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Vanessa, ma Vanessa, « ich sterb für dich » !

Tu es la Loreley de tous les Allemands, je le sais, je le sens, leur regenbogen, leur ar-en-ciel. Je sais bien que s’ils le pouvaient, là, à cette minute précise, ils balanceraient sans complexe aucun la grosse Mère dodue et c’est toi qui deviendrais la chancelière de cette Allemagne qui deviendrait alors… la Grande Allemagne, cette Allemagne de tous ces compositeurs, ces écrivains, ces poètes extraordinaires qui composent et écrivent jusqu’à nous faire couler les larmes les plus chaudes de notre âme ; l’Allemagne de tous les grands scientiques qui fait qu’elle est le troisième pays à avoir reçu le plus grand nombre de prix Nobel. Toi, ma Vanessa qui as commencé ta carrière dans ce groupe au nom qui te ressemble tant, et que nous voudrions qu’il ressemble tant à l’Allemagne, Wolkenfrei donc, qui veut dire sans nuage, tu chantes le schlager, cette musique entraînante et joyeuse. Mauvais esprits, vous les anti-boches indécrottables, je vous défends de faire allusion au mot schlague.

Toi, ma Vanessa, ma déesse germanique, « du bist meine insel » et sur cette île, je voudrais qu’il n’y ait que toi et moi, que nous soyons toi et moi l’illustration parfaite et irréfragable de l’amitié franco-allemande. D’ailleurs, ne chantes-tu pas avec ce sourire indicible « Champs-Élysées » ? Nous serions les facteurs de la paix en Europe. Quand je visionne, revisionne et rerevisionne encore ta vidéo  « ich sterb für dich » (je meurs pour toi) tu me rappelles aujourd’hui mes 20 ans quand, en auto-stop, attendant parfois des heures et des heures, j’allais à Verden, la ville jumelée avec ma ville, Saumur, où je retrouvais toutes ces belles filles qui ressemblent à celles de ton clip, longilignes, blanches de peau avec leurs cheveux longs tout blonds. Dieu ! Qu’il est dur aujourd’hui de n’être plus qu’un vieil homme aux formes sans attraits et aux cheveux gris et désirer encore, comme s’il s’agissait d’une punition que je ne mérite même pas – mais qu’ai-je donc fait pour souffrir ce calvaire ??? – ces belles et grandes jeunes femmes allemandes qui m’offraient – et sans même que je ne leur réclame quoi que ce soit – avec leur spontanéité si naturelle, la fièvre de leur sensualité brûlante… et bien plus encore !!! Mais cela, cela ne vous regarde pas. Certaines d’entre elles me disaient qu’elles me voulaient, ou plutôt pardon ! me désiraient car moi, je ne m’empiffrais pas de bière, cette bière qui, me disaient-elles, empêchait leurs hommes de les enfermer dans le camp de concentration le plus exquis, celui de l’amour bien sûr !

Si vraiment les Allemands, demain, devenus le peuple le plus intelligent du monde, te désignaient comme chancelière, alors je militerais pour un nouvel STO, celui du vrai et spontané rapprochement franco-allemand. Je m’y inscrirais, moi le vieil homme sans attrait, pour passer l’aspirateur dans ton bureau et t’aiderais à enfiler ton manteau quand tu sortirais, m’approchant en toute discrétion de ton cou sans même que tu te rendes compte de quoi que ce soit, pour m’enivrer une, peut-être deux secondes de ton parfum meine insel !

Français, bon Dieu !!! Luttons pour que Vanessa Mai devienne chancelière d’Allemagne. Après tout, pourquoi la politique ne pourrait-elle pas, pour une fois, devenir poésie et beauté féminine ? Ce serait entre nos deux pays le Jardin d’Eden retrouvé !

Philippe Arnon