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Valls, Vallaud-Belkacem, Cohn-Bendit : halte à la double nationalité !

Qu’est-ce que le « en même temps » macronien ? Ne serait-il pas le point culminant de toutes les contradictions qui travaillent la politique engagée bien avant l’actuel président de la République? Pour celui-ci, le « en même temps » relève tout d’abord de l’habileté politique et de la ruse idéologique : occuper le centre permet de siphonner les électorats de droite et de gauche, de se mettre à distance des « extrêmes » et finalement d’être sous l’apparence d’un jeune homme, un Giscard d’Estaing.

Exemple : l’habile et les siens ont su mettre en regard la loi contre le « séparatisme » et la dissolution de Génération Identitaire. Ceux qui entendent défendre les frontières et dénoncer l’invasion migratoire sont donc présentés comme un péril à l’égal de ce « séparatisme », notion écran, terme lénifiant qui permet de ne pas désigner la conquête musulmane. Cette fausse symétrie permet de porter un coup à ceux qui veulent des frontières et, en même temps, de mettre à l’abri d’une désignation juste, appropriée, le processus de Grand Remplacement dont le fer de lance est l’islam. Le « en même temps » est le principe même de la « com’ » macronienne.

Mais il est aussi la formule qui permet d’imposer un degré toujours plus élevé de contradiction et même d’incohérence, signe de déclin. Comme il faut donner des gages à des groupes d’opinion de plus en plus divergents, on peut apprendre la dissolution du corps préfectoral et presque en même temps entendre un discours commémorant Napoléon. Celui qui tient actuellement le rôle de Premier ministre, emporté par un élan lyrique, a considéré comme une « héroïne » la fonctionnaire de police égorgée par un djihadiste quelques semaines seulement après que le Président dénonçait les « violences policières » (sans dire un mot des violences subies au quotidien par les policiers ni des violences qu’on leur a fait exercer contre les
Gilets jaunes). Il est vrai que c’était sur un média s’adressant aux « jeunes » qui sont (pour les médias) hostiles par définition à la police.

La beauté et la valeur de certains lieux symboliques de la République sont habilement exploitées lors des hommages à certaines victimes du djihadisme (les Invalides, la Sorbonne) et en même temps d’autres peuvent être comme profanés. Lors d’une mémorable fête de la Musique, le jeune homme Président, en costume cravate, a laissé investir l’Élysée par une étrange troupe, en bas résille, choisie comme symbole de la modernité (comprendre merdonité) républicaine. Depuis l’Élysée même, sous les ors et dans un fauteuil XVIIIe, il a parlé au nom de la France pour répondre aux questions d’un quotidien étranger mais en anglo-américain et pour affirmer qu’il fallait « déconstruire » l’histoire de notre pays.

Ces « lieux de mémoire » de la France sont ainsi exploités pour légitimer l’américanisation et faire pleurer sur les conséquences de l’islamisation. Le « en même temps » est donc fondamentalement pervers et profanateur; il œuvre pour la soumission de la France sous couvert de perpétuer sa
grandeur.

Cette volonté de représenter la France, de la gouverner, de profiter du reste de prestige qu’elle peut apporter pour la déconstruire, en saper les fondements et en accroître la soumission à l‘ordre mondialiste, il n’en a ni le monopole, ni la primauté. En effet c’est tout un personnel politique (et médiatique) qui, depuis des décennies maintenant, est attiré par le pouvoir, veut prendre la lumière, pour régler des comptes avec la France. C’est le ressentiment contre la France qui anime beaucoup de ses dirigeants.

Ressentiment d’origine : un ancien président de la République ayant eu maille à partir avec la justice a ainsi regretté après le verdict de ne pas avoir été soumis à des juges de « sang mêlé » comme lui. Comment un ancien président de la République, à travers cette déclaration inouïe, peut-il encore ruminer ses origines étrangères, se sentir étranger ? Où en est-il de son assimilation ? D’où se sent-il ? Quelle est sa patrie ? Le diable est quelquefois dans les détails : on l’avait vu se faire prendre en photo en train de courir avec un tee-shirt « NYPD » (New-York Police Department). Quel vêtement pouvait mieux convenir à un des Présidents les plus atlantistes que nous ayons eu à subir?

Ressentiment de race : le parangon en est l’inénarrable Christiane Taubira dont la loi mémorielle sur l’esclavage a, on le sait, fait en sorte que « les jeunes Arabes ne portent pas sur le dos tout le poids de l’héritage des méfaits des Arabes ». On voit ici quelle est la population qu’on peut accabler, qu’il faut
accabler. Mais l’actuelle ministre Moreno, originaire du Cap Vert, n’est pas en reste en déclarant « qu’évidemment il y a un privilège blanc » en France alors même qu’on souffre déjà dans des services et des entreprises publiques de la discrimination dite positive.

Ressentiment de classe : on dit que le désir de revanche vis-à-vis de l’institution judiciaire de l’actuel ministre de la Justice aurait pour origine l’enquête qu’il juge bâclée à la suite de la mort inexpliquée de son grand-père immigré italien dont l’institution n’a pas fait grand cas à cause de son origine étrangère. Il a donc probablement, lui aussi, des comptes à régler avec la France et ce n’est pas pour rien s’il est aux avant-postes pour entretenir la détestation officielle envers un parti qui passe pour patriote.

Ressentiment des binationaux : Valls, ancien Premier ministre, donc détenteur d’informations stratégiques, poussé par le dépit, est revenu dans son pays d’origine pour y briguer un mandat électoral avant de retourner en France pour y reprendre la lumière, suite à son échec en Espagne, probablement poussé par un dépit et un ressentiment encore plus forts. Ne parlons pas de Najat Vallaud-Belkacem, Française et Marocaine et dont la maîtrise de l’orthographe a fait date, à qui on avait judicieusement confié le ministère de l’Éducation nationale. N’oublions pas Cohn-Bendit figure fondatrice, et encore bien encombrante, de Mai 68 qui fut l’acte fondateur de la détestation des institutions et de l’ordre symbolique qui avaient fait la France.

Jouissance du colonisé colonisateur : combien de « young leaders » et de produits de la « French american foundation » au sommet de l’État et dans les médias, dont la patrie est de l’autre côté de l’Atlantique ? Choisis par le centre de l’empire ou voulant s’en faire aimer, gallo-ricains et fiers de l’être,
ils œuvrent en France pour et par l’UE, succursale des États-Unis en Europe, et pour le gouvernement mondial.

Ces hommes et femmes de pouvoir et d’influence, Français par la nationalité mais d’ailleurs de cœur, exercent le pouvoir et veulent inlassablement « réformer », « moderniser » la France mais en fait pour l’aligner, la déconstruire et la faire disparaître dans la chimère de leur ordre mondial. Ils nous font payer au plus haut prix leur inconfort identitaire, leur double-(quelquefois triple) appartenance. Leur sinistre ressentiment, leurs passions basses sont ce qui les anime et tout cela nous conduit à la ruine.

Jusqu’où ? Jusqu’à quand ?

Jean-Noël Gaudy