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Victoire de Macron : la messe est dite (alea jacta est)

Après un quinquennat marécageux , bourbeux, voila que se dessine un quinquennat houleux, propice aux tempêtes et aux intempéries.

Après une campagne électorale, riche en rebondissements, en surprises, en renoncements, en trahisons, en bousculades… pour prendre le train en marche, le grand vainqueur de cette mascarade, le chef d’orchestre de cette entreprise,est l’ancien président de la République, F. Hollande…….futur secrétaire de mairie à Tulle. Il a su, avec grand art et duplicité,  éliminer le favori du PS, écarter les revenants d’une gauche communisante, étouffer une droite républicaine stupide prise au piège tendu par des manigances machiavéliques, marginaliser l’extrême droite, et faire se dresser contre elle toute l’opinion publique et, in fine, faire en sorte que son champion soit présenté comme le phénix de la politique (qui n’est en fait qu’un recyclage des idées et des habitudes d’un PS moribond). Nous voila face à un PS ripoliné.

Notre nouveau Président, sorte de héros moderne, tenant de Zorro, du père Noël, de Jeanne d’Arc, s’offre à nous sans étiquette, sans parti, sans tabou ni parti pris, sans expérience, en pariant sur une adhésion du peuple de France pour un mouvement en marche… De quel mouvement s’agit-il ? On l’ignore.

Tout est dans le mouvement, dans l’action, la mobilité. Notre élégant élu n’avait-il pas prévu une « trajectoire » qu’il fallait suivre. Un saut dans l’inconnu ?

E. Macron a lancé un défi à la France et les Français ont fait un pari en votant pour lui. Fatigués, écœurés des partis traditionnels, ils ont opté pour la nouveauté, la jeunesse, l’inexpérience.

Nous voila confrontés à une somme de questions, d’inconnues, d’imprécisions.

Tout a été fait dans une orchestration gigantesque de communication, de matraquage médiatique, d’une publicité digne des plus grandes lessives « plus blanc que blanc ».

Ce fut le festival de la rhétorique et de la sémantique.

Ce candidat à l’élection présidentielle a-t-il bénéficié de chance, ou a-t-il eu recours à une audace jamais vue dans le monde politique, au point de griller toutes les étapes, ou bien a-t-il été hautement clairvoyant, éclairé ?

Il va de soi que ce brillant candidat a bénéficié de soutiens et d’appuis insoupçonnés, et qu’il n’a pu briller sans l’implication de lobbies et autres groupes de pression et d’influence.

Il n’en reste pas moins que ce brillant énarque, sorti du même moule que ceux qu’il fustige en évoquant le « système », a émergé du second tour pour se trouver face à une concurrente, qui ne faisait pas le poids. Victoire par défaut ? En partie oui si l’on tient compte du pourcentage important des bulletins nuls et des abstentions (plus de 10% des votants).

Déjà, des conjectures et des hypothèses foisonnent. Des prétendants osent offrir leur candidature, les ralliements s’accélèrent, tandis que les opposants cherchent désespérément la meilleure tactique et fourbissent les armes.

Il est navrant de constater déjà la dépréciation de certains perdants, accablés dans leur propre famille politique. Assisterions-nous à un cataclysme politique, un bouleversement des clivages ? Ou bien  à une redistribution des rôles et des traditions républicaines ?

Assistons-nous à une renaissance de la vie politique ?

Sommes nous à l’aube d’une » refondation « de nos affaires publiques ?…

A une prise de conscience de l’opinion publique pour un changement en profondeur ? Serons enfin débarrassés des comportements délétères que les politiciens nous ont offerts pendant des années ?

Verrons-nous enfin disparaître les corruptions et autres perversions , les magouilles et autres prévarications ? Cela parait fort peu vraisemblable, en si peu de temps.

L’homme moderne aime à croire encore au père Noël, mais à ce point cela tient du fantasme.

Il  nous faudra encore attendre les législatives et les premières mesures présidentielles avant de porter un jugement de valeur sur ce nouvel élu, dont l’ascension fulgurante nous amène à soulever quelques questions légitimes.

Le résultat est là et il faudra faire avec. La valeur d’un chef s’apprécie surtout au choix  de ses collaborateurs, alors…

Wait and see.

Yves Rectenwald