Vers des régimes autoritaires en France et en Europe ? (1)

Publié le 21 août 2019 - par - 13 commentaires - 1 996 vues
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Irnerio Seminatore, président de l’IERI (Institut européen des relations internationales), nous a proposé une passionnante contribution sur la possible dérive des démocraties européennes vers des régimes autoritaires. Vue la longueur de son texte, nous avons choisi de le passer en trois fois. Voici donc, après la table des matières, la première partie. 

TABLE DES MATIÈRES

Introduction. Corruption et changement des régimes politiques

La crise des fondements, le déclin français et la tentation autoritaire

Régimes égalitaristes et régimes hiérarchiques

La souveraineté et ses interprètes, Tocqueville, Rousseau et C.Schmitt

Macron, la France et l’Europe

La démocratie est-elle en danger ?

La dérive autoritaire de la démocratie

L’affaiblissement de l’esprit de liberté et la transformation de l’État démocratique en l’État bureaucratique.

Sur le rôle de la « Formule politique »

Guerre et liberté

Sur la crise des démocratie et l’évolution vers des régimes autoritaires

États et violence politique

Les menaces portées contre la démocratie : un tabou de la communication politique

La recherche d’un ordre alternatif

Essor et évolution des régimes autoritaires en Europe

La « Nouvelle frontière » de l’Europe, le souverainisme

Souverainisme et populisme. Stratégie et tactique

La révolution numérique et le contrôle social

Phénomènes de normalisation, de violence et de sanction du XXIe siècle

Michel Foucault et sa « notion d’homme »

La folie et la mort. Le suicide d’Hamlet à Elsinor


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Introduction. Corruption et changement des régimes politiques

Dans une période de « fake news » et de perversions sémantiques, est-il surprenant de se révolter contre le chaos ou l’anarchie, là même où d’autres y voient la démocratie, la liberté d’expression et l’égale condition de la nature humaine ? Quelles preuves apporter à la marche vers des régimes autoritaires, sinon des exemples de conduite déviante, par rapport à des normes et des pratiques ancrées dans une tradition, ou dans une préférence politique héritées du passé ? Passant à la formulation d’hypothèses crédibles, le besoin d’ordre et de sécurité peut-il être compris intuitivement comme demande de protection, face à des grandes crises d’autorité ou, en revanche, comme angoisse sociale, difficile à affronter avec les moyens du débat et de l’intégration et exigeant plutôt ceux de la force et de la répression ?

Or, comprendre la transition actuelle des démocraties vers des régimes autoritaires, c’est faire référence à trois types d’explication :

– d’ordre historique

– d’ordre politique et culturel

– d’ordre sociologique, scientifique et psychologique.

Pour le premier type, je retiendrais l’explication classique, celle de la décomposition de la démocratie et de la théorie des cycles historiques.

Pour le deuxième, la crise des fondements, la conception du pouvoir et l’affaiblissement de l’esprit de liberté.

Pour la troisième, celle des systèmes de contrôle et de manipulation des opinions et de la disponibilité des masses à l’asservissement vis à vis d’un maître.

Des éléments des trois critères se retrouvent dans l’impossible conciliation de la souveraineté étatique, de la liberté individuelle et des convictions populaires, qui définissent le pouvoir démocratique. Ainsi permanence et discontinuité s’en trouvent bouleversées et besoin et inquiétude du changement, intimement liées. Cette situation affecte la conception héritée de la démocratie et augmente la séduction des régimes autoritaires, tenus pour naturels et parfois nécessaires.

En effet, dans le courant des derniers deux cent cinquante ans, nous sommes passés, en Europe, des monarchies de droit divin à des monarchies constitutionnelles, puis à des républiques présidentielles et, au XXe siècle, après deux grandes révolutions, communiste et national-socialiste, à l’ère des tyrannies, pour adopter enfin, à cheval sur le XXIe siècle, l’âge des démocraties.

Suite à la défaite des pays totalitaires, à la dislocation des empires et à la décolonisation du monde dans la deuxième partie du XXe siècle, nous sommes devenus de colonisateurs, colonisés et l’hétérogénéité des traditions historiques s’est transformée en une uniformisation forcée des conceptions politiques.

Par ailleurs, et comme conséquence du processus de mondialisation, qui a accompagné l’effondrement du communisme soviétique, le pouvoir occidental s’est assuré du consensus des peuples par l’idéologie de l’élargissement de la démocratie.

Or, le trait commun de celle-ci a reposé en Europe sur la dispersion des fonctions d’autorité et, plus de toute autre, de l’autorité souveraine, individuelle ou collective. Au sein de l’Union européenne, la souveraineté est en fait partagée entre oligarchies bureaucratiques multiples, qui cachent le polycentrisme des pouvoirs et une gouvernance non élective, se réclamant d’un autoritarisme libéral.

En France, cette dispersion du pouvoir souverain n’a pas tenu compte de la diversité des populations et de conceptions éthiques et civilisationnelles, qui affectent en profondeur l’esprit public, chez les masses et chez les élites et a poursuivi les raisonnements et les pratiques de la tradition républicaine, remaniée par la Ve République.

L’anarchie universitaire et syndicale, prônant la mort de l’État policier, détesté par mai 68, puis le retour au pouvoir du général de Gaulle, accusé de bonapartisme par des intellectuels qui se voulaient sans dieu ni maître, suscita un tournant des opinions à la faveur de l’homme du salut.

Dans de pareilles situations et selon Aristote, les démocraties se corrompent et les guerres civiles naissent, exaspérant les conflits des factions et les rivalités entre les individus et les représentants du pouvoir. Puisque les luttes intestines ne trouvent de limites, ni dans la loi, ni dans les mœurs, devenus sans freins, le libre cours aux détracteurs de l’autorité et à la haine des exclus affaiblissent l’autorité, réclamant à grand voix un changement de régime.

C’est aujourd’hui le cas de Macron qui est au même temps un jacobin, ignorant la raison d’État et un progressiste universaliste, qui méprise l’homme du peuple, bref un souverain, en état de guerre permanente avec ses sujets, de plus en plus hostiles à sa politique.

Selon la vulgata classique, les démocraties sont entraînées vers leur mort et vers l’instauration de régimes autoritaires, lorsque les opinions et les masses, opposées à la classe des privilégiés, se soumettent au pouvoir salvateur d’un chef, populiste ou démagogue, qui les entraîne à la conquête du pouvoir d’État.

Ainsi se succèdent les différentes formes des régimes politiques, qui transforment la liberté en licence et la démocratie en tyrannie, l’excès de liberté entraînant en retour un excès de servitude. Puisque le peuple est animé par des formes dégradées de connaissance, l’apparence, les préjugés et les passions, Aristote en concluait que la meilleure forme de gouvernement est le régime mixte, une composition de démocratie et d’aristocratie, option qui sera reprise par Machiavel à la Renaissance et à laquelle, dans les premières décennies du XXe siècle, Pareto, Mosca et Michels adapteront la théorie des d’élites dans le but d’étudier la stabilité des partis politiques et la tendance oligarchique des démocraties.

La crise des fondements, le déclin français et la tentation autoritaire

En ce qui concerne le deuxième critère, la conception du pouvoir dans les démocraties d’aujourd’hui, celles-ci ne peuvent rester indifférentes à la crise des fondements, les principes premiers et ultimes de l’autorité de commandement, le consentement volontaire ou la rigueur de la loi. Or une crise des fondements est avant tout une grande crise intellectuelle et morale, une crise de foi, de sens et de société,bref une remise en cause des paradigmes, engendrant une énième subversion de la conscience européenne.

Elle met en cause le passé, le présent et l’avenir et concerne le peuple dans son ensemble. Le choix qu’elle implique appartient-il au « demos », au souverain, ou à Dieu ? À la démocratie ou au pouvoir suprême ? À l’histoire ou à la politique ?

La crise actuelle engage en profondeur la responsabilité du citoyen et, puisque le pouvoir de commandement implique « l’obéissance » des sujets, qui est la consistance effective de la souveraineté, le régime politique confronté au problème de l’adhésion volontaire tirera une grande difficulté de la division du peuple, qui se niche dans la composition même de celui-ci. Un peuple aux deux identités, dont l’âme se divise en deux inimitiés existentielles, dictées par la pluralité des Dieux, est un peuple déchiré entre deux obéissances, à la loi divine, par sa nature universelle, et à la loi politique, par sa nature séculière et nationale.

C’est la situation de la France d’aujourd’hui, la France, jadis pays-guide de l’Europe et actuellement déchirée par la présence sur son sol de deux civilisations hostiles, irréconciliables et en état de guerre virtuelle.

Or, les régimes politiques existants sont l’expression, dans la Gaule et en Europe, d’une seule culture collective, des mêmes sentiments ancestraux, ou , en d’autres termes, de la même foi en Dieu, en la loi et en l’homme de raison.

Le déclin français, commencé en 1789, avec la « Grande Révolution », le rabaissement de la noblesse et l’hiver démographique, se poursuit avec l’égarement de ses croyances anciennes, qui justifient aujourd’hui son agnosticisme moral par le primat de la « raison » et par l’absence de principes d’ordre métaphysique, exaltant une sécularisation dévoyée et une Église ouverte à l’Islam.

Il continue avec Macron, épris par un aveuglement historique, qui, en mal de stabilité politique, a osé l’hérésie sacrilège, affirmant à Lyon que « la culture française n’existe pas et qu’elle est diverse et multiple » ? (6 février 2017). Le but de complaire à une foule inculte, maghrébine et barbaresque, étrangère à l’histoire du pays, l’a trahi dans l’oubli que l’unité culturelle garantit et préserve l’intégrité d’une nation.

Pouvait-il sacraliser autrement une République sans unité, sans hiérarchie et sans Histoire, qui a remplacé les révolutions par les invasions, changeant de visage à la barbarie ?

Or, puisque toute solution politique est l’usage combiné de l’autorité, de la loi et de la force, comment la « classe politique » pourra-t-elle réagir à la révolte des masses, offertes par son Prince à toute tentation et à tout reniement ?

Du même coup, le rassemblement du tiers état, la plèbe moderne des vieux Français des terroirs, des petits commerçants et chômeurs, rejetés par une mondialisation dévastatrice, mobilisant révolte et envie de réformes, a consenti aux ennemis du peuple, les Black Blocs ou les islamo-gauchistes, d’utiliser au sein de ce mouvement la violence et la subversion.

Cette convergence entre le légitime et l’illégitime, a corrompu l’adhésion du peuple et a justifié la riposte autoritaire de Macron, qui n’a pas la religion de la gloire de Louis XIV, ni celle de la grandeur de De Gaulle et qui ne sait combiner l’alliance traditionnelle du Roi et du tiers état, en associant les deux formes politiques, par lesquelles se décomposent aujourd’hui les démocraties, l’oligarchie mondialiste et la tyrannie monarchiste.

Le combat contre la ruine de « l’esprit français », si patente de nos jours, avait pourtant débuté à Londres en juin 1940, dans le but de maintenir la France occupée, dans un état de liberté d’esprit contre les formes variées de séduction et de soumission intellectuelles venant de l’occupation allemande, car « l’esprit français » ne se concevait, à l’époque, que dans son lien avec une nation libre et dans la lecture d’une histoire engagée, qui partagerait le corpus philosophique de la liberté.

Le débat sur la démocratie et les régimes autoritaires ouvre aujourd’hui une nouvelle page à la réflexion politique, en France et en Europe et touche toutes les classes et toutes les générations, car les enfants du siècle ne combattent plus pour la vertu ou pour la patrie, mais pour le pacifisme, les migrations illégales ou les droits de l’homme.

Régimes égalitaristes et régimes hiérarchiques

En effet le changement de paradigmes a fait tourner la page de l’égalité, du bonheur et des désirs des citoyens, qui avaient constitué autrefois les piments de l’utopie.

L’époque contemporaine est particulièrement touchée par une revendication d’uniformité et d’hostilité à l’ordre établi et par une réceptivité désarmante vis à vis des vitupérations et des demandes sociales. En effet ces dernières laissent un grand espace à la disponibilités des masses pour croire aux nouvelles prophéties et au vieilles lubies égalitaristes.

Ces masses, qui ne font plus confiance à des philosophies salvatrices, fussent-elles dialectiques et qui ont quitté les partis politiques, constituent le terrain de chasse privilégiées de l’intime corruption de la démocratie, l’apolitisme et la logique des privilèges, apanage des parvenus et des arrivistes.

Celle-ci constitue la semonce captivante de tous les courants et de tous les hommes, qui vendent sur la scène politico-médiatique, leurs alchimies du renouveau et des promesses, non certifiées, du futur.

L’aveuglement dans la fiction de l’égalité s’est particulièrement développée au sein de l’opposition entre les deux camps, de la société civile et de la société politique, autrement dit de la fraternité introuvable et de la rivalité irréductible, en corrompant au même temps l’idée d’Europe.

La souveraineté et ses interprètes, Tocqueville, Rousseau et C. Schmitt

Avec l’évolution des systèmes de pouvoir contemporains, la dictature des majorités, que Tocqueville craignait venir de l’uniformisation des conditions en Amérique se renverse de nos jours en la tyrannie des minorités, puissamment portées par la désagrégation de la vie sociale et la corruption de la vie parlementaire. En effet si la tyrannie de la majorité a pu apparaître jadis menaçante, la phénoménologie contemporaine prouve que ce sont les revendications minoritaires à afficher le plus grand danger pour le bien commun.

Ce sont en outre les minorités qui prétendent dissoudre le concept de « genre », ou de « nature » (homme,femme), pour le soumettre totalement à celui de société, au sein d’un processus historique, qui tend vers l’égalité des citoyens.

Cette civilisation égalitariste, dans sa dimension multiculturelle entraînerait un mutation anthropologique, où les différences ne seront plus légitimes et il en résultera une nouvelle humanité, dans laquelle les minorités s’emploient à définir autrement la société et à changer les codes et les dictionnaires du langage courant, de même que les délits et les peines de la jurisprudence et de la loi et où le concept de « nature » disparaîtra par l’effet de la « volonté générale » et du « contrat démocratique ».

De telle manière les revendications minoritaires , promues sous le drapeau de l’égalité, pourront dissoudre les identités nationales et les communautés d’origine.

Or, la « souveraineté » défendue par Tocqueville, comme capacité d’autonomie politique et d’auto-organisation sociétale, hors de tutelles étrangères, n’ est guère la « souveraineté » de la volonté générale de Rousseau, le genevois misogyne, inspirateur de la révolution française, destructrice de tout ordre hiérarchique et père des dogmes démocratiques du républicanisme de la IIIe République.

Elle n’est pas non plus celle de C. Schmitt, dernier représentant du « Jus Publicum Europaeum », penseur du décisionnisme et de la souveraineté, incombant sur « celui qui décide de l’exception, en situation d’exception ». La souveraineté de Carl Schmitt, qui s’inscrit au cœur de la lutte à mort de l’ami et de l’ennemi, comme essence du politique, prône en effet, en situation de danger, l’unité de tous ceux qui se rassemblent et qui sont liés par une origine et une amitié homogènes, excluant ceux qui sont étrangers à l’ordre politique national et se comptent aujourd’hui par millions.

Macron, la France et l’Europe

Or, dans l’hypothèse de crises plus violentes,la faiblesse de Macron et la dissolution de la France et de l’esprit français s’inscrivent dans l’impossible conciliation, au cœur l’unité « indivisible » de la nation, de l’universalisme extrémiste et de l’immigrationnisme débridé du Prince. Conciliation politique et institutionnelle qui exigerait la soumission de tous au pouvoir régalien, afin d’assurer la paix civile, face à la menace latente de la désunion et de la subversion internes.

Personne n’osera réduire la démocratie au seul suffrage, fût il plébiscitaire, ni le suffrage à la divinisation du peuple, fût-il le « peuple élu ».

Selon l’institution monarchique, réhabilitée par la république présidentielle, un peuple n’est uni que sous son souverain, seul en mesure d’assurer la concorde civile.

Mais le péché historique de la France, c’est d’avoir brisé l’unité de la nation, à l’époque de la Réforme protestante vis à vis des huguenots et de leurs collusions supposées avec la Hollande et l’Angleterre, hier avec le Front populaire et l’Union soviétique et après la guerre, avec les socialismes et les pays de l’Est, aujourd’hui avec l’Islam et les États sunnites et wahhabistes, ennemis latents et permanents du pays.

Dans cette république querelleuse et insoumise la démocratie, antidote de la monarchie ou du pouvoir monocratique, a-t-elle besoin d’un chef providentiel, maître, despote, ou barbare qui s’élève au-dessus des factions et incarne l’autorité et la concorde ?

Au cœur de troubles et difficultés multiples, Macron tend vers un point d’équilibre entre l’ordre libéral global et l’égalitarisme islamo-libertaire, ou encore, entre la modernité administrative et les nouvelles aristocraties républicaines.

En tant qu’expression des bourgeoisies françaises de droite et de gauche, il ne peut conjuguer l’inimitable exaltation pour la primauté de l’Amérique de Trump et le caractère russe de Poutine.

S’il lui est impossible d’intégrer ou d’anéantir l’Angleterre, tournée vers le grand large, Macron tâche de voir dans le Brexit une occasion de nouer avec l’Espagne et de prendre à revers les pays de Visegrad, par une politique d’entente avec la Serbie et les Balkans occidentaux, en humiliant l’Italie, qui sera le premier rebelle du giron des pays subordonnés au joug de l’Union germano-américaine.

C’est la peur d’une surprise stratégique d’ampleur historique, la révolte islamique, qui  lui interdit de reconnaître dans l’ennemi intérieur le perdant de la bataille de Roncevaux, qui marche désormais sur les Champs-Élysées.

De surcroît et par un coup de poker, après avoir affronté les Gilets jaunes et guillotiné le vieux système des partis, Macron est apparu en Europe, après les élections, comme le seul faiseur de rois et le seul créateur de légitimité vis-à-vis des institutions européennes.

L’accord de compromis avec une Merkel sans vision et sans avenir pousse la France de Macron vers un modèle de société autoritaire, sans lui éviter de devenir, face à une Allemagne à l’hégémonie réluctante, la plus importante province du sacré romain empire germanique, version post-moderne.

Par ailleurs l’approche rajeunie de la concertation franco-allemande pourra-t-elle rester le pivot d’une asymétrie stabilisée et définitivement acquise , ou bien deviendra-t-elle le soutien principal d’un jeu de bascule du leadership, porté par un homme, qui s’est forgé une image iconoclaste de la liberté des peuples et du pouvoir des États ?

La démocratie est elle en danger ?

L’effondrement de la social-démocratie en Europe et la politique néo-libérale, visant à absorber l’électorat conservateur, s’exprime en France par une pratique de restriction du contrôle parlementaire. La crainte de déstabilisation du pouvoir est le principal fondement de l’autoritarisme d’État. Puisque l’appareil d’État s’est évanoui face à la triangulation instable, d’une gauche affaiblie et d’une droite attirée par le Rassemblement National, le centre accapareur de Macron, dépourvu d’une base sociale propre, glisse vers une politique néo-libérale de type autoritaire, dans le but de rendre impossible une compétition électorale « équitable » et de puiser dans le réservoir électoral des droites conservatrices.

Pour atteindre cet objectif, le mécanisme électoral de la Ve République donne au regroupement politique gagnant un poids politique disproportionné dans les instances représentatives. Face à une opposition éclatée, à une presse largement favorable et à des médias qui totalisent des parts d’audience considérables, lui permettant de régner sans partage, la seule figure absente est, comme il le dit en 2015, « la figure du Roi ».

D’où son modèle monarchique et son mépris du peuple. Dans cette situation la transformation de la France en exemple de l’Europe s’inscrit dans l’approfondissement du néo-libéralisme et dans une réforme du droit du travail, »flexibilisé », suivant les recommandations du FMI et de l’OCDE. « There is not an other choice », expliquera-t-il dans une interview à la presse anglo-saxonne. Or, à l’échelle internationale, l’enjeu du siècle pour la France, comme pour l’Europe est la transformation du monde par la révolution scientifique et technique. Ainsi, le but de la France de demain est de devenir « une Start Up nation ». Cependant, au ralentissement de la croissance et au caractère de plus en plus insupportable des inégalités, la stratégie du pouvoir évolue vers la réalisation de réformes structurelles, qui puissent favoriser, coûte que coûte, la compétitivité du pays. Le succès de ce chantier de réformes repose sur une grande fusion des nanotechnologies, biotechnologies, réseaux intelligents et objets connectés. La République en marche, dans l’esprit du Prince, devient le synonyme d’un monde en marche vers l’avenir.

Irnerio Seminatore

(à suivre)

 

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Notifiez de
franta

Vers des regimes totalitaires qu est ce qu il vous faut des massacres de masses un geneocide ? c est trop tard pour les francais il fallait reagir en 1962 avec les accords d evian ou en 1975 ave cle dialoguie euro arabe de VGEstaing … c’est trop tard ils seront 15 millions dans 10 ans …dont 80 % de jeunes alors que la population de la France en 2030 aura 25 % de plus de 65 ans …. le meme nombre de jeunes qu’eux

Vincent

Salvini brasse du vent, il vire 100 migrants et il en laisse rentrer 500, de plus depuis qu’il est arrivé au pouvoir, malgré ses promesses électorales de lutter contre les délinquants immigrés il ne fait rien pour lutter contre la mafia nigériane, il fait arrêter 3 pelés et un tondu devant les caméras et laisse la majorité prospérer en toute impunité: https://criminal-society.blogspot.com/p/black-axe-hache-noire-est-le-nom-de-la.html

Patapon

Macron,un César sans ses légions,un Roi sans l’onction,un « prince »de papier,vil exécuteur des basses œuvres oligarchiques.Un Autan courroucé le balaiera comme fétu,déteste par un peuple qui n’a jamais pardonné aux présomptueux.La démocratie en danger? Fi donc! Depuis le Gal de Gaulle,monarque sans couronne,elle n’a apporté que désillusions,reniements,filoutages.Qui peut encore y croire après le déni du référendum de 2005? Sarkozy,par le traité de Lisbonne ,lui a porté un coup fatal.La démocratie représentative est morte.Que périssent avec elle les voyous qui l’ont instrumentalisee,en même temps qu’ils la dévoyaient.

le Franc

il y en a un ici qui cause maintien d’une « cohésion » ; cette dictature inévitable ne pourra se mettre en place qu’en tapant sur du Blanc puisque jusqu’à présent, toute la casse, viols et meurtres commis par l’ext-gauche et immigration afromaghrébine n’ont inquiété d’1 poil les structures capitalistes de domination en europe ; en revanche, tout ce qui fleure bon l’Identitaire, Nationalisme, ou simplement un geste d’autodéfense a-racial pour le quotidien amène ces structures à déclencher le « plan -anti -peste -brune ».; ce ne sont ni les b-blocks, ni les attentats musulmans, ni les voitures cramées, flics combattus, ni les agressions gratuites quotidiennes anti Blanches qui emmerdent les autorités, ce sont les Gilets Jaunes historiques, ou « des » groupes informels  » qui n’ont pas bougé.

POLYEUCTE

Un peu indigeste….
Pour aller dans votre sens, concernant Macron et sa Start Up France, il est atteint d’intelligence….artificielle !

Sampaix

Ca etonne qui? De fait on pourait penser que ces politicards sont les meilleurs emules de Goebbels, et ca fait un baille que ca dure.

Paskal

Sauf contexte historique particulier, dans un État multiracial, donc multiraciste, il faut un pouvoir fort pour maintenir la cohésion. On peut le regretter.

PIstou

Ils sont pas beaux nos 3 connards de traître sur la photo. J’espère que ces 3 nullités finiront comme leur modèle et dans un futur proche.

Laurent Barre

Oui, la démocratie est en danger. Il suffit de voir comment se comportent les politiques, les journalistes, la justice, etc…

Marnie

La perte de nos repères, le désamour et le rejet de notre pays par les « zélites » et une partie de la population appellent à un désir d’ordre et d’unité par la force si cela devient nécessaire. Gare à la casse car qui en ressortira vainqueur ? !

Vive Duterte

Quelle insulte pour le général Pinochet de se voir aux côtés du « général » Pine au cul alias macrondello , lider minimo de la France !

kinns

La photo de gauche est quand même plus sympa.

patphil

la ressemblance avec castaner est flagrante