A Vienne, contre Elizabeth Sabaditsch-Wolff, un procès digne de l'Inquisition

Les procès visant à interdire toute critique de l’islam se suivent : Geert Wilders en Hollande, Elizabeth Sabaditsch-Wolff à Vienne, Riposte Laïque à Paris.
Le procès de Vienne peut à juste titre se comparer aux procès de l’Inquisition. Il porte en lui des potentiels très inquiétants pour les libertés, comme l’interdiction de préférer une religion à une autre ou de dénigrer une religion reconnue. Il se déroule dans un contexte juridique un peu différent de celui de la France, puisque le blasphème est interdit en Autriche. Cependant, et sous réserve de ce qu’apportera le verdict, dont on espère qu’il balaiera quelques chefs d’accusation délirants, l’accusation contre Elizabeth va bien au delà du sens ordinaire qu’on donne au mot blasphème, c’est à dire des insultes grossières. Elle préfigure ce qui pourrait advenir si l’OCI, qui oeuvre en ce sens dans diverses enceintes dont l’ONU, réussissait à faire interdire ce qu’elle appelle la « diffamation des religions », c’est à dire un délit de blasphème élargi englobant toute critique.
Celui qui ose critiquer l’islam ne peut être innocent. L’acharnement judiciaire contre Elizabeth Sabaditsch-Wolff à Vienne en donne l’illustration :
http://verite-valeurs-democratie.over-blog.com/article-en-direct-de-vienne-un-proces-contre-la-liberte-d-expression-65162815.html
Commencé le 18 janvier 2011, le procès d’Elizabeth Sabaditsch-Wolff a vu la déroute de l’accusation, qui n’a pu soutenir les charges initiales d’incitation à la haine. Elizabeth n’est pas tirée d’affaire pour autant : l’accusation a ajouté de nouvelles charges de « discrimination contre une croyance religieuse ». L’introduction de ce nouveau chef d’accusation a conduit à reporter le procès au 15 février. Nous voyons naître là un étrange nouveau délit d’opinion sous couvert d’une conception surprenante de la liberté religieuse : apprécier une religion moins que les autres serait, du moins en Autriche, un délit en soi.
Qui est Elizabeth ?
De famille diplomatique, elle passe son enfance dans l’Iran de Khomeiny, et se fait à cette occasion un opinion peu flatteuse du régime et de l’islam, contre lequel elle milite sans haine mais avec détermination.

Elizabeth était présente, le 18 décembre 2010, espace Charenton, à Paris, lors des Assises sur l’islamisation de l’Europe.
Elle donne des conférences. L’une d’elle, enregistrée par une journaliste, Mme Dolna, est à la base de l’accusation.
Bien que n’étant pas dans la liste des témoins officiels, Mme Dolna fut cependant interrogée par le procureur de la même façon que le sont les témoins. Drôle de conception de la justice. Mais le diable porte pierre et cet échange contribua finalement à affaiblir l’accusation. Il révêla que nul, pas même le procureur, n’avait écouté les enregistrements. L’accusation s’était contentée des résumés faits par Mme Dolna dans son journal et celle-ci avoua quelque « raisons dramaturgiques » (sic).
Bon. Mieux vaut tard que jamais, et le tribunal décida de s’appuyer, à l’audience, l’audition des bandes.
Cette audition révêla une critique sévère de l’islam, mais appuyée sur une documentation incontestable.
Le premier sujet abordé concernait, les Frères Musulmans, leur influence politique étendue en Autriche et en Europe, leur désir d’introduire la Charia et l’usage du terrorisme pour réaliser cet objectif. La lamentable absence d’une forte voix des modérés du monde islamique fut également soulignée.
Elizabeth apporta toutes les références possibles tirées des hadiths, de la vie du prophète et du Coran, avec numéro de sourate à l’appui (la sourate 9.5 : « Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. »)
Sur la taqiya (mensonge légal), Elizabeth donna aussi toutes références utiles, de même que sur tout autre sujet abordé dans sa conférence, dont son accusation de pédophilie contre Mahomet.
Fut-elle acquittée ?
Non bien sur ! L’Inquisition ne lâche pas si aisément sa proie !
Incapable d’étayer le grief d’incitation à la haine, l’accusation sortit de son chapeau, en plein procès, une nouvelle charge. La défense n’y étant pas préparée, le procès fut interrompu et renvoyé au 15 février.
Cette nouvelle charge est ahurissante en plein 21 ème siècle.
Elizabeth se voit reprocher une « discrimination contre une croyance religieuse ».
Nous voilà donc non seulement en plein délit de blasphème (délit prévu par la législation autrichienne), mais plutôt dans une sorte de « délit de blasphème élargi », ressemblant assez à ce que l’Organisation de la Conférence islamique essaie régulièrement de faire adopter à l’ONU sous le nom de « diffamation des religions » :
http://www.ripostelaique.com/A-l-international-la-liberte.html
Un premier point, sur ce sujet du blasphème, tient à la question de savoir si Elizabeth pouvait dire « L’islam est merdique » en faisant des gestes indiquant des guillemets. Oui, vous avez bien lu : elle a fait des gestes indiquant des guillemets et elle est attaquée quand même.
Mais il y a plus :
En quoi peut bien concerner une telle « discrimination des religions » ?
Discriminer entre des gens à l’emploi ou au logement, on voit bien ce que c’est.
Mais que peut bien vouloir dire « discriminer » si on l’applique à des croyances ?
Est-il interdit de préférer une croyance à d’autre ?
Il a été reproché à Elizabeth de « dénigrer les enseignements d’une religion reconnue ».
Est-il maintenant interdit au citoyen de préférer une religion à une autre, voire d’émettre des critiques, même argumentées, contre une religion reconnue ?
On voit où cherchent à nous entraîner les partisans de la « liberté religieuse » nouvelle manière telle que nos zélites, actionnées en dernière analyse par l’OCI, cherchent à nous l’imposer dans toutes sortes d’enceintes : la liberté de ne pas croire et de critiquer les religions passera à la trappe si nous n’y prenons garde.
Catherine Ségurane

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