Vers des régimes autoritaires en France et en Europe ? (2)

Publié le 22 août 2019 - par - 14 commentaires - 881 vues
Share

Irnerio Seminatore, président de l’IERI (Institut Européen des Relations Internationales), nous a proposé une passionnante contribution sur la possible dérive des démocraties européennes vers des régimes autoritaires. Vue la longueur de son texte, nous avons choisi de le passer en trois fois. Voici donc, après la table des matières, la deuxième partie. 

TABLE DES MATIÈRES

Introduction. Corruption et changement des régimes politiques

La crise des fondements, le déclin français et la tentation autoritaire

Régimes égalitaristes et régimes hiérarchiques

La souveraineté et ses interprètes, Tocqueville, Rousseau et C. Schmitt

Macron, la France et l’Europe

La démocratie est-elle en danger ?

La dérive autoritaire de la démocratie

L’affaiblissement de l’esprit de liberté et la transformation de l’État démocratique en l’État bureaucratique.

Sur le rôle de la « Formule politique »

Guerre et liberté

Sur la crise des démocratie et l’évolution vers des régimes autoritaires

États et violence politique

Les menaces portées contre la démocratie : un tabou de la communication politique

La recherche d’un ordre alternatif

Essor et évolution des régimes autoritaires en Europe

La « nouvelle frontière » de l’Europe, le souverainisme

Souverainisme et populisme. Stratégie et tactique

La révolution numérique et le contrôle social

Phénomènes de normalisation, de violence et de sanction du XXIe siècle

Michel Foucault et sa « notion d’homme »

La folie et la mort. Le suicide d’Hamlet à Elsinor

La dérive autoritaire de la démocratie

Première partie

https://ripostelaique.com/vers-des-regimes-autoritaires-en-france-et-en-europe-1.html

Le stimulant de ce nouvel horizon technologique est le succès des « meilleurs ».
Or, l’obstacle le plus préoccupant de cette démarche générale est l’extension des inégalités, à surmonter par un autoritarisme déclaré, qui délaisse « le bavardage législatif », par une limitation des débats parlementaires, l’adoption de procédures accélérées pour l’examen des projets de loi, la restriction du contrôle parlementaire, le « secret des affaires » et une marge de manœuvre de plus en plus large de l’appareil répressif et des forces de l’ordre. À titre de rappel, la demande au Parlement de la part du président Macron d’adopter une loi qui limite la liberté de manifestation et la présomption d’innocence. Cette politique dure, dangereuse et risquée est ce que l’on peut définir comme la dérive autoritaire de la démocratie et la preuve irréfutable de son étouffement.

L’affaiblissement de l’esprit de liberté et la transformation de l’État démocratique en l’État bureaucratique.

Sur le rôle de la « Formule politique »

In fine, la référence classique de toute tentation autoritaire demeure l’affaiblissement de l’esprit de liberté, qui se mesure aujourd’hui aux dispositions de plus en plus restrictives sur le désaccord politique. C’est de cet affaiblissement que meurent partout les démocraties modernes. Certains parleront de lois liberticides, à propos de la liberté d’expression, d’autres de censure sournoise, d’autocensure, de chasse aux sorcières, ou de manipulations médiatiques.

En effet, cela se produit lorsque la méfiance, le pessimisme ou la peur de l’ennemi politique s’infiltrent dans nos craintes collectives et c’est là que la liberté se meurt et décline. Les régimes de liberté se meurent également de la désagrégation de la « formule politique », autrement dit du ciment moral, de la croyance collective et de la volonté présumée d’un peuple de pouvoir surmonter les épreuves de l’Histoire, en s’appuyant sur la fidélité à une tradition ou sur la confiance à un chef providentiel. La désagrégation de ce moment de grâce jette un éclairage sur les difficultés d’une situation, bloquée par une impasse de nature politique ou intellectuelle et qui, en harmonie avec l’esprit du temps, avait permis la mobilisation collective autour d’un projet de renouveau, soufflant au même temps dans le cœur de chaque citoyen.

Ce fut le cas des résistances à l’occupation allemande et à la reconstruction nationale.porteuses de grands espoirs de libertés.

Ce n’est plus le cas d’aujourd’hui, où la « formule politique » se grippe dans la transformation  du pouvoir en régime autoritaire, engageant la mutation des États démocratiques en États bureaucratiques, des États dans lesquels ils est interdit de penser et d’avancer, car il ne faut qu’appliquer.

Le cas exemplaire est celui des institutions supranationales comme l’Union européenne, à la double légitimité, nationale ou populaire et supranationale ou oligarchique.
Ici le problème non résolu est celui du renouvellement des élites de direction, les « top jobs », en situation de mixité et de jonction des formes d’État et des formes de régimes.
Dans ce cas la « formule » (alliance ou compromis), doit garantir la fonction d’équilibre entre les impulsions stratégiques des chefs d’États et de gouvernement (légitimité étatique ou oligarchique) et les responsabilités d’exécution des bureaucraties supranationales (légitimité hiérarchique, et, en son aspect confirmatif, démocratique).

La « Formule politique » doit trouver ici la clé de la compatibilité institutionnelle entre l’option autocratique (désignation par le haut) et l’option démocratique (confirmation par le bas).

Il semble évident, dans des conditions si restrictives, que le recrutement des nouvelles élites laisse une marge de manœuvre très réduite aux nouveaux dirigeants et les rend davantage tributaires d’une « acquiescence » hiérarchique, qui les éloigne des revendications des peuples, en restreignant leur autonomie de jugement et en éteignant leur conscience historique.

Cette incompatibilité des deux niveaux de la représentation et de la légitimité engendrera une énième difficulté en situation de conflit civil ou militaire, car la différente composition, de structure et d’idéologie, des partis politiques nationaux, opposera les différentes formations politiques, à base ethnique et à idéologie racialiste fort dissemblables, tant à l’échelle européenne que dans le domaine de la politique étrangère et de sécurité.

 

Guerre et liberté

La prévisibilité d’un conflit désigne une situation dans laquelle on peut cerner la valeur de la liberté, entendue comme principe de gouvernement. En effet l’anticipation d’un danger réunit et symbolise toutes les autres formes de libertés et tout ordonnancement des activités humaines.

Le conflit civil aux portes, où sera jouée la liberté française et européenne, ainsi que leurs régimes politiques, n’est pas seulement un affrontement de tendances, où s’expriment les formes de soumission de l’humanité aux grands cycles historiques de la paix et de la guerre, mais une lutte à mort entre deux peuples et deux civilisations hostiles, vivant en cohabitation forcée, le peuple de souche et la civilisation française d’une part et les immigrés et la civilisation de l’Islam de l’autre, sur un même sol métropolitain à conquérir, la terre des Francs.

Ce conflit s’exprime par des manifestations multiples d’insoumission, de révolte, de violence symbolique, de rejet intellectuel et moral, de haine et de mépris déclarés.

Or la liberté de tout un peuple est un enjeu à gagner à chaque instant, car la préservation de la paix est le but principal d’un gouvernement. Le paradoxe français est que beaucoup de politiciens et d’intellectuels , en bons héritiers du rationalisme cartésien, ne partent pas des faits et des constats pour s’élever au monde des idées et aux grandes proclamations idéologiques, mais prétendent établir, en humanistes cosmopolitiques, un équilibre humain rationnel, fondé sur un dialogue et une entente utopiques, plutôt qu’un équilibre humain naturel, enraciné sur un antagonisme profond, entre les deux âmes du pays. Ce procédé intellectuel est un suicide ou un acte génocidaire, car il accorde à l’ennemi l’espoir d’une victoire à la portée.

Au plan historique le déferlement de migrants et de leurs progéniture ont autant d’importance, sinon plus grande, que les ambitions ou la gloire des princes. Or le Prince, incapable comme tout homme de tenir le juste milieu, penche raisonnablement vers l’illusion d’une impossible concorde civile.
Lui, et avec lui, les autres gouvernants d’Europe, à commencer par Mme Merkel, ne pensent pas, suivant Machiavel, pouvoir gouverner la moitié de leurs œuvres, qui relèvent de leur « Virtù », puisque ils ne peuvent maîtriser l’autre moitié, qui est assignée à la « Fortuna », ou au Hasard.

Par ailleurs, du point de vue de la politique mondiale, ils n’arrivent pas à partager l’idée kantienne que le conflit et la guerre « se greffent sur la nature humaine » et que la forme d’éthique la plus élevée consiste à dominer cette causalité d’origine (différenciations de société), comme fondement du gouvernement des hommes (hostilité politique).

Les esprits de ces gouvernants sont dominés par l’individualisme moral et l’illusion du cosmopolitisme, qui sont les deux visages d’un même renoncement, à la logique de la raison ou à celle de l’histoire. Au sein du couple franco-allemand, cette antinomie se manifeste par l’obsession d’un discours sur les valeurs, sans substance éthique, qui ne tolère pas de répliques et de dissensions et qui freine la liberté des débats. Les représentants de ce couple feignent d’ignorer que la relation de peuple à peuple est une relation d’inimitié et donc de guerre. Cette relation est ainsi occultée et refoulée et alimente les dérapages de la pensée unique, de telle sorte qu’elle obscurcit la capacité de discerner l’essentiel (la lutte politique), de l’accessoire (la concorde civile) et l’amour pour l’ordre des excès violents de la liberté.

Devant les deux formes d’Histoires qui sont devant  nos yeux d’Européens, l’Histoire de la conscience et l’Histoire réelle, la première, dans le langage de l’Union, prend la forme idéologique de l’apologie et la deuxième celle, dramatique, des antagonismes, qui sont à la racine des choix mortels de l’Union.

 

Sur la crise des démocratie et l’évolution vers des régimes autoritaires

Si les démocraties occidentales évoluent vers des régimes autoritaires, c’est que l’on peut identifier dans ce cheminement plusieurs parcours.

Le premier et le plus important est la crise des systèmes représentatifs, fondés sur la légitimation du pouvoir par le suffrage, sur le système des contre-pouvoirs (la balance of power) et sur un corpus acquis d’assurances de libertés. Or, bon nombre de polémistes, (S.Levtssky, D.Ziblatt, D.Runciman, Y.Mounk) revendiquent le recours à un même paradoxe ; l’utilisation des institutions démocratiques de la part des détenteurs des pouvoirs globaux, pour mieux dénier la volonté populaire, ou sa fiction.

Les moyens pour y parvenir sont la montée en puissance de la manipulation, la « désinformation » et la constitution d’un réseau d’outils de surveillance, perfectionnés et sournois, pour contrôler et prévenir une remise en cause des positions dominantes.

C’est à ce point qu’une interrogation rapproche singulièrement ces auteurs, celle d’un questionnement commun et capital:

« Comment meurent les démocraties »

Après avoir décrit les moyens et les méthodes des nouveaux fauteurs de l’économie numérique, ces auteurs soulignent l’importance croissante de l’autorité immuable de l’administration des choses, qui pousse à la création d’un État autoritaire, sur une base organisationnelle à caractère numérique.

 

États et violence politique

Il y a des signes qui ne trahissent pas, la neutralisation des consciences, la dépolitisation de la vie publique et l’élargissement de la censure, bien au-delà des dispositions législatives et des enjeux de politique immédiate, préfigurant une véritable « police de la pensée ».

Or, si les démocraties évoluent vers des régimes autoritaires derrière des formes d’un pluralisme de façade, c’est que la limitation des libertés d’expression est l’une des preuves de l’intolérance vers les dissensions et que la confiscation du pouvoir se cache derrière le contrôle étroit de l’appareil d’État.

En effet, l’intrusion opaque du pouvoir bureaucratique prend une place nouvelle dans l’innovation technologique, sous la pression de la radicalisation de la société et des conditions de guerre civile, dans lesquelles se répandent des formes de violence spécifiques, celles du terrorisme islamique, de l’insoumission populaire et des réseaux sociaux.

Cette convergence des formes de la violence, interne et extérieure, crée les conditions d’une escalade, qui affaiblit l’autorité du pouvoir, la légitimité des ripostes et la stabilité des régimes politiques, mettant en échec les institutions et les procédures de l’État de droit.

Dans cette situation, une partie considérable de l’establishment intellectuel pointe du doigt les différentes phénoménologies de la crise et identifie sa causalité prioritaire dans un populisme montant, responsable, dans leur lecture, de la dislocation de l’ordre libéral, au moyen de coalitions antisystème de plus en plus vigoureuses.

D’autres voient dans cette crise une double corrélation, celle de la place prépondérante du multipolarisme dans les relations internationales et celle du sinistre rattrapage du passé sur le présent. En particulier, de la grande crise européenne des années trente, dont un présage troublant serait à voir dans le Brexit.

 

Les menaces portées contre la démocratie : un tabou de la communication politique

Or, contrairement à ces cassandres, le probable « vrai » danger qui menace les démocraties est le tabou, entretenu par la pensée unique sur l’Islam, le terrorisme islamique et la révolte croissante des populations musulmanes installées en Europe et en Occident, dont la guerre proclamée, le djihad, prendra bientôt la forme tragique d’une « surprise stratégique ».

Le défi de la guerre civile imminente n’est pas atténué par l’absence, chez les musulmans, d’une conscience collective organisée ou d’un discours révolutionnaire explicite et cohérent, comme cela s’est produit aux États-Unis dans les années cinquante/soixante avec MalcomX et Martin Luther King, les deux leaders historiques de la révolte violente et de l’intégrationnisme pacifique. L’absence de réflexion sur leurs conditions d’assistés en France ou en Europe interdit aux intellectuels musulmans d’aller au- delà d’une sorte d’agnosticisme moral et d’un malaise psychologique, qui les prive de l’énergie et de la responsabilité d’un engagement citoyen, de la carence d’un leader charismatique et du mythe d’un combat mobilisateur pour la liberté et pour l’affranchissement de leur marginalité et de leur subordination endémique.

La raison en est le manque de courage intellectuel et la crainte d’une « vendetta » raciale.

L’absence des musulmans du système politique, en tant qu’entité sociologique aux intérêts propres, déclasse toute une communauté de la bataille politique et parlementaire et pousse le système représentatif vers un autoritarisme hypocrite dans le meilleur des cas, et vers l’extrémisme nationaliste et raciste dans l’autre.

L’apartheid incomplet de cette communauté ne peut être combattu ni au nom de la liberté, ni au nom de l’intérêt général, car il fonde l’équivoque d’une condition ambiguë sur les concessions accordées par une partie du système politique, les socialistes et les démocrates « sincères », qui veulent profiter d’une clientèle à leur botte sans soumission à l’État républicain.

Irnerio Seminatore

À suivre

 

Print Friendly, PDF & Email
Share
Notifiez de
daubade

quel bande de cinglés !!!!!!!

POLYEUCTE

Autoritarisme est la réponse à Populisme.
Structures étatiques contre Peuple.Le temps des Juges.
Souhaitons que le Peuple l’emportera !
Pas sûr… Reste l’Armée…

amril

https://www.valeursactuelles.com/politique/un-conseiller-dedouard-philippe-jadis-membre-dun-parti-neofasciste-110113
Et ces salauds accusent le RN d’être facho, le con de franchouillard fonçant dedans tête baissée.
Drôles d’oiseaux.

reuri

Le pire c’est qu’une grande majorité de français s’en fichent, ils sont à ce point infantilisés qu’ils sont contents d’avoir une uerss.

Sonja

Ce sont les 53% de français qui n’ont pas voté qui sont responsables de notre liquéfaction. Ils se sont laissés dicter leur opposition par les médias inconséquents et sans scrupule en diabolisant le RN. Élu à 24% Haï par 70% des citoyens français… Et si demain il fallait re-voter, il serait ré élu par 24% des mêmes lâches et traitres. Et les imbéciles n’iraient pas voter alors qu’ils pleurent…

patphil

démocratie à l’italienne : un juge décide d’autoriser un navire de migrants à accoster en dépit d’un décret gouvernemental
démocratie à l’anglaise, un journaliste, tommy robinson en tole pour la deuxième fois pour critique d’un jugement de cour
démocratie à la française, des manifestants éborgnés, des morts , mais un cas personnel, j’ai tenté de m’inscrire pour voter au référendum sur la privatisation des aéroports de Paris, refusé car ma carte d’identité était périmée depuis deux ans (et non renouvelable avant 3 )
etc.

. Dupond 1

patphil
+10000000000000000000000000000000000000

ven85

la france est devenue une democratie totalitaire,elections truquees a la loi majoritaire(seul pays d’europe) a 2 tours,permettant a UMPS au 2 tour de se regrouper ensemble pour garder le pouvoir,les regionnales,au 2 tours les socialistes ce sont retires,sans elus pendant 5ans,pour faire elire la droite,estrosi et bertrand contre le FN,des associations,sos racisme,le cran,licra,ect.. qui pas politiquement correcte vous enmenent au goulag et les lois,pleven,gayssot,taubira et macron contre le racisme,voila uen democratie totalitaire ou une maffia,font tout pour garder le pouvoir contre le peuple,j’oubliais tout les mediats et la presse rachetes par 9 milliardaires,qui lavent le cerveau au francais,digne de la chine et de la coree du nord

. Dupond 1

Nos beaux jours s’achevent !!! nous allons vivre une époque de vaches maigres …..si ce n’est pas pire ça pourra encore aller ……
Comprend qui veut !!

SGEG

Voter RN….
Comprends qui veut!!

. Dupond 1

SGEG
Je vote FN RN depuis plus de trente ans ….je ne vis pas d’illusion et je sais pertinament que si le RN gagnait les élections les forces d’argent se metteraient en travers de toutes ses actions .Pour s’en convaincre il suffit de voir toutes les banques s’opposer a créditer le parti RN . Si le RN arrive au pouvoir il faudra terriblement se serrer les coudes pour calmer les banksters

B.B.

Je suis tout à fait d’accord. Quelques seront les difficultés et les barrages, FRANÇAIS, vous devez voter RN.

. Dupond 1

B.B.
Il nous faudra beaucoup lutter pour obtenir notre indépendance face aux imigrationnistes …..En ce moment choupi fait face au président du Brésil pour les feux de foret (un prétexte) le menaçant d’abolir le « MERCOSUR » je crois plutot que c’est le vandalisme sur les permanences de ses guignols de l’AN qui l’a fait changé d’idée . Pas de « MERCOSUR » et pas de vente de bagnols allemandes au Brésil ( c’est là que l’on va se fendre la gueule)

ven85

seul parti a pouvoir sauver la france,tout les autres partis ont trahis le peuple francais