Une pétition pour faire reconnaître l’abominable massacre de Français d’Algérie, le 5 juillet 1962, à Oran

Publié le 3 octobre 2013 - par - 2 598 vues

http://www.mesopinions.com/petition/droits-homme/massacre-oran-5-7-62-silence/10721

Bien chers amis de Riposte Laïque,

Je suis heureux de vous adresser ce courrier qui veut vous informer du travail d’un petit groupe concernant le massacre du 5 juillet 1962 à Oran.

Ce groupe s’est constitué courant juin dernier. Il a pris le nom de « Collectif pour la vérité sur le massacre du 5 juillet  1962 à Oran ».

C’est ainsi que ce petit groupe a conçu et  rédigé une pétition internationale pour obtenir la  reconnaissance du terrible massacre survenu ce jour-là à Oran.

Pourquoi « internationale » ? Parce que nous devons bien admettre que toutes les tentatives  à dimension nationale faites pour obtenir cette reconnaissance ont échoué, et cela malgré la somme d’efforts déployés…

Une remarquable exception matérielle : L’exemple du remarquable travail accompli par Suzy SIMON-NICAISE, avec le Mur des Disparus de Perpignan, et qui constitue un succès absolu. Cette réalisation, menée à son terme contre une multitude d’oppositions et d’opposants, démontre qu’un bon projet peut vaincre tous les obstacles, toutes les haines.

Cette tragédie, bien sûr, vous ne pouvez que la connaître. Nombre d’Oranais parmi nous l’ont vécue par la perte d’un proche.

Tous, nous la portons en nous comme une blessure toujours sanglante.

Massacre toujours rejeté et nié par ceux-là même  qui, à l’époque, s’en sont faits complices  par leur passivité volontaire, et les autres, ces assassins qui se sont rendus coupables d’un crime contre l’humanité.

De 1962 jusqu’à ce jour, silences complices. Silence criminel de deux Etats. Il me faut maintenant rappeler ces circonstances que vous connaissez, et qui nous ont  conduits et déterminés à engager ce nouveau combat.

Oran, 5 juillet 1962 : plusieurs centaines de Français d’Algérie, civils,  hommes, femmes, enfants, sans distinction, ont été tuées dans cette ville.

Ce nombre minimal de victimes a probablement été dépassé ; mais étant donné la fermeture des archives algériennes et l’inaccessibilité globale des françaises, statu quo toujours en vigueur, le nombre exact en demeure toujours inconnu. Plusieurs centaines sûrement, des milliers peut-être…

Les familles des victimes et leurs descendants, ne pouvant faire entendre leur voix,  n’ont jamais pu effectuer le travail de deuil, car les corps n’ont jamais été ni rendus ni même recherchés.

Ni faire reconnaître le drame de leur douloureuse situation, et obtenir enfin la simple compassion nationale.

Car ceux qui ont vécu ce type de drame savent qu’un Disparu forcé n’est jamais un mort. Il demeure un vivant virtuel pour des dizaines et des dizaines d’années… Cinquante-et-un ans après cette épouvantable tragédie, nous voulons parvenir à rompre enfin ce terrible silence d’une histoire manipulée. Notre moyen est cette pétition.

Mais pétition que nous voulons internationale, et que nous adressons en tout premier lieu à l’ensemble des citoyens des nations de ce monde pour obtenir leur soutien.

Et puis ensuite, nous appuyant sur cette force, à l’ensemble du peuple français.

Surtout, nous refusons tout formalisme politique et toute récupération de quelque ordre que ce soit. Ceux qui ont été assassinés il y a cinquante et un ans représentaient toutes les sensibilités et toutes les religions.

Nous désirons que des historiens internationaux, français, ainsi qu’algériens (nous les en défions),  puissent enfin examiner les archives qui existent, et accorder enfin ainsi le repos à l’esprit et la mémoire de ces morts sans sépulture.

Notre initiative n’a qu’un but : plaider la cause éternelle de ces victimes oubliées.

N’oublions pas : même si les raisons en sont plus que discutables, la France vient bien de reconnaître officiellement les morts ( ?) du 17 octobre 1961 à Paris. Après avoir enfin reconnu sa responsabilité dans l’inadmissible abandon et l’affreux massacre des Harkis.

Nos morts du 5 juillet 62 attendent toujours…

Notre pétition est en train d’être mise en place sur sites et blogs internet(*). Ceci dans l’esprit universel  de la Journée Mondiale des Disparus, commémorée le 30 août.

Elle est traduite en onze langues(**). Pour assurer son lancement, et lui ouvrir la plus grande audience possible, nous  nous étions fixés comme but de départ, l’obtention de cent signatures prestigieuses et internationales.

Nous en sommes déjà à près de deux cents.

C’est ainsi que notre initiative a réuni les signatures de nombreux philosophes (dont Robert REDEKER, Michel ONFRAY, Jean-François MATTEI et Pascal BRUCKNER), des juristes (dont Benjamin HODGSON des USA), nombre d’historiens (dont Raphaël DELPART, Georges BENSOUSSAN, Annie SUGIER , Pierre VERMEREN et Jean-Jacques JORDI). Des universitaires (dont M. COHEN-TANNOUDJI  prix Nobel de physique ), des professeurs internationaux (dont Elena STEICIUK de Roumanie et Antoine ABDO du Liban), des journalistes (dont Robert MENARD, Ivan RIOUFOL, Jacqueline BRODIE du Québec et Marta RAPAI de TV Hongrie),  des écrivains, des musiciens de renommée mondiale  (dont M. Evgeni KISSIN), des acteurs de théâtre (dont Marthe VILLALONGA et Robert CASTEL), des champions sportifs (dont Héda FROST), d’éminents citoyens comme M. Alain ZELLER.

Nous avons également obtenu la signature de plusieurs intellectuels algériens, certains vivant à Alger (dont M. Boualam SANSAL écrivain édité chez Gallimard que nous avons invité à deux de nos congrès annuels, et Youcef  ZIREM écrivain), ainsi  que des intellectuels israéliens (dont M. Benny MORRIS), sans oublier l’association de défense des Arméniens disparus  lors du génocide de 1915 /1916, et l’association argentine des disparus, à l’époque de la dictature militaire entre 1976 / 83.

Sans oublier celle de M. Pascal HILOUT que nous remercions.

Et puis ensuite ? Si nous atteignons notre but, si notre pétition recueille le plus vaste nombre possible de signatures, et avec l’aide d’un grand avocat parisien que nous avons déjà contacté pour ses conseils,  nous déposerons notre demande de reconnaissance  auprès de plusieurs organismes internationaux en charge du problème mondial des « disparitions forcées », des ONG humanitaires, et des services dépendants de l’ONU.

Grâce également à l’aide de quelques députés favorables,  nous pourrons solliciter auprès d’eux le dépôt d’une  question écrite au gouvernement. La France ne pourra plus nous ignorer…

Nous voulons une reconnaissance officielle de ce massacre, égal en horreur à celui d’Oradour-sur-Glane.

C’est dans ce but, et pour l’heure,  que nous voulons faire appel aujourd’hui à toutes les bonnes volontés ; à tous ceux qui ne supportent pas le mensonge et l’oubli.

Nous voulons que notre cri prenne aujourd’hui la dimension de l’Histoire, la dimension du monde entier, afin que le négationnisme français qui nous étouffe, ne puisse plus nous faire taire.

Je sais, il s’agit là d’un vieux combat. Mais tant que nous serons vivants, nous ne pourrons l’abandonner. Si nos cheveux sont blancs, nos cœurs sont restés ardents ; nous avons tous à défendre la mémoire de ces Disparus. Il faut même à les réhabiliter dans leur dignité (méprisée), et leur honneur (piétiné).

Je ne doute pas que vous tiendrez à nous soutenir et nous aider dans notre quête de vérité et de justice.

Comment ? Si vous le voulez bien, en publiant ce courrier dans les colonnes de votre site, et permettre ainsi qu’il soit relayé par vos lecteurs.

Ceux-ci le faisant circuler, lui et le texte de notre pétition en direction de leur presse locale, leurs représentants parlementaires et locaux  quelle que soit leur étiquette, et de tous ceux qu’ils estimeront susceptibles de s’interroger sur ce qui s’est réellement passé ce jour-là à Oran. Où qu’ils se trouvent. Et surtout à l’étranger.

Vous trouverez en tête de cette lettre, le texte en Français de notre pétition. Nous disposons de onze traductions, et qui ont été établies, non par des logiciels, mais par de véritables traducteurs-enseignants de ces langues).

Je reste à votre disposition pour toute information complémentaire.

Je vous prie d’accepter l’expression de  mes sentiments les plus amicaux.

Gérard  ROSENZWEIG

Membre du comité international de coordination.

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