qui êtes vous pour juger ces malheureux? Les accidents de la vie, ça existe, mais vous êtes pas au courant on dirait…

THE-END

racailles vu du ciel ?.

Rex

Dans le prolongement de cet article on pourrait également citer cette phrase attribuée à Jacques- Bénigne Bossuet sur le comportement de beaucoup d’européens: “Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes”.

Clamp

Dans la protection animale, on vous dirait que la véritable chose à faire pour ces chats est de les faire stériliser ; le problème des chats et chiens errants est un fléau qui touche la plupart des pays et il mérite d’être traité complètement, ce n’est pas une mauvaise chose de pouvoir servir de foyer d’accueil à ces animaux, disons dans certaines limites, tant qu’on n’est pas débordé, il faut éventuellement se répartir la tâche entre voisins, mais la seule manière d’éviter que le problème ne s’aggrave est de les empêcher de se reproduire. Et je ne poursuis pas ici de métaphore, même s’il y a moyen d’y réfléchir lol !

BERNARD

On dirait une fable de La Fontaine avec une belle morale.

BUTTERWORTZH

elevage de rats on tue des chats apres les rats etant CANNIBALES ILS se nourrissent et nourrissent les chats INFOS LES CHATS ONT TENDANCE A DEVORER LEURS MAITRESSES SI ENFERMES ET RIEN A MANGER MORTE OU PARALYSEE SI NE PEUVENT S ECHAPPER VERIFIEZ

marzia perez

en france tu nourrit des rats avec les allocatios familliales

Seilleranne

Con. sternant… Ce récit.

nevada

Con, sûrement pas. Et sternant, je ne sais pas ce que cela veut dire.
C’est un beau récit et une belle comparaison. J’ai été moi aussi confronté à ce genre de problème, pas à ce stade malgré tout, à cause de mon amour pour les chats. Par contre, pour les migrants, je n’aurai jamais ce déchirement.

BUTTERWORTH

CORANOVIRUS DU CHAT OU ELEVAGE DE RATS

Olivia

IL y a déjà suffisamment de cons qui sont en train d’abandonner leurs chats et leurs chiens en ce moment, parce qu’ils craignent qu’ils soient des vecteurs de coronavirus sans en rajouter ! Propager de fausses nouvelles, responsables d’abandons d’animaux en bonne santé à la rue, c’est impardonnable !

Sebag Guy

belle métaphore, et leçon à retenir, y compris pour Eretz Israël.

Sebag Guy

belle métaphore