Une magistrate du tribunal de Béziers prise pour cible par le CCIF

« Une fois de plus, une jeune femme a vu ses droits bafoués du fait de ses convictions religieuses, elle s’est fait humilier dans ce tribunal sous le seul prétexte que ses pratiques ne convenaient pas à des personnes censées faire appliquer la loi et représenter la justice.
Le  CCIF considère qu’il est particulièrement scandaleux que des personnes censées représenter le droit se permettent d’avoir une attitude aussi ignoble et il condamne fermement le comportement des personnes à l’origine de ces actes discriminatoires. Il se tient une fois de plus aux côtés de cette victime de l’islamophobie et demande au ministre de la Justice de prendre ses dispositions pour que des sanctions soient prises à l’encontre de cette magistrate. »

C’est en ces termes particulièrement « modérés » que le Collectif contre l’islamophobie (CCIF), relayé par le site Islam en France,  prend pour cible une magistrate du tribunal de Béziers. Ces deux chiens de garde de l’islam agressif sont bien connus de nos lecteurs.
Le CCIF avait donné une grande interview dans laquelle il se montrait sans fard. Comme nous nous sentons incapable de décrire le CCIF plus sévèrement qu’il ne se décrit lui-même par l’exposition naïve de sa violence, nous conseillons de la réécouter. On se référera aussi à son dernier rapport dans lequel il dresse une liste d’actes supposés « islamophobes », la plupart minimes, imaginaires ou même légitimes. Malgré ce prurit de dénonciations insensées, nuisible non seulement au vivre-ensemble mais aussi à l’image de l’islam, le CCIF vient d’être reconnu d’intérêt général, avantages fiscaux à la clé.
Quant au site l’Islam en France, il lui arrive d’aller jusqu’à l’appel à des représailles individuelles, avec description physique des personnes prises en chasse.
Qu’a donc fait de pendable, en ce 30 mai 2011, la magistrate de Béziers ?
Dans le cadre d’une audience relative à la garde d’un enfant, elle refusa qu’une jeune femme (que le CCIF affecte d’appeler Magali) entre voilée dans la salle d’audience. Celle-ci remplaça le voile par un bandeau, et put entrer. La juge aggrave ensuite son cas, comme le communiqué nous l’explique :

« Par la suite, au cours de l’audience, la juge a affirmé que la jeune Magali était une « mauvaise mère » car elle avait pratiqué un « acte barbare », estimant que « le baptême musulman est un acte de barbarie envers les enfants». Lorsque la jeune femme a protesté en affirmant que c’est son fils qui, seul, avait décidé de devenir musulman, la magistrate a estimé qu’un «enfant de 10 ans ne peut pas choisir sa religion», ajoutant « ne me dites pas que la religion musulmane est meilleure qu’une autre religion.»
Malgré tous les témoignages prouvant que l’enfant désirait rester chez sa mère, la magistrate a estimé qu’il n’incombait pas à l’enfant de «choisir et de faire la loi dans ce tribunal». »

Cette affaire est à suivre, car elle promet peut-être trois évolutions importantes, l’une sur le voile, l’autre sur la circoncision, la troisième sur le consentement supposé de mineurs à leur propre maltraitance en cas de prétexte religieux.

Le voile non intégral est en général autorisé (sauf dans des cas particuliers déterminés par la loi comme l’école), mais, pour autant, pour la juge de Béziers, il ne semble pas  constituer une tenue correcte permettant d’assister à une audience. Il serait donc simplement toléré, bien que n’étant pas interdit dans des lieux moins solennels. Tolérance sans légitimation, c’était déjà la position de toute une partie du camp laïque (pas la nôtre) à l’époque des premiers débats sur le voile à l’école. Certains disaient alors qu’il fallait permettre l’accès des jeunes filles voilées à l’école, justement pour les faire évoluer par la pédagogie.
Sans surinterpréter la portée de la décision de la juge de Béziers, qui n’est qu’un acte de police de l’audience et non un jugement, on ne se gênera pas pour l’applaudir. On soulignera aussi qu’un problème comparable a été soulevé à la Cour d’Appel de Paris, où un commerçant venu faire juger un litige d’affaires s’est vu demander de retirer sa kippa. De même, devant le tribunal de Limoges, nos « amis » de Forsane Alizza ont du retirer leur keffieh.
Un autre aspect intéressant, s’il est confirmé au stade du jugement, est l’assimilation du « baptème musulman » (nous supposons qu’il s’agit de la circoncision) à un « acte barbare », et l’affirmation « qu’un enfant de dix ans ne peut pas choisir sa religion. »
Si ces prises de positions se voyaient confirmées, cela mettrait un terme à la tartufferie consistant à faire semblant de croire que les actes de maltraitance de l’islam à l’encontre de musulman(e)s sont consentis.
C’est un argument que l’on entend jusqu’à l’écoeurement : les femmes voilées le sont volontairement, parait-il. Cet argument fait l’impasse sur toutes les pressions que subissent certaines. Mais bon, passe encore (dans le cadre de cet article, pour ne pas sortir de son objet)  pour le voile porté par une femme adulte.
En revanche, un(e) enfant ne saurait donner de consentement valable à sa propre maltraitance. En conséquence, il serait urgent que des personnes détenant l’autorité commencent à dire qu’une mineure ne doit pas être supposée porter le voile volontairement (avis à notre premier ministre qui s’est laissé photographier à côté d’une fillette voilée).
A fortiori, et nous remercions la juge de Béziers d’avoir eu le courage de faire cette remarque de bon sens, un enfant ne doit pas être considéré comme consentant à être baptisé au sécateur.
Contrairement à ce qu’on pense souvent, la circoncision, même masculine, n’est pas un acte anodin. Un article de l’Association française d’urologie expose ses possibles complications.
Léonidas.

image_pdfimage_print