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Une Shoah perpétuelle

Toile de l’artiste Eitan Dvir z »l

Après tant d’années d’incessant martelage, il n’est presque plus possible de passer outre cette époque obscure et avilissante de l’humanité face au désastreux crime perpétré contre les juifs.

De nos jours, le terme Shoah – génocide, ne s’associe plus aux juifs seulement, puisque d’autres peuples ont été entre-temps, les victimes d’une haine incompréhensible qui relègue l’être humain coupable aux confins de la bassesse Ad nauseam.

La shoah a de tout temps existé. En vérité, elle a été la plus cruelle, la plus injuste envers les juifs et cela date depuis leur apparition sur la terre de Canaan.

Descendants de leur ancêtre Abraham, l’histoire nous raconte qu’à la suite de la vente de Joseph – l’un des douze fils de Jacob, (petit-fils d’Abraham) – par ses frères, et dû à la famine qui s’était propagée en Canaan, les hébreux s’étaient installés en Egypte.  Ils prospérèrent et se multiplièrent sous le règne des pharaons qui, appréhendant une substitution de population et une perte de pouvoir, les avaient finalement réduits à l’esclavage.

La sortie d’Egypte tant célébrée, proclamant leur délivrance de l’esclavage n’a été que temporaire. Les juifs ont continué de passer d’une main à l’autre immédiatement après la reconquête de leur terre promise.

Dans ce creuset s’étaient donné rendez-vous la majeure partie des civilisations. Il y a eu une succession d’occupations, de déportations, d’esclavages et si les hébreux, devenus des juifs ne commémorent que la sortie d’Egypte, ils seraient dans l’erreur, puisqu’ils n’ont jamais cessés d’être poursuivis, assassinés, et leurs biens et patrie confisqués… à ce jour.

On trouve des juifs partout dans le monde… que ce soit en Chine, aussi bien qu’en Afrique du sud – fruit indéniable des déportations. Beaucoup se sont assimilés ou se sont convertis de force ou par nécessité. Aujourd’hui, nous assistons au réveil de ces populations qui se découvrent des racines juives réelles ou préfabriquées et réclament leur intégration.

La commémoration de la Shoah des six millions de juifs assassinés par les nazis n’est qu’une petite goutte dans l’océan infini des tortures, discrimination, terreur, plafonnant en la décimation systématique de juifs.

Cette commémoration est sans doute symbolique puisque qu’elle se limite à une partie spécifique de l’histoire horrifiante des juifs…

La libération du Temple avec son huile sainte qui dura 8 jours – nous est rappelée par Hanoucca. Le miracle de la reine Esther qui sauva son peuple en se confrontant à son époux le roi Assuérus est une autre partie d’une shoah à laquelle les juifs avaient de justesse échappés… Une chaîne interminable dont les derniers maillons débouclent sur les guerres contre le jeune état juif d’Israël en 1948, tout de suite après leur évasion d’une Europe qui les avait traqués, transférés et tués dans des camps de concentration… La lutte pour la résilience de ce peuple ne semble pas prête à s’essouffler…

Même ceux qui se disent être les amis et partenaires de ce peuple, se complaisent parfois à lui montrer leurs crocs, à se laisser prendre dans un jeu double ayant pour unique objectif la démonstration de leur fragilité et le plaisir de porter atteinte à ce ramassis de fuyards, de survivants, de laissés pour compte, appelés juifs.

Jusqu’à quand ? Jusqu’où peut aller le déni de fraternité avec ce peuple ? Les juifs sont à la source de toute l’histoire des chrétiens d’aujourd’hui, et des musulmans, qui pour créer leurs religions se sont emparés et/ou falsifié la foi juive pour leurs desseins personnels…

Bifurcation qu’aucun ne peut plus  ignorer aujourd’hui. Celui qui a écrit l’histoire initiale était l’hébreu, le juif – dénominateur dérivant du terme Judée… La bible réécrite par les religions postérieures ne peut qu’être une falsification… Une imposture et une tricherie. Le passé est inaltérable et dément le nouveau testament et le Coran.

Il faut que cela cesse. Il faut s’unifier pour lutter contre le mal, contre le faux, le fabriqué et surtout cette maladie appelée la haine de l’autre. Il faut assumer et perpétuer la parole divine qui dit clairement : Aime ton prochain comme toi-même. Il faut surtout reconnaître que nous sommes des hôtes sur cette terre que nous prétendons nous appartenir. Rien ne nous appartient.

Comme le déclarait si bien le Rav Itshaq : C’est nous qui appartenons à cette terre. Nous avons tous été créé d’une poignée de sable…

Alors, faisons de ce jour de commémoration, un jour où tous les peuples du monde lanceront leur promesse de « Jamais Plus de shoah pour aucun peuple, aucune race, aucune religion » et à nos enfants, « tu porteras en guise d’arme, un rameau d’olivier ».

Thérèse Zrihen-Dvir