Vannes : des manifs anti-passe à la campagne Zemmour

Manifestations de Vannes

Depuis le début, je participe à toutes les manifestations contre le passe. À Vannes, comme un peu partout en France, elles commencent en juillet, suite à l’annonce de la mise en place du passe sanitaire pour l’automne suivant. Cette mesure, déjà très controversée, deviendra le passe vaccinal par la suite. La mise à pied des soignants qui refusent la vaccination ne peut que nous interpeller. En 2020, on les applaudit tous les soirs à 20 heures. En 2021, on les traite comme des malpropres et on les renvoie chez eux sans revenus. Macron avait promis de ne pas rendre la vaccination obligatoire. Dans les faits, elle l’est pourtant pour les soignants, les pompiers et bien d’autres… Très peu de gens peuvent se permettre de ne plus travailler.

En juillet et en août, nous sommes très nombreux lors des rassemblements, plusieurs milliers de personnes. Les premières manifs sont bon enfant. Les gens viennent en famille, parfois même avec des bébés dans leur poussette.

Après ce que les Français viennent de vivre pendant le confinement, face à la perte des libertés fondamentales – à savoir le droit de se déplacer, de se réunir, de faire du sport en groupe, d’accéder aux lieux de culture, et même d’aller au café ou au restaurant – le sentiment de révolte peut enfin s’exprimer. C’est la sensation de libération qui prime à chaque rassemblement, la joie de retrouver des gens qui pensent comme nous. Jusqu’à la fin août, les manifs rassemblent énormément de monde.

À l’époque, on sait depuis longtemps déjà que le Covid-19 se soigne, contrairement à ce que les médecins des plateaux télé affirment. On sait que 99,95 % des malades guérissent et que l’âge moyen des personnes décédées est de 84 ans.

Les vaccins fabriqués dans l’urgence, qui d’ailleurs n’ont de vaccin que le nom, profitent surtout à Big Pharma. On connaît presque tous des gens tombés gravement malades ou décédés dans les jours qui ont suivi une injection.

Ce sujet des vaccins a vraiment réussi à diviser les familles, à faire éclater les groupes d’amis. Au pays de Pasteur, on croit en la Science, avec un grand S. La question des vaccins ne se discute pas. C’est devenu une religion, une question de foi !

Les Français sont divisés en deux groupes, les premiers qui se soumettent et se font vacciner par obligation ou par choix, et les autres, devenus des gueux, qui ne suivent pas le troupeau. Qui sont ceux qui sont capables de nager à contre-courant ? D’après Ariane Bilheran, docteur en psychopathologie, ce sont des personnes qui ont acquis, entre autres, une autonomie de pensée, grâce sans doute à l’éducation qu’ils ont reçue.
On trouve sur le net des vidéos et des conférences d’Ariane Bilheran. Passionnant !

À Vannes, au cours de l’automne, les rassemblements continuent. La répression commence en fin d’année 2021. PV pour non-port du masque, reçus directement dans les boîtes aux lettres, PV pour participation à une manifestation interdite, mise en garde à vue pendant 18 h d’une personne, PV encore pour bruit excessif causé par la sono d’un participant, M.

Parallèlement, je commence en mars-avril à militer pour Reconquête. Pendant la campagne présidentielle, je me joins un matin à un petit groupe de cinq personnes pour distribuer sur un marché local les programmes de Zemmour. En général, les passants prennent le papier qu’on leur tend sans faire de commentaire. Certains nous traitent de racistes, de connards. Un homme me demande comment je peux être du côté d’un candidat misogyne. Je n’ai pas le temps de lui répondre, il est déjà parti.

Je fais aussi des distributions de tracts dans les boîtes aux lettres. Comme je le fais seule, je suis hyper-vigilante. Je pars tôt le matin, avant le lever du jour, à l’heure où on ne rencontre pas grand monde. Et je suis très prudente. Tout se passe bien.

Le samedi, le nombre de manifestants diminue drastiquement après la suspension du passe vaccinal, le 14 mars. Mais nous gardons tous à l’esprit que ce passe pourra être remis à l’ordre du jour si la situation l’exige. D’ailleurs, il est question de donner la main à l’OMS pour s’occuper de la politique sanitaire de notre pays en cas de pandémie. Dormez tranquilles, vous êtes bien protégés.

Notre groupe diminue d’un samedi à l’autre. Nous sommes environ 70 début mai. Les passants que nous croisons deviennent parfois agressifs verbalement. C’est facile, face à un si petit groupe.

Les Législatives approchent. Je participe à une réunion avec une trentaine de militants de la circonscription. Je suis étonnée d’y rencontrer des personnes de tous âges. Beaucoup de jeunes sont parmi nous.
Nous nous répartissons les tâches. En plus des marchés, je ferai des distributions de tracts et de programmes dans les boîtes aux lettres.

Un matin, je me rends avec trois autres militants sur un marché proche de chez moi. Je demande à ne pas rester seule. Nous formons donc deux groupes et je fais équipe avec un jeune homme. Les passants prennent nos tracts rapidement, certains discutent un peu. Et à part quelques grognements désapprobateurs, tout va bien. Je vois soudain arriver vers moi un homme plutôt jeune, très grand, les cheveux serrés dans un petit chignon. À son regard, je sais que ça va mal se passer. Il me regarde fixement. Je sens la colère en lui. Il prend mon tract et le froisse aussitôt dans la main.
« Fasciste ! Raciste ! Antisémite ! Violeur ! »
Je réponds que Zemmour n’a violé personne.
« Si ! Il a violé six femmes ! »
Entre nous, quelle santé !
Et c’est un flot d’insanités. Je ne peux placer un mot. Lâchement, je lui suggère d’aller voir l’autre groupe. Il s’éloigne, revient un peu plus tard et me lance : « Vous n’avez que de l’eau dans la tête.  »

Vers 13 heures, nous nous retrouvons tous les quatre et rions en parlant de cette rencontre. Nous tombons d’accord sur un point : cet homme n’avait pas que du sang dans les veines.
Un autre jour, lorsque je tends mon tract à un homme âgé, il me dit qu’il vote pour nous. Je lui demande de préciser. « Ben oui… Il n’y a que lui. Macron, pardi ! »
Quand je lui parle de Reconquête, il me répond, pas contrariant pour deux sous : « Ah! Je croyais que c’était Renaissance. Zemmour ? Il est bien aussi. Il y a tellement de candidats qu’on ne sait plus pour qui voter ! »
Je peux lui donner des idées, s’il veut.

J’entends sur un autre marché une femme crier :
« Oui ! Nous pouvons accueillir tout le monde.
– Pas sept milliards de personnes, tout de même ?
– Si et c’est l’honneur de la France ! »

Retour aux manifs
Le 14 mai, nous sommes une petite trentaine au lieu de rendez-vous habituel, sur le port. Nous discutons avant le départ. Est-il judicieux de défiler ? Nous décidons que oui et partons.
Ce jour-là, tout se passe bien. Mais à notre retour, l’homme qui marche en tête est contrôlé par la police. Il revient ensuite vers nous et nous dit qu’il sera convoqué plus tard.
Puis c’est M. qui est emmené, un peu à l’écart du groupe, avec sa sono. On se dit simplement que c’est à nouveau un contrôle d’identité. Nous surveillons quand même ce qui se passe. Soudain, M. est plaqué au sol, sa tête heurte les pavés, on le menotte dans le dos. Il est relevé et, encadré par plusieurs policiers, embarqué dans une voiture. On a juste le temps de voir qu’il est blessé au visage et qu’il saigne. Il est placé en garde à vue et ne sera libéré que le lendemain midi.

Le samedi suivant, un tout petit groupe se forme sur le port. La police nous surveille. Il n’est pas question de manifester aujourd’hui.
Nous décidons de rester en contact. Une date est fixée pour se retrouver.

Le jour du rendez-vous, nous sommes une trentaine. Je retrouve des gens que je n’avais pas vus depuis un moment.

Les discussions portent sur ce qui nous attend. On vit peut-être nos derniers moments de liberté et bien qu’on le sache, il  est difficile de réaliser que ça y est, le monde a changé.

Tous, nous constatons que beaucoup de nos proches sont dans le déni. Pour eux, le pouvoir a tout bon. Les mesures qui ont été prises sont des mesures de bon sens. Conséquence : les familles ont éclaté, le cercle des amis s’est rétréci.

Je retrouve M. Je l’avais eu au téléphone après sa GAV et il me redit combien il a été maltraité par la police et par le soignant de l’hôpital. On lui reproche, en autres, d’être l’organisateur des manifs. C’est faux, bien sûr. Lors de sa GAV, il a répondu aux policiers que chacun manifeste librement.

L’homme qui marche habituellement en tête de manif n’est pas là. J’apprends qu’il a été placé en GAV, lui aussi, le jour de sa convocation. Maltraité autant que M.

Trois manifestants ont reçu un PV de 68 euros pour, entre autres, occupation de la place publique et désinformation. Depuis quelques semaines, ces manifestants nous attendaient le samedi, vêtus de blanc, sur une place de Vannes pour nous donner, à l’aide de grands panneaux, de l’information sur le Covid. Ils informaient aussi les passants qui le désiraient, nombreux à passer sur cette place du centre ville pendant le week-end.

Accusés par la police de faire de la désinformation, nos amis ont répondu que leurs panneaux présentaient des copies d’articles parus dans des journaux tels que Le Monde, ou encore des articles émanant du gouvernement.
On leur a aussi reproché leurs tenues blanches.

La variole du singe est peut-être la nouvelle idée pour nous remettre dans la peur. Que va-t-il se passer dans les mois qui viennent ? Les Français n’accepteront pas un nouveau confinement, ruineux à tous points de vue.
Beaucoup parmi nous pensent que le monde va se révolter si la vaccination contre le Covid ou la variole devient obligatoire.

Et j’espère qu’ils ont raison ! Il va falloir résister.

Jeanne Le Vézu

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8 Commentaires

  1. Et bien, ça ne donne pas envie de visiter Vannes si il y a autant de connards au mètre carré.
    Pas besoin de chercher des ennemis, la police locale semble remplir ce rôle. Si c’est vrai, être aussi pourri pour 2000 balles par mois montre le niveau des gugusses.

    Ce n’est là-bas que je ferai du tourisme, et je suis certain que ces bretons se passeront facilement de moi.

    🎶 Y z’ont des chapeaux ronds etc…etc… 🎵

  2. « Beaucoup parmi nous pensent que le monde va se révolter si la vaccination contre le Covid ou la variole devient obligatoire. » VOUS CROYEZ VRAIMENT ?
    Tout votre texte nous prouve le contraire : il nous montre que la majorité de Français sont soumis à macron et fiers de l’ être. Alors c’ est pas avec des cons pareils manipulables et manipulés à souhait par les médias de la macronie qu’ il faut espérer une révolte.

  3. Ben oui, bravo Jeanne Le Vezu, il va falloir résister…comment?
    Pour avoir beaucoup manifesté dans ma vie, nous n’avons jamais rien obtenu!!Ils nous ont à l’usure. L’intérêt des manifs c’est de créer un réseau et c’est important.

  4. Le slogan est très bien trouvé. Ca me fait penser à une phrase d’un chef islamiste « avec vos lois démocratiques, nous vous coloniserons, avec nos lois coraniques nous vous soumettrons »
    Avec Macron réelu, on va galérer.

  5. Des PV pour « désinformation » maintenant… on aura tout vu. Effectivement, c’est un des signes qui montrent qu’on n’est plus en démocratie.

  6. zemmour a le cuir dur, je te souhaite de l’avoir ainsi tant les gens que tu croises sont haineux, nauséabonds, fachos, courage !

  7. Les français sont des veaux, des couillons, des lâches, des minables….vous vous faites du mal pour rien et prenez des risques pour rien également….ceux d entre nous qui savent encore voir ce qui se trame et qui aiment leur pays tel qu il doit être est rester, sauront quoi faire….les autres qu ils crèvent de leur bêtise.

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