Une laïcité dévoyée par la gauche

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Dans la position du christianisme, on découvre le germe de l’idée moderne de laïcité. Cet apport décisif est la distinction entre l’impératif de la conscience et l’obéissance aux lois de la cité, la dissociation entre les deux sociétés, la communauté de croyants fondée sur une foi commune et la société séculière, la différenciation entre l’Église et l’État. Cette distinction trouve son fondement dans la parole de          Jésus- Christ rapportée dans l’évangile selon saint Matthieu. Aux pharisiens qui lui demandent s’il est permis de payer le tribut à César, Jésus répond : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Ainsi, le premier signe de laïcité ou division du temporel et du spirituel a été inventé par Jésus-Christ, par le christianisme. Le christianisme a rendu possible pour la seule fois dans l’histoire de l’humanité l’émergence d’un pouvoir temporel distinct du pouvoir spirituel, quand toutes les autres religions étaient d’essence totalitaire. L’Église ne perdra jamais de vue cette distinction de deux sociétés et de deux ordres de réalité.

Le mot « laïc » vient du mot grec laos qui signifie peuple, il est employé dès le début de l’Église pour distinguer le clergé des fidèles. L’Église prétend rester indépendante dans son domaine spirituel. Elle ne revendique pas l’autorité sur le domaine temporel, sur l’État. Au Moyen Âge, la foi pénètre la société laïque tout entière, on dit alors la société séculière. Les nations ne sont pas encore formées. Les souverains partagent la croyance commune et acceptent la direction de l’Église, même dans le domaine temporel. Depuis la fin du Moyen Âge, les nations se distinguent et se séparent de l’Église. La civilisation commune, la circulation d’une même sève spirituelle disparaissent.

À la fin du XIXe siècle, la doctrine catholique distingue les clercs et les laïques, la société spirituelle et la société civile ou laïque, l’Église et l’État. Une doctrine se constitue, doctrine dont les origines remontent au XVIe siècle, dès les premières apparitions de la Libre pensée : le laïcisme. On retrouve dans cette doctrine les idées des philosophes du XVIIIe siècle : Pierre Bayle sur la tolérance, Fontenelle sur la science opposée à la foi, Condorcet sur le progrès indéfini, Rousseau sur la bonté originelle de l’homme, sur le contrat social et sur la souveraineté populaire, Kant sur l’autonomie de la personne humaine, et son indépendance à l’égard de toute religion et de toute métaphysique. Le laïcisme prend une tournure nettement agressive contre l’Église et se confond avec l’anticléricalisme. Au XIXe siècle, des penseurs influencent les dirigeants de la IIIe République : Auguste Comte, sa philosophie positive, et sa religion de l’Humanité, Gambetta qui dit : « Le cléricalisme, c’est l’ennemi », Jules Ferry, Ernest Renan, Hippolyte Taine, Jules Michelet, Edgar Quinet, Pierre-Joseph Proudhon et sa formule, « Ni Dieu, ni maître ». À partir de 1879, cette pensée irréligieuse triomphe, l’Église devient suspecte aux Républicains qui adoptent une politique anticléricale. Les protestants défendent le laïcisme et travaillent activement à la diffusion de son influence.

Au total, les promoteurs du laïcisme détruisent la force morale du peuple français, le catholicisme, sous le couvert de la liberté individuelle et de la neutralité, « mensonge nécessaire », selon le ministre René Viviani (1863-1925). La laïcité de la IIIe République était avant tout de nature politique. Elle visait à réduire l’influence sociale de l’Église catholique. Les Républicains se sont servis de la séparation de l’Église et de l’État pour briser l’enseignement catholique. Le formatage des futurs électeurs sera accompli par l’enseignement public obligatoire et laïc, et aussi par la conscription. Il s’agissait d’une laïcité de combat pour enraciner le républicanisme dans la France rurale d’alors. La laïcité actuelle est reformulée à la sauce libérale-libertaire. L’idéologie laïque socialiste exprime un individualisme qui repose sur cette idée : la religion pourrait et devrait rester une affaire privée. En contradiction avec l’étymologie du mot. Religion vient d’un verbe latin qui signifie « relier ».

La religion a donc toujours une dimension communautaire. Ce qui explique que la religiosité soit aussi ancienne que la socialisation humaine. Pour les adeptes de la doxa libérale libertaire, la religion doit être reléguée dans l’espace privé, la croyance religieuse relève de la simple opinion personnelle. Les Indiens, les Japonais, les Africains, les musulmans considèrent au contraire leur religion comme une composante de leur identité culturelle et sociale. Une société où la religion ne serait qu’une inclination personnelle sans aucune dimension sociale n’existe pas. L’utopie de la religion privée fait partie de la doxa libérale libertaire et constitue un dogme auquel on est prié de croire. Le caractère inopérant de cette idéologie apparaît clairement face à l’islam. L’islam repose sur l’observation de commandements de nature sociale. Il ne peut se cantonner à l’espace individuel.
L’invocation de la «  laïcité » sert à tromper les Français. La laïcité est l’encouragement donné par les collectivités publiques à l’exercice des « cultes ». En clair, l’encouragement à la construction de mosquées, que l’on baptise de « centres culturels ». Ainsi, l’État et les collectivités publiques ne cessent de céder devant la poussée de l’islam.

Les prétendus laïques inventent un nouveau concept pour ce faire : la « laïcité positive ». La laïcité positive est censée résoudre la quadrature du cercle vis-à-vis de l’islam. Comment faire croire que l’on reste « laïc » tout en cautionnant les manifestations extérieures et donc sociales de l’islam? Pas de réponse, sinon le mensonge. L’invocation du mot laïcité sert donc à désinformer les Français. Elle vise à faire croire que l’oligarchie serait, face à l’islam, dans le même esprit que celui du petit père Combes vis-à-vis des catholiques. Mais nous sommes dans une situation inverse. Les oligarques, faussement laïcs, veulent au contraire engranger les avantages de leur soutien ostensible à l’islam, avantages électoraux, avantages financiers via les pétrodollars, avantages idéologiques via la destruction de la France au bénéfice du mondialisme. Le mot laïcité est donc devenu typiquement novlangue. Il désigne l’inverse de ce que l’on rangeait habituellement sous ce terme. Face à l’islam, l’oligarchie prend le contre-pied de la laïcité. Une véritable attitude laïque devrait consister à limiter les manifestations publiques de l’islam qui finissent par s’imposer aux non musulmans. Mais l’oligarchie lorgne sur le vote musulman. Elle considère cela comme de l’islamophobie d’extrême droite.

L’invocation de la « laïcité » ne sert qu’un objectif : combattre l’identité française en s’efforçant de gommer toujours plus ce qui reste des racines chrétiennes. Les prétendus laïques ne s’opposent pas aux prières de rue, aux repas halal dans la restauration collective, aux exigences musulmanes dans les hôpitaux, au port du voile, de la burqa dans les lieux publics, aux revendications musulmanes à l’école. Voile et burqa, signes religieux qui s’illustrent par leur caractère islamique et leur symbolisme politique. Voile et burqa, bannières du combattant politique, gestes voués à la propagande, signes d’un ferme refus des règles du pays d’accueil. L’islam, système politique et juridique, idéal de vie sociale, confond religion et politique, associe spirituel et temporel. L’islam est inconciliable et inaccordable avec la laïcité. Les prétendus laïques font campagne contre les crèches de Noël dans les mairies, contre le sapin de Noël, signes religieux qui relèvent de la culture, de la coutume, du folklore, voire du paganisme. Ils veulent supprimer les fêtes chrétiennes du calendrier. Ils encouragent la christianophobie. Les prétendus laïques favorisent l’islamisation présentée comme une « valeur républicaine ». Comme la justice, la laïcité est à géométrie variable, dure et impitoyable avec les autochtones, faible et tolérante avec les autres. Des autochtones priés de mettre en sourdine leurs traditions, leurs croyances, leurs fêtes, leur façon de vivre. Pour vivre avec les autres… comme les autres. Des autres qui imposent leurs convictions, leurs traditions, leurs croyances, leurs fêtes, leur façon de vivre.

C’est ce qu’on appelle le « vivre-ensemble ». Au nom de la laïcité. Une façon de préparer la future soumission des natifs. Selon l’oligarchie, la « laïcité » est la réponse « républicaine » à l’islamisme, et un levier du vivre-ensemble. C’est une totale duperie. Cette fausse laïcité ne sert qu’à déconstruire toujours plus notre civilisation. Laïcité positive, laïcité inclusive, ces concepts circonstanciels invitent à une inversion des relations immigrants-autochtones, c’est-à-dire à une intégration et une assimilation des locaux aux allogènes, une absorption des Français de souche par les groupes installés depuis peu de temps.

De plus, les gauchistes détournent la laïcité de son sens et s’enferment dans le laïcisme. Le laïcisme favorise l’incorporation du spirituel dans le temporel. Le laïcisme a pour but la liquidation du spirituel, l’élimination du spirituel, la création d’une religion séculière, une religion républicaine, porte ouverte à une religion mondiale de l’humanité. Religion ayant prééminence dans la conscience de chacun sur les autres religions. Donc il s’agit d’imposer dans les consciences. Ce n’est plus la laïcité. Le laïcisme est une dérive idéologique de la laïcité. Le laïcisme postule l’incompatibilité entre l’exercice de la raison critique et les croyances religieuses, l’incompatibilité entre la raison et la foi. Le laïcisme est une arme pour détruire ce qui reste de nos traditions, pour extirper tous les référents religieux de notre civilisation.
Une laïcité bien comprise, principe de base de la vie sociale française, devrait reposer sur plusieurs critères :

– la liberté de conscience, c’est-à-dire la liberté de penser, de s’exprimer, d’analyser, de critiquer,

– la liberté de choisir sa croyance, sans contraintes, sans intervention extérieure,

– la primauté de la loi générale élaborée démocratiquement par tous sur toute loi religieuse,

– l’égalité entre les idéologies et les religions, chacune s’effaçant devant l’autre, chacune reconnaissant l’existence de l’autre, à égalité de droits et de devoirs,

– l’égalité juridique et administrative entre tous les individus, hommes et femmes confondus,

– le respect de la personne humaine, de son être, de ses croyances,

– la neutralité politique, philosophique, religieuse des organes de transmission, école et médias,

– la distinction du temporel et du spirituel, du politique et du religieux,

– la distinction de l’État et des religions, donc leur indépendance réciproque,

– l’interdiction de tout signe religieux ostensible sur la voie publique.

Dans une perspective laïque, l’État reconnaît tous les cultes, mais ne s’identifie à aucun, ce qui n’empêche pas des relations. L’acte de foi est une adhésion libre et raisonnée.

Jean Saunier

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6 Commentaires

  1. Il est en effet remarquable qu’il y ait deux poids et deux mesures dans le traitement entre la religion catholique et l’islam, certains défenseurs de la laïcité continuent à voir que la seule religion catholique comme ennemi, ce qui est un tort, bien que je sois partisan du respect des croyances personnelles mais contre l’installation de religions organisées représentants une force morale et politique, bien souvent a des années lumières de la raison.

  2. En clair on nous demande, au nom de la liberté de conscience, d’accepter une religion qui refuse la liberté de conscience. Au nom des droits de l’homme, d’accepter une idéologie qui n’a pas la notion d’humanité (les mécréants peuvent être égorgés comme des moutons). Bref de tolérer l’intolérable.

  3. Très bon article de fond. Nous devons nous réapproprier ce terme de laïcité qui est un concept issu du christianisme et impensable en dehors de lui. Les pseudos laïcards qui dénoncent à longueur de temps la présence d’empreintes chrétiennes dans notre quotidien se foutent donc le doigt dans l’oeil. Leur unique raison de manipuler ce concept de laïcité est de baliser la route de l’islam et de faciliter son invasion.
    Ils méritent d’être rectifiés.

  4. Comme dit cent fois, et comme illustré par cet excellent dessin, le but de tout cela est la pédophilie et la polygamie
    institutionnalisées par l’islam, cette secte violente et misogyne.Elle se cassera les dents sur le statut des femmes !
    Ça a commencé en Iran.

  5. Ce que j’ai toujours dit en moins bien. La laïcité est une bonne chose. Dévoyée c’est une arme contre nous.

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