Hollande a juste oublié de rappeler aux Français que Verdun était une victoire…

Publié le 31 mai 2016 - par - 14 commentaires - 1 735 vues
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Hollandet et Merkel à la mairie de Berlin... pardon de Verdun !

Hollandet et Merkel à la mairie de Berlin… pardon de Verdun !

Tout a été dit sur le spectacle auquel ont donné lieu les commémorations du centenaire de la bataille de Verdun. Flashmob à travers les tombes, arrivée de la Grande Faucheuse tel un personnage de Harry Potter et tambours qui n’auront pas réveillé les morts.

Bizarrement, ce n’est pas ce qui m’a paru le plus consternant dans cette cérémonie qui se voulait pédagogique. C’est le fait qu’elle se veuille pédagogique précisément.

Car enfin qu’avons-nous eu? Selon le mot d’une journaliste allemande qui intervenait souvent sur ITélé à contre-courant de l’enthousiasme d’un Askolovitch, des discours convenus dont le message simpliste consistait à dire que c’était mal la guerre et que l’Union Européenne, c’était la paix.

Verdun, où fut signé le traité qui partageait l’Empire de Charlemagne et où l’Europe s’est perdue, a dit en substance François Hollande qui avait présenté l’hôte de la cérémonie, le Maire de Verdun, en rappelant sa qualité de professeur d’Histoire.

Or, à aucun moment au cours de cette commémoration  l’enjeu de cette bataille n’a été expliqué: pourquoi les Allemands voulaient à tous prix s’emparer du fort de Douaumont, et pourquoi l’armée française jugeait capital de le défendre. Pas davantage n’a-t-il été évoqué ce qu’aurait représenté pour notre pays,  la perte de Verdun. Il y a déjà longtemps que l’histoire militaire n’est pas davantage enseignée dans nos écoles que l’histoire événementielle. Les commémorations suivent le même chemin.

Encore moins les jeunes Français et Allemands n’auront appris l’issue de la bataille  et qu’au final, elle  a été considérée par les Français d’alors comme  une victoire capitale de ses soldats. Qu’on lise les témoignages militaires ou la presse de l’époque pour comprendre à quel point garder Verdun était essentiel  sur les plans stratégique et psychologique et combien les Français  n’avaient pas le sentiment que ses Poilus étaient morts pour rien.

Le mot de victoire n’a jamais été prononcé. Il eût été impensable, d’une incongruité du plus mauvais aloi. Pire qu’un déni historique, une faute de goût.

Au lieu de cela, les jeunes Français et Allemands auront retenu que Verdun fut une immense boucherie- ce qui est vrai – mais menée sans but  par des généraux aussi incompétents que sanguinaires qui n’avaient cure de la vie de leurs hommes et dont le sadisme ou la pulsion de mort n’auraient été que les seules motivations.

Cette commémoration n’a rien eu d’historique ni de pédagogique. Elle a été la projection de la mentalité d’aujourd’hui sur des événements  qui se sont déroulés il y a un siècle et leur dramatique nécessité. Cent ans plus tard, place à une société pacifique jusqu’à l’inconscience et à la niaiserie, dans une Europe qui s’écroule et se rend sans conditions, plus mortifère peut-être encore que cette bataille.

Les Britanniques commémoreront les combats qu’ils ont menés dans la Somme. Parions que leurs cérémonies auront une tout autre tonalité, que l’on osera y prononcer le mot de victoire, et que l’on y célèbrera le courage des Tommies.

Les Français, qui se refusent à célébrer la victoire d’Austerlitz mais prêtent leurs navires pour que les Britanniques reconstituent Trafalgar, se refusent, eux,  le droit de célébrer leurs victoires. Toutes les nations instrumentalisent leur histoire et la transforment en chanson de geste  tissée à leur gloire. On ne pourra reprocher ce travers à  la France qui décolore son passé et gomme ses victoires dans une sempiternelle contrition.

 

 

 

 

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Notifiez de
Clamp

@ Monique Bousquet

Je trouve vos remarques fort judicieuses mais presque jusqu’au bout j’ai espéré que vous révèleriez en fin de compte cette fameuse importance stratégique que vous nous avez indiqué, ce qui aurait compensé la carence pédagogique de la prestation gouvernementale. Car justement, ce que j’ai entendu est précisément que cette bataille n’avait aucun intérêt stratégique.

Votre silence sous-entend-il que justement, le seul bénéfice stratégique de cette bataille eut été de nature psychologique ? C’est possible aussi mais j’en serais légèrement amer.

UltraLucide

C’est vrai, en fin de compte, l’enjeu stratégique, quel était-il?

UltraLucide

[url]http://www.histoire.presse.fr/recherche/fallait-il-mourir-pour-verdun-01-11-2004-6193[/url]

Clamp

@ UltraLucide

Merci pour votre lien. J’ai lu et il s’avère que l’enjeu était finalement plus de prendre les allemands à leur propre piège, celui de de leur démesure.

http://www.histoire.presse.fr/recherche/fallait-il-mourir-pour-verdun-01-11-2004-6193

UltraLucide

Les qualités allemandes de constance et de volonté deviennent, en cas d’échec, de très graves défauts d’obstination bornée et d’aveuglement. A Verdun, ils n’ont pas voulu reconnaître en temps utile l’échec de l’idée initiale. D’où le massacre absurde.

Les allemands ne s’arrêtent pas quand ils se cognent la tête contre un mur, mais seulement quand elle est encastrée dedans. Todd a raison, ils entraînent l’Europe vers une nouvelle catastrophe globale. Mais trop de français croient encore à la chimère morte du « couple franco-allemand ».

On le voit bien aujourd’hui dans la dislocation en cours de l’Europe sous leur direction sans partage: Austérité économique absurde, portes ouvertes aux migrations illégales de masse, flirt malsain avec la Turquie islamo-ottomane, soumission à l’OTAN et rupture avec la Russie, etc, etc.

Marcode3

À tous ces jeunes crétins, qui ont – tels des bœufs – piétiné entre les tombes du cimetière à Verdun, je recommande vivement cette vidéo, en espérant qu’à l’avenir ils s’abstiendront de participer à de telles manifestations scandaleuses. Ils verront dans cette vidéo que les Poilus,eux, ne courraient pas sur le champ de bataille pour faire les clowns au son de grotesques Tam-tams africains.
http://www.dailymotion.com/video/x3uv701
Apocalypse Verdun (antenne 2 — durée 1h27)

chris

« Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre. » Citation de Winston Churchill, personnage aux antipodes de François-couilles-molles…!!!

Philippe

C’est certes une victoire mais une victoire à la Pyrrhus !
Nombre de victimes françaises : 163 000.
Nombre de victimes allemandes : 143 000.

Loin de moi l’idée de vouloir chipoter sur les chiffres, mais il me semble que le nombre total de morts, allemands et français, a été de 700.000, et non de 300.000. Peut-être que le décompte dépend de la période considérée ?

Supergoy

Il eut fallu rendre grâce au maréchal Pétain, ce qui est impensable. Ce que j’aurais aimé c’est qu’on profite de l’occasion pour transférer ses cendres à Douaumont. Ca aurait eu de la gueule.

cadichon

Trafalgar et non Gibraltar.

La chienlit non merci

Le gros Schwein n’a pas voulu choquer la grosse Bertha.

« Elle a été la projection de la mentalité d’aujourd’hui… »

Entièrement d’accord ! Comme vous, ce n’est pas tant le spectacle lui-même, que le fait qu’on le présente comme pédagogique, que je trouve pour le moins bizarre. Si tant est qu’un spectacle quel qu’il soit puisse être pédagogique dans une telle nécropole, je crois que la seule vue des tombes dans le silence l’est bien plus. Je me souviens, il y a très longtemps, lorsque je suis arrivé par hasard dans un cimetière militaire allemand lors d’une randonnée, il n’y a que le silence qui s’est imposé à moi. Mais de nos jours, on dirait que le silence est devenu obscène.

Quant aux britanniques lors de la commémoration de la Somme, j’espère que vous n’êtes pas trop optimiste, on verra…

Je me souviens, dans ma jeunesse, j’en avais rencontré un, un anglais vétéran de la Somme. Il m’avait juste raconté son histoire, et ça avait suffit pour m’impressionner profondément.

mfh

à l heure ou on réplique aux attentats avec des fleurs et des bougies,il n est pas question d évoquer qu il y a un siecle on se battait pour se défendre…des fois que ça donne des idées à un peu trop de monde…