Valls a osé : « ne pas confondre liberté d’expression et blasphème »

Publié le 14 juin 2015 - par - 1 740 vues
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Charlie-VoyanceOn entend beaucoup parler en ce moment d’un voyage qu’a fait notre Premier ministre dans un avion de la République. Il a voyagé avec sa famille, ce serait un abus des biens de l’état… Bon, un texto confirme qu’aucune rencontre officielle n’était prévue pendant ce voyage, soit…

Franchement, qu’un Premier ministre, si du moins il faisait du bon travail au service de son pays, utilise un avion privé pour s’accorder un moment de détente ne me choque pas plus que ça. Que le Président de la République mente pour le couvrir, c’est déjà plus grave. Qu’il rembourse les places de sa famille, je trouve ça ridicule. S’il avait fait, comme je disais, du bon travail pour son pays, je trouve qu’il aurait dû taper du poing sur la table et dire : « Oui, j’utilise les avions de l’état pour mes loisirs, c’est la compensation du travail énorme que j’abats pour le bien de mon pays. Il n’est pas question que je rembourse un centime. Si les électeurs en sont mécontents, qu’ils me le fassent savoir aux prochaines élections. »

Mais… fait-il du bon travail au service de son pays ?

Cette affaire de match de football à Berlin (notons que c’était pour applaudir une équipe étrangère, mais passons, on a le droit de tenir à ses racines…), qui a été gonflée et montée en épingle par tous les media, a fait passer sous silence une affaire que je trouve autrement plus grave. A ma connaissance, seule Christine Tasin en a parlé, dans son site Résistance Républicaine.

http://resistancerepublicaine.eu/2015/manuel-valls-donne-raison-aux-assassins-de-charlie-hebdo-destitution/

Voici les faits, sur BFM-TV :

http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/valls-au-congres-du-ps-nous-etions-tous-charlie-le-11-janvier-548444.html

Déjà, qu’un Premier ministre en exercice, Premier ministre de tout le peuple français, prenne la parole de cette façon lors du congrès d’un parti politique me paraît plutôt choquant, et je ne suis d’ailleurs pas sûr qu’il y soit autorisé.

Mais que nous dit-il ?

« C’est à nous de transmettre, d’expliquer, de redire notre histoire, nos valeurs, pour que l’on arrête de tout confondre : liberté d’expression et blasphème, caricature et stigmatisation, humour et intolérance! »

Ai-je bien entendu ? « Ne pas confondre liberté d’expression et blasphème » ?

Un chef de gouvernement nous demande d’enfreindre la loi, en l’occurrence celle de 1905, qui abolit le délit de blasphème ?

Ne devrait-il pas être destitué à la minute même et jugé pour haute trahison ? J’aimerai qu’un juriste nous renseigne sur la possibilité d’une action dans ce sens.

La parole est libre en France, et tout individu a le droit de prononcer cette phrase, Monsieur Valls tout autant qu’un autre. Mais à la seule condition de démissionner au préalable de son poste de responsabilité et d’assumer en tant que simple citoyen son appel à ne pas respecter les lois.

Je ne vois qu’une seule réponse à sa déclaration : sa destitution IMMEDIATE et sa comparution devant une haute cour de justice pour haute trahison, pas moins.

Ajoutant l’injure à la trahison – pour le coup, je ne pense pas que ce soit passible de l’application de la loi, mais tout de même – il conclut par « Voilà pourquoi nous étions tous Charlie le 11 janvier et voilà pourquoi nous le demeurons. »

Monsieur Valls sait-il seulement ce qu’est Charlie Hebdo ? A-t-il vu comme moi, depuis l’époque de Hara-Kiri Hebdo, ce journal se battre férocement pour le droit au blasphème, aux blasphèmes de toutes sortes, avec un mauvais goût qu’on peut trouver douteux mais qui fait partie comme le disait Jean Dutourd, cet écrivaillon au style obscène, adepte de toujours des dictatures, de « tout l’attirail de la liberté », tomber et tomber encore sous le coup de la loi scélérate de 1949 pour se relever à chaque fois ? Charlie, grâce à qui on peut – encore pour quelque temps – se foutre de la gueule des religions et des puissants de toutes sorte… On a trop oublié ce qu’on leur devait, aux Charlie !

Je demande la destitution immédiate de Manuel Valls et son remplacement par Michel Houellebecq – si tant est qu’il accepte le poste, ce qui m’étonnerait – Michel Houellebecq, qui déclare, lui :

« La liberté d’expression n’a pas à s’arrêter devant ce que tel ou tel tient pour sacré, ni même à en tenir compte. Elle a le droit de jeter de l’huile sur le feu. Elle n’a pas vocation à maintenir la cohésion sociale, ni l’unité nationale ; le “vivre ensemble” ne la concerne nullement. On ne saurait lui enjoindre de se montrer responsable ; elle ne l’est pas. Ces différents points ne sont pas négociables. »

http://www.lesinrocks.com/2015/01/15/actualite/michel-houellebecq-la-liberte-dexpression-le-droit-de-jeter-de-lhuile-sur-le-feu-11547097/

Vincent Maunoury

Et tiens, pendant que j’y suis, pour ceux qui veulent continuer de pouvoir écrire le nom de liberté, voici une pétition pour sauvegarder notre liberté, celle d’informer, cette fois-ci :

https://www.change.org/p/ne-laissons-pas-les-entreprises-dicter-l-info-stop-directive-secret-des-affaires-tradesecrets?recruiter=1020825&utm_campaign=signature_receipt&utm_medium=email&utm_source=share_petition

 

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