Var Matin fait la promotion d’un gentil salafisme radical…

Oyez jeunes musulmans, ne cherchez plus la voie parfaite BISMELLAH !! Grâce au journal Var-Matin, engagez-vous sans plus tarder dans le salafisme radical.

Quelle n’a pas été ma stupéfaction et celle de certains de mes amis qui n’ont pas hésité de parler de « autant faire de la publicité pour le nazisme » en découvrant dans son édition de vendredi dernier que le journal Var-Matin, par ailleurs un très bon quotidien, venait de réaliser un interview d’un dénommé Abou Shaheen tout-à-fait à son avantage et imam salafiste intervenant en alternance dans les mosquées de la Beaucaire et des Œillets, deux quartiers hypersensibles et que l’on voie faire ses courses, tranquillement la barbichette rousse au vent, dans les centres commerciaux de Toulon.

A l’expression « salafiste » le sieur Shaheen, préfère l’adjectif « salafi » et se revendique avant tout musulman, Français lui paraissant venir en second.

Bien que né en Algérie, il est arrivé dans l’hexagone à l’âge de 6 mois. Il a aujourd’hui 36 ans et se désole que sa foi musulmane soit  assimilée au djihadisme. Cette lassitude augure mal de son avenir.

Mais, le sieur Shaheen n’a rien à cacher et se la joue « caïd » en révélant qu’il a déjà été convoqué par les Renseignements Généraux. C’était il y a quelques années de retour d’un pèlerinage à la Mecque. Engagez-vous dans le salafisme, y’a rien à craindre et en plus vous verrez du pays !!

A la question «  Vous considérez-vous comme un musulman radical ? » Il a un réponse toute faite, sans doute apprise par cœur, «  Ca dépend de ce qu’on met derrière l’adjectif radical. Si l’on entend par là une certaine forme d’orthodoxie, alors, oui, je suis radical. Si en revanche on parle de violence, d’intransigeance face aux autres et de porte fermée à l’échange et au dialogue, je ne suis pas radical ».

Ils sont malins chez les salafistes, presque diaboliques. Cela me fait penser à cette sortie de cette engeance de Mahomed Merah :«  La guerre est une ruse ». Mais, si l’on parlait blasphème, apostasie, homosexualité, tous trois punis de la peine de mort dans plusieurs pays musulmans, alors prénommé Abou, toujours aussi ouvert au dialogue et à l’échange ??

Autre question pointue «  Vous ne contestez pas néanmoins le fait que le mot salafiste  soit associé à des groupes violents ? »  Réponse de l’intéressé «  Effectivement, certains groupes ont pu récupérer cette appellation  aux fins de leur prédication propre basée sur la violence, l’acquisition du pouvoir au moyen des armes et par la destruction du bien d’autrui. Mais à aucun moment ces gens ne peuvent se revendiquer de cette appellation pure, exempte de ce genre d’agissements »

Il faut reconnaître que le journaliste de Var-Matin, sans doute complètement islamo-inculte, avait malgré tout bien préparé son entretien et à la question qui tue «  Faut-il avoir peur de vous ? »  l’adorateur d’Allah a rétorqué « On a jamais raison d’avoir peur de ce qu’on ne connaît pas. On est exposé à la vue de tous, on ne fait pas partie d’une organisation groupusculaire avec des intentions cachées. On est ouvert à la discussion. Les mosquées dans lesquelles j’évolue ne sont pas des bunkers. On fait nos courses, comme tout le monde, on travaille comme tout le monde. Il y a parmi nous des entrepreneurs. Le but premier de « notre grand djihad », c’est notre amélioration personnelle. On n’a pas de velléité politique. Notre seule politique est justement de ne pas faire de politique »

Il ne fait pas de politique, oui mais il se garde bien de critiquer Mohamed dans ses prêches, se payant le culot de déclarer que  «  Sans évoquer l’affaire Merah en particulier, certains jeunes croient avoir trouver les héros des temps modernes qui se dressent face à des nations toutes entières à coup de dramaturgie bien orchestrée. Ca peut susciter des vocations, oui. Mais je ferais observer que depuis le renouveau de l’Islam, on n’a pas assisté à tant de passages à l’acte que ça.  Du moins en Europe »

Par contre motus bouche cousue, quand il lui demande s’il a été surpris par les arrestations  successives à Toulon de terroristes musulmans présumés «  Il n’empêche que je suis surpris. Surtout en ce qui concerne l’administrateur d’un sit Internet proche d’Al-Qaida. Personne n’avait jamais entendu parler de cette personne auparavant » Ben voyons, sans doute s’agissait-il d’un musulman qu’on n’a jamais vu fréquenter un bar musulman, une épicerie musulmane, une librairie musulmane, une salle de prière ou une mosquée. Une sorte d’OVNI  tombé du ciel comme Félix Baumgartner.

Facile de décoder, à la fin de l’interview, un encouragement au développement du gentil salafisme radical dans les prisons « On sait que la prison à tendance à entretenir la haine, la rage de ceux qui y séjournent. A l’inverse, je connais aussi des gens qui ont rencontré l’islam en prison mais qui, grâce à une bonne compréhension, sont désormais sur le chemin de la rédemption. »

En Tunisie, c’est aussi au nom du chemin de  la rédemption que des salafistes enragés, main dans la main avec les islamistes « modérés » du gouvernement, cassent la gueule de ceux qui fréquentent les lieux où l’on vend de l’alcool ou des femmes qui ne sont pas vêtues « correctement » et leur bloquent l’entrée des universités à Tunis. En Egypte, où ils ont fait 24 % aux dernières élections législatives, c’est aussi au nom du chemin de  la rédemption que les députés salafistes du Parti « La Lumière » répondent derrière une moustiquaire aux interviews des journalistes femmes. Au Mali, c’est aussi au nom du chemin de la rédemption, que les salafistes du MUJAO coupent le pied gauche et la main droite des voleurs et lapident à mort les couples de musulmans qui ont eu des enfants hors mariage.

Huineng

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