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Veste de Melania : un pied de nez des Trump à tous ceux qui les haïssent

Et alors ?

La presse française (journaux et chaines de télévision) à leur (mauvaise) habitude, saute à pieds joints sur le détail de la veste que porte Melania Trump lorsqu’elle se rend au Texas, visiter un centre de détention de migrants.

Sur ce vêtement que certains jugent indigne d’une «  Première Dame » des Etats-Unis, est écrit «  I really don’t care, do u ? ». En effet à l’échelle française, notre bien aimée Brigitte n’aurait jamais osé se déplacer dans un voyage officiel avec un tel message dans le dos et surtout une telle loque, verte, genre treillis militaire, taillé à la serpe.

Au-delà de la tenue elle-même, c’est l’inscription qui révèle une énorme différence dans l’interprétation entre le texte en anglais (qui ne vient pas d’ailleurs de Melania elle-même avec cet achat à quelque 40 dollars et lancé par la chaîne Sarah) et la traduction en français.

Les médias d’ailleurs tous opposés à quoi que fassent Trump et sa femme, mettent en avant un message de haine, de honte, de mépris, copie conforme de ce que disent les opposants professionnels de la politique de Trump. Quand en plus on ajoute ce qui s’est passé quelques jours auparavant avec la séparation des enfants de leurs parents à la frontière, nous atteignons le paroxysme d’une politique d’extrême violence.

Trois erreurs monumentales se greffent sur cette traduction archi-simplifiée : « Je m’en fiche » (Le Monde), plus populaire « Je m’en fous complètement » ( Le Temps).

C’est la traduction brute, originale, sans ambigüité  quand cette réflexion vous est faite par un ami, une connaissance ou un inconnu à une réflexion qui vous déplait. C’est montrer son indifférence à votre attitude ou à votre avis.

Il semble que c’est la première attitude de Melania mais vis à vis de qui ou de quoi ? Là est le préjugé «  naturel » des médias français vis à vis de l’Amérique actuelle. Pour Melania, le message s’adresse d’abord à tous les médias hostiles à son mari. Elle se fiche éperdument de ce que pensent ces journaleux merdeux qui depuis l’annonce de la candidature de Trump l’ont démoli, lui personnellement et sa campagne. Ils ont continué avec la pire violence quand il a été élu.

Melania pour la première fois déclare ouvertement son opinion (et celle de son mari) sur ce que peut dire la presse.

La deuxième interprétation vient non seulement du vêtement mais aussi de sa mission ce jour-là. Elle allait au Texas, état très conservateur, pour rencontrer des responsables de l’émigration mais aussi des réfugiés eux-mêmes, hommes femmes et enfants ensemble comme des familles unies. Elle semblait défier la politique de son mari mais en réalité, ne faisait que l’aider en montrant qu’elle avait réussi à le convaincre de changer de comportement, donc que Donald avait quand même un fond de compassion en lui et que son rôle changeait. Mais on peut y voir aussi une complicité politique entre elle et son mari. Pour s’imposer au départ, il faut être dur (attitude de beaucoup de profs ou d’autres métiers aux premiers contacts avec ses élèves : on est dur puis on adoucit sa position une fois que chacun avait bien compris le premier message) c’est ce qu’avait fait Trump : signal vivement critiqué mais qui était entré dans la tête des migrants puisque sous Trump, l’émigration venue du sud a diminué de plus de la moitié. Le résultat est là.

Il y a eu un parfait duo : le président terrible dans ses propositions et Madame qui, trois jours plus tard, apparaît comme une madone qui vient soulager le peuple. Bien joué au point de vue communication.

Nous aurions pu assister au même scénario de la part des Macron : Le président brutalement diminue les retraites mais Madame, une semaine plus tard, défilant avec les retraités plumés pour les calmer et les réconforter et surtout influencer son mari à reculer devant cette odieuse mesure. Rien de cela, sinon Brigitte réclamant sa piscine et changeant sa vaisselle. On peut critiquer l’Amérique mais cette vue d’esprit évidemment n’est pas perçue par les ennemis perpétuels de Trump.

Enfin il y a dans ce scénario un énorme pied de nez des Trump à tous ceux qui les haïssent aux Etats-Unis. Les résultats économiques sont plus que satisfaisants, chômage en baisse, bourse qui grimpe, entreprises qui reviennent, Europe qui tremble et qui se divise, rencontre spectaculaire avec la Corée du Nord au pied et à la barge de la planète politique, sortie de la COP 21 et d’autres décisions qui bouleversent l’équilibre du monde que Trump veut secouer de fond en comble. Là pour la première fois, Trump a reculé (non sans avoir auparavant bien imprimé son intention) et c’est grâce à celle que tout le monde considérait comme une potiche, un objet de luxe que Trump trimbalait derrière lui lors de ses sorties médiatisées. Tout à coup les yeux se tournent vers elle et elle sait très bien jouer de la com.

Cette scène irréaliste au départ, le port de cette horrible veste avec une inscription indigne d’une première dame, est devenue comme l’image incroyable d’un changement chez Trump. Tous tombent dans le panneau car au fond Trump n’a jamais changé d’avis, il modifie son attitude en fonction de qui est scandalisé. Macron en connaît un rayon, lui qui a été et reste impuissant devant la politique générale de Trump !

André Girod