Valse politique, après les prochaines élections ?

Publié le 13 mars 2015 - par - 1 548 vues
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hollandevotefnQui pourra diriger le pays, demandait un ami ce matin ? Qui, en effet, aura légitimité, si le dernier sondage correspond effectivement aux forces qui remuent en profondeur la société française ?
Rappelons les chiffres donnés ce matin :
 FN, 31%
 UMP, 29%
 PS, 20%
 PCF/PG, 8%
Les 12% restant se répartissant par ordre décroissant : sur l’UDI, le MODEM, EELV, DLR, NPA, LO, POI…
Je n’évoquerai pas ces destins présidentiels brisés nets. Venons-en à l’essentiel. Pour endiguer la vague FN, le PS aura besoin du vote UMP, pour rester une force électoralement significative. Problème : il faudra que l’Elysée-Matignon parvienne à faire accroire qu’il n’est pour rien, dans la mise en examen de Claude Guéant coupable, dit-on, d’avoir servi d’interface à un khadafisme électoral au profit de Nicolas Sarkozy. Il aura besoin de l’UMP, comme, l’UMP aura besoin de lui.

Ce sera d’autant plus un travail d’équilibriste traversant les chutes du Niagara sans le moindre système de sécurité, que le 1er ministre a lancé son gant à Michel Onfray ; un Michel Onfray qui s’est rendu coupable, à ses yeux, de ne pas faire de BHL sa tasse de thé et de lui préférer quelqu’un de plus sérieux et rigoureux, mais de droite, Alain de Benoist.
Difficile de prendre les gens pour des ballots, à ce sujet ; quand on s’apprête à exfiltrer dans le sanctuaire du Conseil constitutionnel la Dame de Cayenne-Beauvau, il est difficile d’imaginer que l’opération Guéant ait eu lieu sans l’accord de l’Elysée-Matignon…
Pour revenir à nos élections

Quel que soit le nombre de cas, dans l’un et l’autre sens, incarnant le « vote républicain » du PS et de ses annexes, de l’UMP et de ses glacis, il ressortira que le gouvernement actuel, – son chef et chacun de ses ministres-, ne disposera plus d’une légitimité démocratique. Mais il est vrai que dans l’ordre de l’union européenne, la légitimité populaire n’a guère d’importance.

Mais pour le peuple français, -le Peuple que, de Valls à Terra Nova, en passant par les Frères musulmans, on a décidé de dissoudre parce qu’il démérite chaque jour un peu plus en refusant le nouvel ordre jetant à la trappe deux mille ans d’Histoire et de construction nationale, culturelle, politique et sociale- mais pour le peuple français, dis-je, la chose ne se présente pas vraiment ainsi. La démocratie, c’est aussi être capable de faire ses comptes ; la démocratie c’est aussi et c’est d’abord : le mandat et la réalité physique des mandataires, leur représentativité.

Si le dernier sondage correspond à une réalité dynamique qui, il y a deux ou trois semaines donnait : FN 29%, UMP 29, PS 19…, le verdict démocratique exigera !
Il n’acceptera pas l’argutie classique, d’après vote, que nous débiteront une fois encore Cambadélis-Barbier, à savoir : qu’il s’agit d’un scrutin local. Dans ce scrutin local, le chef du gouvernement se sera particulièrement impliqué, alors, alors ???
Scrutin local ou expression locale du sentiment politique général devenu permanent?

Szya Waldman

PS. J’évoquais le destin politique de la Dame de Cayenne, grande faiseuse de plats épicés. Quand je parle ici de plats épicés, je ne parle pas de la cuisine accompagnée des appâts de la dame Jacques, je parle de ces épices politico-policières qu’évoquait Lénine quand il parlait de la cuisine de Josip Djougaschvili.
J’attends qu’elle nous explique, cette dame : comment il se fait qu’il n’y ait pas de réaction de la hiérarchie à la remise en liberté des kalachnikovniki marseillais. D’un côté la trique, contre un ancien ministre, de l’autre la mansuétude, pour ne pas dire plus, pour des hommes tirant à balles sur un représentant du gouvernement, la bienveillance pour une bande possédant un arsenal et des produits illégaux…
Cette mansuétude extraordinaire ne rapporte pas, sinon de rendre la violence plus audacieuse chaque jour. C’est ainsi que le tribunal administratif de Toulouse a été envahi cette nuit, fouillé et tagué. Les murs de cette enceinte, censée être sacralisée, ont été couverts d’injures et de « le prophète te jugera »…
Avec cette gestion d’un ministère, on peut imaginer ce que sera l’interprétation de la constitution : décomposition généralisée, toujours plus d’impuissance politique et affaissement social aggravé garanti.

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