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Unef : de Jean-Marie Le Pen à la culture woke

On l’oublie le plus souvent, mais la carrière politique de Le Pen a débuté en 1949 dans un syndicat étudiant appelé… l’Unef. Oui, le même syndicat qui aujourd’hui organise des ateliers interdits aux blancs. Le Pen n’a pas débuté dans un syndicat de droite ou d’extrême droite mais bien à l’Unef. Certes, il n’était pas le plus représentatif des délégués de l’Unef de l’époque. Il y eut alors des divisions, notamment sur la guerre d’Algérie et le syndicat opta alors pour une vision anti-coloniale, ce qui marquait déjà une orientation vers la gauche.

L’Unef se mobilisera plus tard contre la guerre du ViêtNam et participera à Mai 68, où elle jouera néanmoins un rôle mineur. Le syndicat n’allait pas bien avant cet événement et n’en profita pas pour se requinquer. Cela aboutira à une scission en 1971 : création de l’Unef-us qui deviendra l’unef-id (qui tiendra le haut du pavé lors des manifestations contre la loi Devaquet en 1986 avec Isabelle Thomas en tête de gondole contrôlant la Mnef ; mais qui ne survivra pas à des tensions internes et reviendra finalement dans le giron de l’Unef en 2001). Alors que l’Unef devient l’Unef-renouveau, perdant son leadership dans les années 80, mais le retrouvant à la fin des années 90.

Toutes ces années, le syndicat ne cessera d’évoluer vers une gauche radicale alors que, rappelons-le, il était apolitique au tout départ. Après la défaite aux élections de 2016, la tendance s’est accélérée. Cela nous a valu la présence de Maryam Paugetoux, déléguée syndicale portant le hijab et cela n’était pas qu’un symbole. L’Unef soutient la mouvement «décolonial» (d’où les réunions réservées aux «racisés» donc interdites aux blancs), la cancel-culture et la culture woke (que l’on peut résumer à la délation et au harcèlement de l’ennemi politique). Cela a abouti au terrible épisode de Sciences Po Grenoble où un professeur fut dénoncé à la vindicte islamiste par l’antenne locale de l’Unef. La direction nationale émit des réserves sur la forme mais non sur le fond, considérant comme raciste le professeur qui n’avait pas voulu mettre sur le même pied d’égalité l’antisémitisme racialiste et la critique de la religion de tolérance, de paix et d’amour.

Nombre de témoignages affirment que l’Unef n’est plus capable de mobiliser (c’est dur à vérifier en période de couvre-feu lié au covid) et prévoient que les prochaines élections étudiantes verront une large défaite du syndicat, bien pire que celle de 2016. A voir. Cela n’est pas encore sûr. Néanmoins, nous observons que la France Insoumise qui a opté pour une démarche similaire a vu son score électoral fondre de 19% aux présidentielles à 7% aux européennes, en deux ans seulement.

Nous ne pouvons que constater la dérive totale de ce syndicat. Il ne défend plus les étudiants et ne s’intéresse qu’à des concepts destructeurs auxquels il adhère sans les analyser. La question de la dissolution de l’Unef se pose, même si la raclée électorale serait la plus belle des dissolutions.

Platon du Vercors