Une semaine d'actu en vrac !

Cette semaine a tenu toutes ses promesses. Les grands médias ont été, comme depuis le début de la présidence de Sarkozy, à bout de souffle à suivre l’agenda médiatique du Président, frappant sur tous les plans en même temps, comme autant de leurres censés dissuader notre regard de voir le sujet principal du tableau. « Diviser pour régner », la formule a encore de beaux jours devant elle !
A l’autre bout, les communautarismes et les religions de tous poils mènent le bal, contribuant par leurs revendications à une division des droits qui procède de la braderie du bien commun, de la République et ses principes, laïcité en tête, de la nation mise en pièce. Ailleurs, à l’étranger, le même vent souffle dangereusement, continuant de maintenir à flot des dictateurs qui sous le règne du religieux ne rêvent que d’en finir avec nos libertés.
La semaine d’actu qui vient de s’écouler vaut, de ce point de vue, son pesant, vérifiez par vous-même !

Un statut du beau-parent et de l’homoparentalité pour enterrer définitivement le père !

C’est en avril 2008 que Rachida Dati avait lancé l’idée de droits nouveaux pour le beau-parent. Une démarche qui vient d’aboutir à la communication le 4 mars dernier, d’une proposition qui s’appuie une fois de plus sur l’idée que la société a évolué et qu’il faut légiférer pour la suivre. De quoi s’agit-il ?
Près d’un mariage sur deux s’achève par un divorce.. Ce sont près de deux millions d’enfants qui vivent au sein de familles recomposées. Dans ces familles, les enfants vivent avec une belle-mère ou un beau-père. Sous le prétexte que le beau-parent participe à la vie quotidienne de la famille, on entend procéder à une réforme de l’autorité parentale, le fondement précisément de la famille, et ce, en la défaveur de qui ? Du père ! Lui qui dans neuf cas sur dix se voit déjà refuser la garde de l’enfant et éloigné de lui, avec encore une large majorité de divorces qui se terminent pour lui par les droits minimums d’un week-end sur deux et de la moitié des vacances scolaires. On prend prétexte que le beau-parent ne pourrait pas accomplir pour l’enfant de la personne avec laquelle il vit, un certain nombre d’actes pour son bien, pour avancer cette nouvelle mesure, alors qu’il suffit en général d’une simple autorisation écrite du parent ou d’un peu de tolérance en la matière largement entrée dans les mœurs pour régler les choses sans avoir besoin de mordre le trait.
Il restait aux pères comme rare moyen de jouer leur rôle auprès de leur enfant, de faire valoir leur autorité parentale, afin d’être associés aux grandes décisions de la vie de leur enfant, ce qui n’était déjà pas assuré, voilà qu’on leur dénierait ce droit à présent en y opposant un nouveau statut du beau-parent. Combien de pères n’obtiennent pas les bulletins scolaires de leurs enfants auprès des institutions scolaires lorsque la mère qui en a la garde le leur refuse, alors que cela est une obligation devant la loi. Bien souvent, « le beau-parent devient un second père ou une seconde mère pour l’enfant » dit-on. On va même jusqu’à se plaindre de ce que, en dehors de cas très exceptionnels, « le juge ne délègue pas l’autorité parentale au beau-parent, qui devrait » selon ces bons apôtres « être choisie plus largement en privilégiant ceux qui ont tissé des liens avec l’enfant ! » Dans ce contexte, donner une part d’autorité parentale au beau-parent, cela revient tout simplement à tuer le père. On ne remplace pas et heureusement le lien à un père, l’amour entre celui-ci et son enfant qui permet à ce dernier d’en accepter l’autorité, par un claquement de doigt.
Ce qui est important, ce n’est pas encore ici d’opposer mais d’associer, et qu’ainsi les deux parents, ensemble ou séparés, après avoir refait chacun leur vie le cas échéant, demeurent solidaires de l’intérêt de leur enfant, ce qui reste l’essentiel, en bonne intelligence avec le beau-parent lorsqu’il existe, dont le rôle est ainsi d’autant mieux assumé.
Ce débat a vite glissé du beau-parent au couple homosexuel, prenant prétexte que « 30.000 enfants vivraient dans un foyer composé de deux adultes de même sexe ». L’argument central prévalant ici étant que, le parent qui reste après le décès de celui qui avait l’autorité parentale n’a aucun droit sur lui et risque de le perdre. Il existe évidemment une solution auprès du Juge des Enfants, celle qui consiste à obtenir le statut de « tiers digne de confiance » que choisit toujours par préférence le magistrat en regard d’une décision de placement, lorsque les conditions de sécurité, de moralité et d’éducation sont requises, comme le prévoit la loi dans ce cas.
Mais finalement, cette conception du père n’aurait-elle pas à voir avec la fin de toute notion d’autorité sur l’enfant en reflet d’un Etat qui se dessaisirait de son rôle, renvoyant tout à une notion de liberté individuelle qui n’a de liberté que le nom, sur le mode de normes sociétales, reflets des désirs individuels auxquels on concède chaque jour de nouveaux droits, opposés à l’esprit solidaire du bien commun, donnant à l’ensemble des rapports sociaux un caractère litigieux ? Derrière ces prétendues bonnes intentions, cette nouvelle initiative du gouvernement Sarkozy s’inscrit dans une logique de chacun ses droits sur un mode concurrentiel qui n’est pas d’hier, et contribue à laisser le champ libre à la politique libérale.

Monsieur diversité, entre mépris ethnique et France au rabais

C’est le « Monsieur Diversité » du Président de la République qui a encore donné le ton à cette volonté de diviser qui caractérise la politique actuelle en matière de vivre ensemble. Après avoir déclaré avec une malhonnêteté intellectuelle dont il est coutumier, que la France était sur le chemin d’un véritable apartheid, l’assimilant ainsi à un système de discrimination raciale que notre pays, de près ou de loin, n’a jamais connu, il vient de faire une nouvelle déclaration fracassante. Il annonce qu’il proposera à Nicolas Sarkozy de soumettre au Parlement un projet de loi « visant à rendre licite la mesure de la diversité » autrement dit les statistiques ethniques. « L’égalité des chances doit cesser d’être théorique pour devenir réelle », avait insisté le futur président lors de sa campagne.
Selon M. Sabeg, les enquêtes seront fondées sur l’autodéclaration, le volontariat et l’anonymat. « Il s’agit de demander aux personnes comment elles se définissent, ce qu’elles ressentent »… Autrement dit, il est question de s’appuyer sur des ressentis qui n’ont rien à voir avec des critères objectifs mais qui alimenteront à merveille un victimage qui déborde par tous les bords, relayé par des médias dominés par cette prime à l’émotion qui fait l’audimat. Il y a d’ailleurs consensus politique pour retirer encore ici à la République un peu plus de son sens et à l’idée de nation sa valeur, les socialistes ayant déposé, comme s’y appuie M. Sabeg, une proposition de loi autorisant des enquêtes sur la base du « ressenti d’appartenance » à une communauté.
A part cela, on ne veut surtout pas « renvoyer constamment les individus à leurs origines », mon œil ! On ne fait que cela pour continuer d’effacer toutes les références communes propres à se penser comme appartenant à un pays et à un peuple, à travers l’alimentation permanente d’une pensée sociale fondée sur l’opposition entre noirs et blancs ou entre immigrés et Français « de souche »… Les « républicains » de tous horizons s’opposent à cette démarche au nom de la défense du principe constitutionnel d’égalité devant la loi, alors que ceux qui entendent vouloir imposer la logique des communautarismes se frottent les mains, sachant à l’avance comment on peut interpréter ces statistiques pour donner un nouveau coup de pouce à la discrimination positive et ainsi à un clientélisme politique dont certains voient déjà les bénéfices que pourraient en obtenir leurs lobbies.
Mais attention à ce que ces statistiques n’aient pas l’effet inverse de celui recherché ici, en montrant combien ceux qui vivent en France venus de l’étranger profitent des faveurs d’une France qui reste le pays aux droits sociaux les plus avancés au monde, accessibles à tous, accessibles à tous les plus avancés au monde, provoquant un rejet massif de l’immigré désigné ainsi comme un « ingrat » à la vindicte populaire dans une période de crise où le risque pèse de la recherche de boucs émissaires. Une situation à prendre d’autant plus en compte dans un contexte de montée des revendications communautaires et d’une affirmation d’un islam tournant de plus en plus le dos à la modernité en France, dont la mise en exergue d’un voile islamique qui gagne de nouvelles têtes chaque jour, n’est que la partie émergée de l’iceberg.
Dans ses dernières déclarations, dixit France 2, M. Sabeg avançait que, pour permettre un accès plus facile aux concours à ceux issus des minorités visibles qui seraient les principales victimes des inégalités sociales, il faudrait y réduire la part du français et de la culture générale, une façon de plus d’élever le niveau du débat en dévalorisant ceux qu’il prétend défendre. Le grand Charles a de quoi se retourner dans sa tombe, alors qu’on enterre toute idée de grandeur de la France derrière finalement de ce qui apparaît comme les nouveaux oripeaux de la ségrégation.

Omar el-Béchir sous le coup d’un mandat d’arrêt pour crime contre l’humanité. Il expulse une dizaine d’ONG !

Omar el-Béchir, le président islamique soudanais en place depuis le putsch de 1989, est l’objet depuis mercredi 4 mars d’un mandat d’arrêt lancé contre lui, par la Cour pénale internationale (CPI), pour crime de guerre et crime contre l’humanité. Enfin ! Serions-nous tenté de dire, en ce qui concerne un régime qui pratique ouvertement le nettoyage ethnique dans l’impunité depuis plus de vingt ans. Tout ce qui n’est pas arabe et musulman est persécuté par ce régime, la faim étant utilisée par lui comme l’arme politique la plus sûre pour éliminer des millions d’individus qui n’entrent pas dans les critères de la République islamique de Karthoum.
On parle aujourd’hui du Darfour, mais rappelons que déjà, en 1989, la famine avait fait dans le sud Soudan à dominante chrétienne et animiste des centaines de milliers de victimes qui n’intéressaient personne. Car à l’époque, il fallait, pour les politiques et les médias sous l’influence de l’administration américaine, montrer du doigt le régime éthiopien de Mengistu, communiste, comme déportant les populations et organisant la famine alors que précisément, les ONG relevaient qu’il n’y avait pas de problème de ce côté mais de celui du sud Soudan, ce qu’on ne voulait pas entendre et qui fut plus tard dénoncé, mais trop tard, comme l’une des famines les plus graves de l’Afrique contemporaine.
Rappelons-nous aussi que, si en septembre 1983 c’est le président Nimeiri qui décida d’introduire la charia (loi islamique) dans le code pénal, qui déclencha une guerre civile, c’est le général Omar el-Béchir devenu chef de l’État, Premier ministre et chef des forces armées, qui instaura la loi pénale de 1991 instituant des peines telles que l’amputation et la lapidation qui demeurent depuis ! La guerre civile a déplacé ensuite plus de 4 millions d’habitants du sud et fait 2 millions de morts.
Le président soudanais n’a que faire de ce mandat d’arrêt, dit-il, et on apprenait qu’en réaction, il avait décidé l’expulsion d’une dizaine d’ONG, celles qui justement, soutiennent les populations que persécute le régime de ce dictateur. Il a prévenu, vendredi, qu’il ne changerait pas d’un iota la politique de son gouvernement ! Pour quelques morts au Kosovo l’alliance occidentale sous la houlette des Etats-Unis n’hésita pas en 1999 à mener une guerre sans concession contre la Yougoslavie mise sous un tapis de bombes, qui devait réduire ses infrastructures à néant et faire combien de morts dont personne depuis n’a fait le bilan.
La porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU, Elizabeth Byrs, a estimé que 1,1 million de personnes se retrouveraient sans nourriture, que 1,5 million d’autres n’auraient plus de soins de santé et que plus de 1 million de personnes n’auraient plus d’eau potable, en raison de la perte de plus de 2500 travailleurs humanitaires.
Combien de temps acceptera-t-on encore de laisser se continuer ce génocide, contre des Soudanais qui ont commis pour seul crime, de n’être pas des fervents d’Allah ?!
L’Union Africaine sous la pression de la Libye et la Ligue arabe, ont décidé d’envoyer une délégation à l’ONU pour tenter de convaincre le Conseil de sécurité de suspendre le mandat d’arrêt contre Omar el-Béchir. Mieux, ce dernier devait obtenir vendredi soir le soutien d’une délégation du Parlement islamique, comprenant notamment le numéro deux du Hamas palestinien, ainsi que des représentants de l’Iran et de la Syrie. Que des gens bien qui n’hésitent pas sans rougir à mettre régulièrement en accusation les pays occidentaux d’être racistes et de mépriser les peuples du Sud, un comble !
Tous ces représentants d’un islam qui ne serait, selon certains, qu’un message d’amour, militent dans la perspective de Durban II, le fameux sommet mondial contre le racisme de Genève des 20-24 avril prochain, que dans le but de mettre en accusation Israël et de promouvoir la pénalisation de la diffamation des religions, façon proprette de tenter d’obtenir l’entrée de l’interdiction du blasphème dans le droit. D’ors et déjà, le Canada, les Etats-Unis, Israël et cette semaine l’Italie, se sont désolidarisés de cette initiative totalement instrumentalisée.
On voit encore ici combien la laïcité, qui porte la valeur du bien commun au-dessus des religions et des différences d’origine ou de couleur, est le seul recours éclairé face à l’obscurantisme et à la barbarie.

Comité Balladur : une réforme territoriale à la solde du nouvel Empire européen

Le Comité Balladur pour la réforme des collectivités territoriales a rendu jeudi 5 mars son rapport au Président de la République. Le soi-disant « mille feuilles français » en matière de collectivités territoriales qui est le pur produit de ceux des familles politiques qui depuis trente ans se succèdent aux affaires, prennent motifs de ce qu’ils ont déjà détruit de l’unité et de l’indivisibilité de la République, pour proposer de la détruire encore un peu plus. Il est question d’agréger les régions selon un seuil critique de 3 ou 4 millions d’habitants pour rejoindre la norme des régions européennes, pour formuler des ensembles territoriaux et économiques plus grands, plus compétitifs, une quinzaine.
On taille la France ainsi en prêt-à-porter aux mesures d’un libéralisme qui entend mettre en concurrence les individus sur tous les plans, la région ayant été choisie comme territoire de référence de l’Europe fédérale libérale. Les départements sont invités aux mêmes regroupements volontaires par des dispositions législatives de même nature que pour les régions. L’intercommunalité est invitée à se muer en collectivité territoriale nouvelle, autrement dit absorption des communes qui doivent s’y dissoudre pour en finir, entre les départements et les 36000 communes, avec cet héritage de la Révolution française qui étaient le pilier de l’Etat Jacobin égalitaire. Demain, ce sera à chacun sa région contre les autres et à ce jeu, côté peuple, il n’y aura que des perdants, la concurrence des salaires, des coûts et des droits tirant tout vers le bas.
La décentralisation qui pouvait contenir certains espoirs en termes de démocratie locale se voit ici finalement soumise à une nouvelle centralisation via la dynamique d’hypertrophie des régions qu’on nous annonce qui est tout le contraire de la maîtrise de la destinée collective par le citoyen. La France vit ici une nouvelle étape de ce formatage qui vise à la faire s’asseoir à la table de ce tapis vert où l’on joue à coup d’actions nos acquis sociaux et l’Etat social.

Un mouvement social en Guadeloupe qui tourne au suicide anti-républicain

Un peu plus, on se serait laissé aller à avoir de la sympathie pour ce mouvement qui en Guadeloupe s’est fait jour contre la vie chère et les inégalités sociales, s’il n’avait pas trop vite tourné au procès des blancs et à la démesure de la revendication de l‘indépendance. La priorité à l’embauche des Guadeloupéens, voilà ce que demandent les responsables du LKP, une rupture de l’égalité républicaine. Si on proposait de donner la priorité à l’embauche de Français du continent, on crierait au racisme et une fois de plus à l’apartheid. On veut nous faire oublier que 10% des Guadeloupéens travaillent sur le continent et principalement dans les services publics en profitant pleinement des bienfaits de la République égalitaire qui a aboli l’esclavage, petit rappel !
Mais le pire est venu des dernières déclarations de M. Domota affirmant que les entrepreneurs qui refusaient l’accord d’augmentation de 200 euros des bas salaires devraient « quitter la Guadeloupe » et qu’il ne « laisser(ait) pas une bande de békés rétablir l’esclavage ». Si on peut être solidaire de la revendication salariale des Guadeloupéens, on ne peut que rejeter ces propos irresponsables s’il en est et racistes, qui jouent ici le jeu des adversaires du peuple guadeloupéen comme du peuple en général.
L’immense majorité des métropolitains installés sur l’île n’ont jamais eu d’ancêtres esclavagistes ou négociants d’esclaves. Derrière ce discours violent où on oppose les noirs aux blancs, on peut lire l’idée de redistribution des terres qui y est sous-jacente sans vouloir la nommer. Un extrémisme qui procède d’une autre démarche que celle de ce mouvement et détourne des questions essentielles en emmenant ceux qui manifestent avec raison dans une impasse.
La question raciale est venue tuer la question sociale dans l’œuf, le principe d’égalité des droits avec elle, la revanche sur les blancs synthétisant tous les refoulements et les frustrations qui ont à voir avec les motifs d’une lutte des classes dont ces révolutionnaires de circonstances ont tout oublié en donnant ainsi un blanc saint au libéralisme dont les responsabilités sont aux causes de cette crise.

Dimanche 8 mars, c’était la journée de la femme, pas de l’homme, c’est sûr !

Etait-ce bien la journée internationale de la femme que cette journée-là, tenue sous le signe en France de certaines organisations féministes qui réclament une loi cadre contre les violences faites aux femmes, rejoignant par cette démarche tous les combats communautaires qui séparent, qui divisent au lieu de rassembler ? Le féminisme qui réclamait hier que la femme soit reconnue comme l’égal de l’homme, tombe de plus en plus dans une logique communautaire depuis la mise en place de la parité qui a rompu avec le principe d’égalité, brèche dans laquelle se sont engouffrés les chantres du combat pour le communautarisme. On entend maintenant le 8 mars de chaque année la montée en puissance d’un seul thème, la violence faite aux femmes et d’un victimage qui justifie de plus en plus une mise à part d’un genre contre l’autre, figeant les rapports entre les sexes à l’aune d’une définition de l’homme comme portant la violence contre les femmes comme la nuée porte l’orage.
On n’hésite pas à chaque occasion de citer des chiffres de violences faites aux femmes qui englobent sans le dire violences physiques et psychologiques bien plus difficiles à cerner, pour faire passer un discours anti-hommes niant ainsi des évolutions majeures de la société française que l’on doit dans ce domaine au rôle du féminisme précisément, du combat pour l’égalité, auquel se sont associés bien des laïques et des républicains. Les mises en garde d’Elisabeth Badinter dans ce domaine contre les dérives de la parité n’ont toujours pas été à cet endroit entendues.
On oublie d’ailleurs étrangement dans ce débat très médiatique, les siècles de recul de civilisation qui se profilent derrière l’islam militant qui met de plus en plus de femmes sous la férule de prédicats religieux qui les éloignent de toutes ces libertés acquises en France depuis la deuxième moitié du XXe siècle de hautes luttes, dont la burqa est sans doute la manifestation la plus obscène. Les religions on le sait n’ont jamais proposé l’égalité hommes-femmes, encore moins l’islam qui donne à celles-ci un statut juridique inférieur et affirme dans le Coran la supériorité par nature de l’homme, y compris sa domination physique par la violence – et oui! – (Sourate IV, verset 38), favorisant par cet état d’esprit bien des excès du machisme ordinaire. Les féministes devraient concentrer leurs forces tout particulièrement de ce côté, objet essentiel du combat pour l’émancipation d’aujourd’hui.
Aujourd’hui, en raison de la parité, près de la moitié des conseillères municipales sont des femmes et 12 % des maires, les femmes dans les instances de directions des entreprises sont passées de 17 à 23 % en trois ans… Mais qu’est-ce que cela à donc changé à la politique sur le fond, les femmes étant selon certaines voix porteuses par essence de changement ? En affirmant que l’arrivée des femmes en plus grand nombre en politique serait le salut de notre société, on trompe même les gens et on se trompe soit-même, pire, on encourage la pérennisation du système qui nous domine et nous aliène en le laissant en dehors du jeu de l’action pour plus d’égalité entre tous. L’égalité entre hommes et femmes autant que la reconnaissance de leurs différences et complémentarités ne pourront trouver à se réaliser, en dehors d’un véritable changement de société, donnant toute sa place aux besoins fondamentaux de tous.
Et l’amour dans tout ça, direz-vous ! La journée de la femme ne saurait se réduire à la convocation d’un tribunal, même si les violences faites aux femmes ne sont pas un fantasme, et qu’il faut tout faire pour en venir autant que possible à bout en appliquant la loi, qui punisse sans mollir ces violences, trop souvent encore tues. L’amour c’est aussi un droit qui reste à conquérir, le simple droit, l’air de rien, de choisir l’autre et non de se le voir imposer par exemple, le droit d’aimer et d’être aimé, qui aussi simple qu’il soit reste un enjeu de société.

Epilogue : notre réponse selon Louis Blanc

Ces événements d’une « semaine d’actu » nous indiquent la voie et elle n’est pas affriolante, car on voit par tous ces bouts d’histoires se désagréger les lumières d’une pensée humaniste et notre République laïque et sociale.
Les rêves communs de ces Américains de la gauche des années 60 qui voulaient croire dans une autre Amérique solidaire, constatent aujourd’hui qu’ils se sont fait doubler par les revendications communautaires de tous ordres pour en arriver au résultat d’une société multicommunautaire éclatée, fracturée, incapable de se mobiliser sur la moindre revendication sociale commune, avec les droits sociaux les plus faibles du monde occidental, pourtant le plus riche. Cela devrait faire réfléchir…
Le système libéral est en pleine crise, mais il n’a pas renoncé à adapter le monde à celle-ci pour pousser encore plus loin le régime de la spoliation générale. Alors qu’il montre son incapacité à répondre aux grands besoins humains de notre temps, son adaptation à sa propre crise est pour lui un enjeu vital, qui dépend du jeu des divisions qui favorisent l’éparpillement des forces et retarde les prises de conscience.
Comme ce penseur génial de l’Etat qu’est Louis Blanc l’avance en 1848, acteur de la création de la seconde République et contributeur de l’abolition définitive de l’esclavage : « la visée de transformation du régime social, comme la concentration des forces populaires la rend possible, ne peuvent s’accomplir sans la médiation de formes politiques unitaires. » Il n’y a de peuple victorieux qu’uni et de défaite que si l’on jette les victimes des mêmes injustices les unes contre les autres.
A tchao bon mardi !
Guylain Chevrier
historien

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