Pourquoi végétarien je défends et soutiens la chasse et la corrida

Publié le 22 juin 2015 - par - 1 661 vues
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Hunter hunting the game, bird huntVerbatim du discours prononcé par Pascal Olivier, président de Reconquête républicaine, lors de la conférence, Les problématiques de l’abattage rituel, le 22 avril 2015 à Aix-en-Provence. Conférence à l’initiative et organisée par Josiane Solari, conseiller municipal Bleu Marine d’Aix-en-Provence et membre de Reconquête républicaine. Invité : Alain de Peretti, conférencier et président de Vigilance halal (vidéo à venir).

En complément de l’excellente conférence que vient de nous donner Alain de Peretti j’aimerai vous faire part en, vrac, de quelques réflexions d’ordre général qui entrent en résonance avec des pratiques personnelles.

Je suis en quelque sorte doublement opposé à l’abattage rituel, une première fois au titre de mon engagement associatif et politique dans Reconquête républicaine, et une deuxième fois au titre d’une éthique personnelle, je suis depuis une vingtaine d’années végétarien, végétarien par compassion envers les bêtes, pas par sensiblerie, et pas spécialement par amour, n’est pas Brigitte Bardot qui veut. D’ailleurs, il n’est pas forcément nécessaire d’aimer les animaux pour se conduire humainement avec eux, avec philanthropie. Plutarque concevait une philanthrôpia étendue aux animaux.

Certains penseurs considèrent que c’est avec l’élevage et l’abattage industriel que nous sommes sortis du néolithique, (néolithique au sens de la révolution néolithique). La philosophe Catherine Larrère pense qu’il y a rupture du contrat « domestique » initié par nos ancêtres au néolithique. Rupture du contrat que nos ancêtres avaient passé avec les animaux qu’ils domestiquaient, une sorte d’échange respectueux que lʼon voit encore aujourd’hui dans certaines fermes artisanales.

Faut-il manger les bêtes ou pas ? Cette question taraude l’homme depuis longtemps. Si nous étions carnivores nous ne pourrions pas vraiment nous poser la question. Par chance nous sommes omnivores, nous avons la dentition et le système digestif de granivores- frugivores, si on n’avait pas inventé le feu ou le hachoir nous aurions bien du mal à déchiqueter la viande. Nous avons un intestin moyennement long, sept mètres environ, ce n’est donc pas l’intestin court des carnivores qui fait environ trois mètres ni l’intestin long des herbivores qui atteint quinze mètres. D’après des études récentes nous nous situons dans la chaîne alimentaire au niveau du cochon et de l’anchois. Nous voilà en bonne compagnie !

Faut-il ou pas manger les animaux ? La réponse dans la Grèce antique était partagée selon l’école philosophique à laquelle on appartenait. L’autorisation de manger de la viande est relativement tardive dans l’histoire des Hébreux, puisqu’elle date d’après le Déluge, quand Dieu a compris que les hommes n’étaient pas bons et qu’on ne pouvait pas leur interdire de tuer pour manger. Mais cette autorisation s’accompagne de prescriptions alimentaires. Les Hébreux pensaient que le sang était le support de l’âme. Considérant qu’il est déjà terrible de voler sa vie à un animal, ils ne voulaient pas, de plus, lui prendre son âme. Il fallait donc l’égorger, et faire couler entièrement son sang avant qu’il ne meure. La philosophe Elisabeth de Fontenay pense que le temps des sacrifices a été un âge d’or pour les bêtes, qu’elles y jouissaient d’un statut d’être animé, digne de considération. Le christianisme a aboli le sacrifice animal puisque Dieu s’est offert en sacrifice tel un agneau. Les chrétiens n’ont du coup guère d’interdits alimentaires sinon justement celui de ne pas consommer de la viande sacrifiée à un dieu, Dieu s’étant lui-même donné en sacrifice.

Mais les contraintes de l’industrialisation, ajoutées aux obligations rituelles engendrent l’horreur au centuple. La dérogation à l’étourdissement des bêtes pour l’abattage rituel est une monstruosité comme Alain de Peretti l’a brillamment démontré. Le fait que plus de 60 % de la viande abattue soit halal pose un problème politique rarement abordé.

Si l’on a coutume de déplorer une fiscalité islamique assortie d’un monopole discriminatoire à l’embauche, les tueurs-sacrificateurs ne pouvant par définition être des « mécréants », on parle beaucoup moins d’une sorte de monopole de la violence légitime conférée à l’islam. Le monopole de la violence légitime est une expression inventée par le sociologue Max Weber pour définir la caractéristique essentielle de l’État en tant que groupement politique, le seul à bénéficier du droit de mettre en œuvre, lui-même ou par délégation, la violence physique sur son territoire. On pense évidement principalement à la police et à l’armée. J’ose par analogie étendre cette notion de monopole de la violence légitime au droit de tuer les animaux par délégation. Or à quoi assiste-t-on ?

Avec d’un côté le halal généralisé et de l’autre côté les campagnes anti-chasse et anti- corrida il n’y aura bientôt plus que les mahométans qui auront le droit de tuer.

A l’exception notable de la fondation de Brigitte Bardot et de quelques rares autres organismes comme Vigilance halal, la plupart des associations de défense des animaux s’occupe principalement à faire interdire la corrida et la chasse ; un peu comme naguère de prétendus féministes, Les Chiennes de garde, s’activaient contres les propos mâles et rustiques de syndicalistes de France culture à l’encontre de leur directrice Laure Adler surnommée «la Pompadour», pendant que dans les territoires perdus de la République les mêmes prétendues féministes laissaient les jeunes filles se débattre entre viol et voile.

Dans ces conditions le végétarien que je suis se voit dans lʼobligation de passer outre ses choix éthiques personnels et de défendre et soutenir la chasse et la corrida, par loyauté envers la nation. Ne pas le faire reviendrait à la trahir.

Dans le même ordre d’idée je ne suis pas favorable aux menus de substitution végétarien dans les cantines et ailleurs tant que la dérogation à lʼétourdissement des bêtes pour l’abattage rituel subsistera. Le plus souvent il sʼagit de menus halal déguisés, de menus sans viande mais avec poisson appelés abusivement végétarien. Depuis quand les poissons appartiennent au règne végétal ou minéral ? Et même sʼil s’agissait dʼun véritable menu végétarien on sent bien qu’il sʼagit dʼun pis-aller pour temporiser, d’un marchepied, en attendant le halal généralisé dans les cantines.

En revanche lorsque l’abattage rituel aura disparu, il me semble que le menu de substitution végétarien pourra avantageusement remplacer, les menus sans porc, les menus sans viande, etc. Un menu de substitution laïque en quelque sorte, qui placerait le sacré républicain au-dessus des particularismes et qui tout en mettant fin aux chicanes, réclamations et surenchères communautaristes ferait droit à la question philosophique posée à l’homme depuis la nuit des temps et rendrait un peu ridicules ces misérables interdits et obligations eu égard à la gravité de la question.

Je finis avec une citation d’Elisabeth de Fontenay tiré de son livre Sans offenser le genre humain : « Il faut que la question animale redevienne une question sociale, comme elle l’était pour Michelet, pour Hugo qui, hommes de progrès, requéraient qu’on élargît la cité afin dʼy accueillir les bêtes (…) Ce que nous faisons à tous les vivants doués de sensibilité et porteurs de mondes, il faut en effet savoir que cʼest à nous-mêmes qu’en fin de compte nous le faisons. »

Merci de votre attention.

Pascal Olivier

http://reconquete-republicaine.fr/

http://blog.pascalolivier.fr/

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