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Vienne-Budapest-Prague : le réveil de l’ancien empire austro-hongrois

Plusieurs événements importants ont eu lieu cet automne en Europe centrale, qui peuvent intéresser également ceux qui, en France, ne veulent pas, non plus, assister passivement à l’islamisation de leur pays.

En Autriche, en octobre dernier eurent lieu les élections législatives. Le parti FPÖ (Friheitliche Partei Österreichs-le Parti de la liberté d’Autriche), qualifié comme d’extrême droite, a gagné 51 sièges de député sur 183. Le parti ÖVP (Österreichische Volkspartei-Le parti populaire autrichien, démocrate-chrétien) en a gagné 61. Le 18 décembre 2017, le nouveau gouvernement de Sebastien Kurz, comportant 7 membres FPÖ sur 22, prêta serment. Le FPÖ a notamment les portefeuilles de l’Intérieur et de la Défense. Il a la haute main sur les trois services de renseignement.

Le Monde a écrit qu’un social-démocrate allemand a ironisé : « L’Autriche-Hongrie est de retour.“ Il aurait fait allusion à la convergence du programme du nouveau gouvernement autrichien et du gouvernement hongrois de Victor Orban, notamment sur la question de l’immigration.

Mais avant de disparaître, il y a 99 ans, l’Empire austro-hongrois comportait non seulement Vienne et Budapest, mais également Prague.

Là aussi, il y a du nouveau. D’abord, les dirigeants de l’Union européenne viennent d’augmenter leur pression sur la République Tchèque pour la forcer d’accepter un quota d’immigrés clandestins. Ils entament contre elle des poursuites judiciaires devant la Cour européenne de justice de Luxembourg.

Mais surtout, le 20 et le 21 octobre 2017 eurent lieu les élections législatives également en République Tchèque. Le parti SPD (Strana svobody a přímé demokracie – le Parti de la liberté et de la démocratie directe) a gagné 10,6% de voix. Il s’est placé en quatrième position. Son fondateur et president Tomio Okamura n’a pas hésité à comparer l’islam au nazisme. Il vient d’être élu président de l’Assemblée nationale tchèque.

Le 16 décembre 2017 eut lieu à Prague le congrès du Mouvement pour l’Europe des nations et des libertés (MENL). Celui-ci comporte également le Front national français. Madame Marine Le Pen a bien participé à ce congrès, de même que le Néerlandais Geert Wilders et, bien entendu, le Tchèque Tomio Okamura.

Je pense que ce sont des nouvelles encourageantes. En Autriche, la coalition ÖVP- FPÖ a déjà été au pouvoir de 2000 à 2005. A l’époque, à en croire Le Monde, 250 000 manifestants hostiles se sont mobilisés contre. Maintenant, il n’y en aurait que 5 500.
Cette différence entre la réaction du public en 2000 et en 2017 me paraît essentielle. L’Europe a trop longtemps été traumatisée par ses souvenirs tragiques. Il y a pourtant un dicton : « En 1940, il ne faut pas faire la guerre de 1914.“ Malheureusement, nombreux sont ceux qui continuent de le faire. Ils sont dominés, obsédés, par le passé. Ils ne veulent pas admettre que chaque époque a sa problématique spécifique, qu’à chaque époque il faut comprendre quelles forces représentent le pire danger.

Tomio Okamura avait bien raison de comparer l’islam au nazisme. En tout cas, pour ce qui concerne leur antisémitisme. Le grand spécialiste britannique de la civilisation musulmane, Bernard Lewis, a écrit déjà en 1986: « Actuellement, il y a des signes que le virus de l’antisémitisme, qui avait atteint la chrétienté presque dès ses débuts, est enfin en voie de guérison. Par un triste contraste, la même profonde haine religieuse a maintenant attaqué le corps de l’islam. Il se peut que le moment du choix soit déjà passé, que le virus soit déjà entré dans le circuit sanguin de l’islam, pour l’empoisonner pendant des générations.“ (Bernard Lewis, Semites and Anti-Semites-An Inquiry into Conflict and Prejudice, New-York, Norton, 1986, p. 259).

Jonathan Sacks, qui avait lontemps été le grand rabbin des pays membres du British Commonwealth, a écrit en 2015 : « L’antisémitisme, inondant aujourd’hui le monde arabe et musulman, est aussi répandu et aussi virulent qu’il a été en Europe dans les années 1880-1945. Et il est en train de se répandre à travers le monde, grâce à l’internet.“

Sacks a réuni un certain nombre de déclarations de dirigeants musulmans. Ainsi, en 2002 Abdallah Mahmoud a écrit : « Les Juifs sont damnés au ciel, comme sur la terre. Ils sont damnés depuis le jour, où le genre humain fut créé, depuis le jour, où leur mère les a portés.(….) Quant à la fraude concernant l’holocauste, de nombreux spécialistes français ont prouvé que ce n’était qu’une fabrication, un mensonge et une supercherie. Mais je plains Hitler. Je l’appelle du fond de mon cœur: « Si seulement tu l’avais fait, mon frère, si seulement cela s’était réellement passé !“

En 2010, l’ancien president de la Malaysie, Dr Mahathir Mahamad, a publié dans le périodique Jakarta Globe : « Les Juifs ont toujours été un problème dans les pays européens. Ils devaient être confinés dans les ghettos et périodiquement massacrés. Mais ils sont toujours là, ils prospèrent et ils tiennent les gouvernements dépendants d’eux. (….) Ils ont survécu même aux massacres nazis en Allemagne et ils continuent à être source de plus grands problèmes encore, pour le monde.“

En 2009, un dignitaire musulman égyptien Muhammad Hussein Yacub a déclaré à la station de la télévision Al-Rahma TV : « Si les Juifs abandonnent la Palestine pour nous, est-ce que nous commencerons à les aimer ? Bien sûr que non ! Jamais nous ne les aimerons ! Ils ne sont pas nos ennemis parce qu’ils occupent la Palestine. Ils seraient nos ennemis, même s’ils n’occupaient rien du tout. Nous les combattrons, les vaincrons et les exterminerons, jusqu’à ce que même pas un seul Juif ne demeure sur la surface de la terre.(….) Vous, les Juifs, vous avez semé la haine dans nos cœurs. Nous l’avons transmise à nos enfants et nos petits-enfants. Vous ne survivrez pas, tant qu’un seul d’entre nous demeure.“ (Jonathan Sacks, Not in God’s Name- Confronting Religious Violence, Holder and Stoughton ltd., Londres 2015, pp. 67-68.).

L’on sait qu’en France les plus hauts représentants de la communauté juive ont encore récemment, lors des dernières élections présidentielles, fait preuve d’une incompréhension complète de la situation présente. L’on a presque le sentiment que le grand rabbin de France ne sait pas que si le judaïsme considère comme important d’honorer la mémoire de nos ancêtres, il considère comme plus important encore d’assurer la survie de nos descendants.

En Europe centrale, la situation évolue autrement. Déjà en 2016, lors des élections présidentielles autrichiennes, Rafi Eitan, l’ancien chef d’Etat major de l’armée d’Israël, l’ancien officier des services secrets qui, en 1960, avait organisé l’enlèvement d’Adolf Eichmann en Argentine, vint à Vienne soutenir Norbert Hofer, le candidat de FPÖ. Actuellement, le dirigent de ce parti Heinz-Christian Strache, devenu vice-chancelier fédéral, veut suivre le président Donald Trump dans la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël. Le président de la République Tchèque Miloš Zeman s’est récemment prononcé dans le même sens, en rappelant que déjà en 2014, il avait demandé le transfert de l’ambassade tchèque de Tel-Aviv à Jérusalem.
Tout politicien avisé sait que les idéaux sont une chose importante, mais que les alliances se font et se défont suivant les intérêts convergents ou divergents des partenaires.

Ainsi, les Tchèques savent que soutenir Israël va dans le sens de leurs intérêts nationaux. Ils savent notamment quel rôle a joué l’Etat juif dans l’affaiblissement de la puissance soviétique. Randolph Churchill, le fils du célèbre Premier ministre britannique, a écrit à propos de la guerre de six jours de 1967 : « L’U.R.S.S. a souffert plus du fait de la victorie d’Israël que du fait de sa retraite des fusées de Cuba. »

Les Autrichiens se souviennent encore qu’une partie de leur pays subissait également l’occupation soviétique, pendant dix ans après la guerre.

A droite, nombreux sont ceux qui se rappellent encore les origines de Karl Marx, de Léon Trotski et de tant d’autres personnes malfaisantes. Le peuple juif dans son ensemble a dû ensuite payer très cher pour les fautes de ces derniers. N’oublions pas alors, non plus, tant d’opposants et de dissidents juifs qui ont contribué d’une manière importante à l’effondrement du totalitarisme marxiste-léniniste.

En formulant le souhait que ceux, qui maintenant peuvent avoir une identité claire, n’auront plus besoin de contester leur identité à ceux qui l’ont toujours eue.

Et qu’ils méditent les propos du rabbin Jonathan Sacks : « La culture globale est une culture universelle et bien que les cultures universelles apportèrent beaucoup de bien, elles apportèrent également d’immenses dégâts.“ Et : « Le besoin du sentiment d’appartenance remonte aux origines même de l’humanité, lorsque la vie elle-même dépendait de l’appartenance à un groupe. Sans lui, l’individu, entouré de prédateurs, ne pouvait pas survivre.“

Cherchons donc à nous identifier à ceux qui peuvent nous aider à survivre face aux prédateurs actuels.

Dr Martin JANECEK