Valérie Trierweiler comme oeuvre d’art contemporain(e)

hollande-premiere-victoire.Capture« Nous » y sommes, en plein happening, « installation » (les oeuvres, manières, « traditionnelles », sont, elles, soigneusement mises à la cave ou au placard à triple tour) puisqu’il y a même des ministres éphémères désormais. L’art on le sait serait partout, il/elle (selon la nouvelle terminologie) est là, ready made, vivante, et mort, peut-être ce sentiment de « dégoût » dont parlait déjà le 1er Ministre à propos d’un livre reportage sur DSK et qui envahit désormais la sphère publique, privée, telle une pestilence, l’oeuvre d’art Trierweiler faisant condamner Closer pour ce qu’elle décrit, elle, elle-même maintenant (est la nuit) en « reportage » dit-elle sur la manchette du livre dont elle est le contenu, elle est le livre, déification médiatique, sa version papier n’étant qu’une enveloppe, un grimoire de plus par lequel Valérie, tout en le commentant, entre au Pays des Horreurs et des Mensonges évidemment niées dans l’heure qui vient, elle-même déjà dépassée par le dernier sondage indiquant que Monsieur 13% (lui aussi, oeuvre, ready made) serait battu au second tour par Marine Le Pen qui est en train de faire le plein de « sans dents », sans rien faire, ce qui devient vertigineux, Mélenchon doit s’en mordre les doigts s’il lui en reste encore tandis que Dieudonné pense déjà au fait que la « décapitation » est un progrès, songeant à l’épuration à venir sans doute, un « progrès » au même titre en effet que la guillotine par rapport à l’écartèlement tant décrit par Foucault avec tant de fascination (dans Surveiller et Punir) tant cela ressemble à un « jeu » SM mais qui tournerait « mal » à la fin (ce qui n’est qu’un point de vue concédons-le).

Sauf que « nous » n’avons même plus besoin d’être décapités, écartelés, fouettés, étant saisis d’un coup aspirés décervelés, de l’intérieur, par ces genres de micro mécanismes médiatiques micro drones militaires façon Matrix qui s’enfonce par l’oeil les oreilles les sens l’air du temps son esprit aussi pour décomposer, imploser, regards, pensées, impressions, ce qui est bel et bien aussi un « progrès » dans ce cas au sens dieudonnésien qui cependant ne fait que continuer la conception rationaliste scientiste moderne (au même titre que les détracteurs de Marcel Gauchet qui eux visent l’instrumentalisation extensive quantitative du corps au nom de l’Idée) ou la réduction du vivre humain à une Technique, un Meccano. D’autant plus que dans ce « progrès » là d’aspiration, en interne, de toute inspiration, l’on garde une apparence, une façade, même des feux rouges (quelques lois, ou « dispositifs », obligées), quoique de plus en plus décalés, en distorsion négative (la distorsion positive nous permettrait de voyager dans le temps, ce qui n’est pas donné à tout le monde) on voit bien en effet que l’image (politique) bouge, se fracture, les couleurs s’affadissent, l’écran se craquèle, comment tenir encore trois ans, 2017 (date fatidique celle du coup bolchevik) ?…

Comment tenir ? Mais tout à fait simplement, comme maintenant, tout ob/jet, dans le vide, continue sa lancée, à l’infini, tant qu’il n’y a pas d’obstacle, principe d’inertie, qu’avait mis au point Mitterrand lors de la 1ère cohabitation, il faut tenir, même si le sol s’est dérobé depuis si longtemps en réalité sous nos pieds…d’argile.

Plus prosaïquement disons que Valérie Trierweiler a accompli ce qui était déjà à l’oeuvre dans la vie sexuelle de Catherine M et dans Belle et bête de Marcelle Iacub avec DSK, mais avec quelque chose de plus : le fait que cela soit vécu de manière (in)volontaire au sens où certainement « elle » ne voulait sans doute pas que cela se passe ainsi ; mais qu’attendre d’autre d’un tel Faust du moins si l’on arrive à voir son cache avec de bonnes lunettes googlelisées, mieux que DSK en « réalité » non ?…moins le harcèlement semble-t-il, mais de la même veine : « le monde est à nous rien est à eux », eux ? Qui ? La finance ? Non, les « pauvres » ? Peut-être, puisqu’ « il » le dit lui-même, les pauvres c’est sa raison d’être d’où le célèbre adage  » le socialisme aime tellement les pauvres qu’il en fabrique de plus en plus » (nous y sommes), tout en s’en moquant, surtout lorsque ses propres dents rayent non pas seulement le parquet, mais aussi celui d’en dessous. Il/elle n’est pas le/la seul(e). Où l’on voit que malgré les efforts désespérés à masquer le tout en trafiquant les mots, les choses, elles, continuent, rien de nouveau sous le soleil.

Lucien Samir Oulahbib

image_pdfimage_print