Une pizza à 110 millions de dollars…

Le légendaire mais bien réel et vivant Laszlo Hanyecz (à droite sur la photo)

Parmi les anecdotes qui deviennent légendaires au sujet du bitcoin, il y a celle de Laszlo Hanyecz et de son achat de 2 pizzas en échange de 10 000 bitcoins (au cours de clôture du 14 août 2022 à 23 892,92 dollars, cela représente aujourd’hui l’équivalent de 238,9292 millions de dollars).

Le 18 mai 2010, Hanyecz posta sur le forum (bitcointalk) ce message :

« Je paierai 10 000 bitcoins pour quelques pizzas… Comme peut-être 2 grandes pour qu’il m’en reste pour le lendemain. J’aime les oignons, les poivrons, les saucisses, les champignons, les tomates, le pepperoni, etc. juste des trucs standard, pas de garniture de poisson bizarre ou quelque chose comme ça. Si vous êtes intéressé, faites-le-moi savoir et nous pourrons trouver un accord. »

Le 22 mai 2010, Hanyecz posta un autre message sur ce même forum : « Je veux juste signaler que j’ai réussi à échanger 10 000 bitcoins contre deux pizzas. Merci Jercos ! » (Jercos est le surnom du vendeur, Jeremy Sturdivant).

En fait, l’achat de 2 pizzas payées en bitcoins par Laszlo Hanyecz est le premier achat documenté d’un bien ou d’un service réel avec des bitcoins.

Quelques mots au sujet de Laszlo Hanyecz, il est connu pour avoir été le premier à utiliser un processeur graphique (GPU) plutôt que l’unité centrale de son ordinateur (CPU) pour « miner », c’est-à-dire participer à la création numérique d’un bitcoin.

   Une pièce de monnaie numérique cryptée qui est une « clé virtuelle ».

« Bitcoin » vient de « bit », qui est l’unité d’information binaire utilisée en programmation informatique, 1 ou 0 (zéro), et de « coin » qui signifie en anglais « pièce de monnaie ».

Cette « pièce » de monnaie numérique cryptée n’est pas en métal, elle est constituée d’une ligne de lettres et de chiffres unique appelée « clé virtuelle privée ».

Cette clé virtuelle peut être comparée à un coffre-fort dans lequel seraient entreposés tout votre argent et vos autres valeurs précieuses.

Ainsi, si quelqu’un connaît votre « clé virtuelle privée », appelée également plus simplement « clé privée », il peut vider votre coffre-fort virtuel, c’est-à-dire vous voler toutes vos pièces de monnaie numérique cryptée (il y a de nombreuses monnaies numériques, pas seulement le Bitcoin).

Lorsque cette création numérique d’une « pièce » de monnaie (également appelée « token ») a lieu dans le système de « blockchain » du Bitcoin, cette pièce de monnaie numérique s’appelle un « bitcoin » et il ne prend pas de B majuscule contrairement au système « blockchain » Bitcoin (système qui permet d’échanger d’individu à individu (« peer to peer ») des bitcoins).

   Une pièce de monnaie numérique cryptée produite par des « mineurs ».

Ceux qui participent à la création numérique d’une « pièce » de monnaie et qui vérifient la réalité d’un échange de cette pièce de monnaie entre deux personnes et qui inscrivent cet échange dans un registre virtuel public (par exemple les 10 000 bitcoins que Laszlo Hanyecz a remis à Jeremy Sturdivant en échange de deux pizzas), s’appellent des « mineurs » dans le milieu de la cryptomonnaie.

Jeremy Sturdivant

Il a vendu deux pizzas à Laszlo Hanyecz pour un montant de 10 000 bitcoins. La transaction a eu lieu à Jacksonville, en Floride, le 22 mai 2010.

Sturdivant a accepté l’accord transaction proposé par Hanyecz et a commandé pour lui deux grandes pizzas suprêmes en échange des 10 000 bitcoins. Il déclarera par la suite qu’il ne faisait que faciliter un achat et que « cela semblait juste pour les deux parties, sans trop de risques pour lui ».

Quant à ces 10 000 bitcoins qu’il pourrait négocier aujourd’hui près de 239 millions de dollars, Sturdivant avoue regretter de ne pas en avoir conservé quelques-uns (ils les auraient tous dépensés à l’occasion d’un voyage avec sa petite amie quelques mois plus tard).

   Le bitcoin Pizza Day

En mai 2010, le bitcoin valait moins de 0,003 dollar (le 15 août 2022, il en vaut près de 24 000) ; ainsi, Hanyecz a payé ses pizzas l’équivalent de 15 dollars chacune.

Depuis ce jour, dans le milieu des cryptomonnaies et dans celui des pizzas, le 22 mai est surnommé « Bitcoin Pizza Day » et aux États-Unis les vendeurs de pizza offrent des réductions aux utilisateurs de bitcoins qui leur achètent une pizza.

   Mais peuvent-ils faire autrement ?

Que ce soit Jeremy Sturdivant ou Laszlo Hanyecz, ils font tous deux comme s’il ne restait rien de plus que des souvenirs – et aucun bitcoin – de ce qui s’est passé dans leur vie lors de l’été 2010.

Toutefois, lorsque l’on sait que Laszlo Hanyecz dépensa 100 000 bitcoins en achat de pizzas lors de l’été 2010 et que le légendaire Satoshi Nakamoto (l’inventeur du Bitcoin), lui envoya un courriel pour lui demander de ralentir sa production de bitcoins faite grâce un processeur graphique (GPU), on peut se poser quelques questions.

Mais, reconnaître aujourd’hui publiquement que l’on est détenteur de bitcoins ou d’une autre cryptomonnaie vous transforme en cible pour toutes sortes de truands qui n’hésiteraient pas à vous enlever pour vous les voler, sans parler du fisc qui considérerait en France que les monnaies numériques ne sont pas des monnaies, mais des biens meubles sujets à un impôt sur les plus-values qui serait actuellement de 30 %.

Précisons qu’une plus-value à partir d’une cryptomonnaie ne se réalise que si vous échangez votre cryptomonnaie contre une monnaie gérée par une banque centrale, comme le dollar US ou l’euro, et que la transaction n’est pas « anonymisée ».

À ce sujet, certains préfèrent utiliser le terme « pseudonymisé » puisque dans les échanges de cryptomonnaies, les transactions sont effectuées à partir d’une clé publique (l’équivalent d’un IBAN) vers une autre clé publique.

La question de l’anonymisation ou de la « pseudonymisation » ne se pose donc que pour l’identité du propriétaire de la clé publique (de l’IBAN) utilisée pour la transaction.

Toutefois, rappelons-le, l’un des intérêts des cryptomonnaies (c’est loin d’être le seul), reste l’anonymisation des auteurs des transactions qu’elles permettent et qu’il est possible d’obtenir avec certaines « blockchains », ou encore en faisant travailler ses neurones (cette question est importante et je l’aborderai dans un autre article, voire dans plusieurs).

Et par les temps qui courent, qu’y a-t-il de plus précieux que l’anonymat pour nos droits d’êtres humains et nos libertés fondamentales, à part les cryptomonnaies elles-mêmes ?

 Pierre Lefevre

Libre Consentement Éclairé

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3 Commentaires

  1. Merci pour cette histoire sympa que je ne connaissais pas.

    Pour les clés, même s’il n’y a qu’une seule « clé privée » par portefeuille (mais on peut avoir plusieurs portefeuilles ou « coffres virtuels » on peut avoir presque une infinité de clés publiques. Cependant, les transactions en BTC sont assez facilement traçables contrairement à d’autres cryptos qui le sont bien plus difficilement.

    Et se passer de Mme Lagarde (coupable mais exemptée de peine et cheftaine de la BCE) pour faire des achats ou transactions : rien que ça est un grand plaisir. Vive la liberté et mort à la BCE et à l’€ qui est en passe de valoir bientôt moins d’un Kopek .

  2. Tant que la production de bitcoins reste l’apanage de geeks comme s’ils étaient des banques émetttrices de crédit, il faut des euros au vulgum pecus pour s’acheter des bitcoins. Et bénéficier seulement ensuite de l’anonymat.

    Par contre ils mettent en place l’équivalent au niveau des banques centrales. Ca veut dire la possibilité de mettre fin au crédit. Pour attribution des sous sur critères politiques ?

    • Vous devriez lire et vous cultiver avant de lancer vos affirmations d’une stupidité sans nom.

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