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Vaincre l’islamisme, ébauche d’une méthode

Alors que l’armée française pourchasse courageusement les islamistes maliens, cette guerre qui n’est pas terminée peut cependant, nous enseigner certaines choses.

Primo, les islamistes ne sont pas invincibles : il faut seulement se donner les moyens de les combattre et avoir la volonté de les détruire en portant le fer chez eux. C’est ce que fait la France au Mali, c’est ce que fait Israël en combattant le Hamas ou le Hezbollah à Gaza ou au Liban, voir en Iran.

Secundo, la lutte contre tout réseau mafieux ou terroriste passe notamment par l’élimination de ses têtes pensantes et de ses sources de financement. C’est ici que le bât blesse. Tout le monde sait que les principaux financiers du Djihad Mondial sont au Qatar, en Arabie Saoudite et en Iran, en attendant que la Lybie vienne s’y ajouter.

Or, les émirs ne se sentent nullement menacés par quoi que ce soit pendant qu’ils exportent la violence du Djihad chez tous les « mécréants » et notamment en France. Pourtant, compte tenu de leur population relativement faible qui est engraissée par la manne pétrolière, ces régimes sont fragiles. Il n’est pas du tout certain que les Emirs soient prêts à brader leur confort quatre étoiles pour faire la guerre. Ils préfèrent envoyer les autres à leur place. Souvenez-vous de ces Koweitiens qui s’étaient réfugiés à Londres pendant la première guerre du Golfe en 1990. Je me souviens avoir lu dans la presse de l’époque que, les croyant « finis » (ce qu’ils auraient été sans l’intervention américaine), les palaces londoniens ne les regardaient plus tout à fait de la même manière….

La violence avec laquelle l’Algérie a réagi, lors de la prise d’otages du site gazier d’In Amenas donne une idée des points faibles et de la fragilité des monarchies pétrolières. Le pétrole est le cœur et le sang vital de ces régimes. Sans l’argent du pétrole : Tout s’écroule.

Il faut donc clairement faire savoir à ces émirs qu’ils doivent cesser de financer le djihad en Europe et dans le monde et qu’à défaut, à la demande des populations occidentales, une réaction occidentale forte pourrait les priver, d’une manière ou d’une autre, des ressources de leurs pétrole. Ils auront alors beaucoup de mal à contrôler leurs propres populations qui seront soumises, à la sharia, et, fait nouveau, découvriront la misère. La vie de ces émirs, deviendra alors beaucoup plus difficile, et comme Bachar El Assad, et feu le Colonel Kadhafi, ils se souviendront qu’ils ne sont souverains « qu’à vie » ….ils devraient alors sérieusement commencer à réfléchir, et privilégier de conserver leur vie opulente et leurs harems….

De même pour l’Iran, une grande partie de la population n’attend qu’un soutien réel de l’extérieur pour mettre fin à ce régime sanguinaire. Par ailleurs, n’oublions pas que la guerre qui couve n’est pas seulement celle de l’Islamisme contre le reste du monde, il y a également celle résultant de la haine ancestrale qui oppose, et opposera sunnites et chiites et que l’on constate dans la guerre en Syrie. A l’Occident d’en tirer parti.

Coupée de ses commanditaires et de ses financiers, la lutte contre l’islamisation de nos banlieues prendra également un tour différent, même si ce sera très difficile.

C’est la stérilité même de ces régimes, qui les mènera à leur perte. Privé d’argent, le Djihad n’a aucune chance. La pourriture est assurée. En effet, qui a vraiment envie de vivre dans une société qui n’apporte rien au plan scientifique, technique, démocratique, qui ne produit que la misère et le chômage et ne permet aucun épanouissement ? Tant le pouvoir en Egypte ou en Tunisie qui doivent affronter leur propre population, que les musulmans maliens qui pourchassent les islamistes, le rappellent tous les jours.

En attendant la fin de l’ère tout pétrole qui résoudra mécaniquement une grande partie du problème, la question est donc de savoir qui aura la volonté et les moyens d’aller clairement faire comprendre aux financiers du Djihad que leurs agissements ne peuvent pas rester éternellement sans conséquence, et qu’ils ne doivent pas se croire à l’abri de tout.  Au bout de tout courage, il y a un courage physique, dont on prend beaucoup plus conscience lorsque l’on a beaucoup à perdre, et chacun, y compris les émirs et nos propres dirigeants, peut être rapidement déçu de ses capacités réelles en la matière…

Il y a surement beaucoup à dire et à débattre, et rien n’est sûr, ni sans inconvénients.

Mais ce qui est certain, c’est que la guerre contre l’islamisme, est une question de courage, et de moyens portés par une volonté politique claire.

C’est à nous de l’exiger de nos dirigeants, qui ne doivent plus avoir peur de nommer les choses et de porter notre message.

Stéphane HADDAD