Vade retro…

Tu avances dans la nuit avec ta robe noire.
Tu avances dans la nuit de l’esprit.
Te déplaçant de ciboire en ciboire,
Te mouvant, démoniaque, pour hypnotiser les assujettis.
Ton ostensoir en bandoulière,
Tu es suivi par une fumeuse fumée,
Séduisante en diable mais pleine de billevesées.
Tu ne cherches qu’une chose, nous faire tomber dans l’ornière.
Tu dis que tu as toujours raison.
Pourtant, la raison n’est pas ta partenaire.
Tu n’as qu’un but, la faire taire
Pour enfermer le spirituel dans une prison.
Armé de ton goupillon, tu as un regard pervers.
Tu le brandis comme un sceptre que je suspecte
Dégoulinant et vous faisant tomber à l’envers,
Humidifiant pour une meilleure pénétration, abject.
Tu veux nous faire croire
A ton trop plein de certitudes maculées
En nous fichant un entonnoir
Pour, plus facilement, décérébrer.
Gave tes ouailles, gave tes ouailles
Pour que leur foi puisse dégouliner,
Se répandre et tous nous contaminer
Jusqu’au plus profond de nos entrailles.
Tu progresses et raisonnes à grands coups de missel,
Faisant fi de l’Encyclopédie, superbe mamelle
Nourrissant la pensée mieux que Pantagruel.
Tu voudrais bien lui dire tes regrets éternels.
Quand tu croises un citoyen,
Tu veux toujours le prendre par la main
Pour l’amener sur ton chemin.
Laisse tranquille les libertins
Qui se sont tournés vers une autre lumière.
Tels les affranchis de la caverne platonicienne
Qui ont rompu leurs chaînes pour sortir de la bétaillère.
Laisse tranquille cette libre pensée païenne.
Tant que tu restes sur des voies désertiques,
Ne rencontrant que des pauvres hères faméliques,
Je me moque de toi et de ta fausse fraternité.
Mais, je m’éveille et je m’insurge quand tu approches de la cité,
Polis magnifique éclairée par les Lumières.
Car tu n’as pas à y pénétrer, même par derrière.
Alors recule et reste à ta place,
Ne franchit pas la limite dans le public de notre espace.
Du verbe de l’Homme tu es sorti.
Tu es sa création, tu es sa chose,
Et malgré ce que nous disent toutes les gnoses
Ton existence par l’Humain est régie.
Laisse nous penser que d’autres liens
Relient les Humains, républicains.
Liberté, Egalité, Fraternité,
Sans oublier notre bien aimée laïcité.
Alors oui, je veux être, main dans la main, un chaînon
Me reliant, dans la joie, l’amour et la paix,
Dans une magnifique chaîne d’union.
Autres liens, autres liens agnostiques,
Religere par une pensée adogmatique.
Hervé BOYER

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