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Villeurbanne : comment rendre incompréhensible ce qui est clair

Villeurbanne, samedi 31 août 2019, vers 4 heures et demie de l’après-midi. Gare routière. Un musulman, armé d’un couteau et d’une pique de barbecue, a égorgé un Français âgé de dix-neuf ans, prénommé Timothy, puis il a attaqué au couteau huit ou neuf passants, qu’il a blessés légèrement ou grièvement. Des victimes, les huit ou neuf personnes blessées, on ne connaît pas l’identité. Cependant, les autorités et les médias ont condescendu à n’indiquer que le prénom, Nicolas, d’un père de famille blessé.

Ces crimes sont habituels depuis une vingtaine d’années ou plus. Tantôt l’arme est un couteau, tantôt une arme à feu, tantôt un véhicule, tantôt une bombe. À Villeurbanne, le tueur est afghan ; ailleurs, quand il n’est pas afghan, il est marocain ; s’il n’est pas marocain, il est tunisien ou algérien ou malien ou tchétchène ou turc ou kossovar ; s’il n’est pas étranger, il est d’origine étrangère et la République lui a accordé les papiers qu’il exigeait. Mais quelle que soit sa nationalité (et la liste des nationalités possibles, simples, doubles ou triples nationalités, est interminable), toujours il est musulman. Il n’y a que les Samis, les Evenks ou les Bororos qui ne soient pas représentés dans la liste de ces tueurs, mais les Samis, les Evenks, les Bororos ne sont pas musulmans – du moins pas encore. Ainsi va la France. De façon claire, ces tueries définissent désormais notre pays. C’est bien le pays de l’égalité, mais dans l’égorgement programmé. En arabe pur et dur, on dit qu’il est dar-el-harb.

À Villeurbanne, l’assassinat et les tentatives d’assassinat, suivant la qualification retenue par le procureur, c’est-à-dire de meurtres avec préméditation, sont cependant singuliers. Ailleurs, le ou les criminels ont été abattus par des policiers du Raid, des gendarmes du GIGN ou des soldats de l’opération Sentinelle. À Villeurbanne, l’assassin n’a pas été exécuté : des individus non armés ont réussi à convaincre le tueur de déposer ses armes, ce qu’il a fait assez rapidement, avant que la police ne l’envoie jouir des houris qui lui étaient promises.

Voilà les faits.

Mais ils ne sont pas racontés ainsi par les médias, les magistrats, les politiciens : en bref par les dominants et autres autorisés de la parole.

Les victimes n’ont ni nom, ni visage, mais les individus qui ont convaincu le tueur de se débarrasser de ses armes ont à la fois nom et visage : Abdelkader et Sofiane, qui ont été présentés comme des courageux et même des héros. Rien n’a été dit des victimes, mais d’innombrables images et interviews ont été diffusées sur deux de ces héros dont la seule parole a désarmé le tueur, mais il n’est pas indiqué dans quelle langue ils lui ont parlé, arabe coranique, pachtoun, anglais, ni de quels mots magiques, Allah, akhi, mouslim, ils ont usé. Et surtout, jamais il n’a été indiqué, ce qui était pourtant évident, qu’ils étaient musulmans, eux aussi, comme le tueur. Il est vrai que cette simple mention aurait pu mettre les Français sur la voie de l’interprétation : ces héros ont été épargnés parce qu’ils étaient musulmans et donc le tueur ne cherchait à égorger que des mécréants, koufars, infidèles, chrétiens, etc. – bref, des non musulmans. Autrement dit, le statut de coreligionnaires ne fait pas de ces individus des courageux, encore moins des héros, sauf pour des journaleux et des dominants dont les références sont cul par-dessus tête et entièrement idéologiques. Selon un témoin, si le tueur a égorgé Timothy et a essayé d’égorger Nicolas et ses trois enfants, c’est qu’ils voulaient tuer « ceux qui ne lisent pas le Coran ». L’emploi du verbe lire atteste que le tueur connaît le Coran, dont le premier mot est l’injonction qu’adresse Allah aux siens : eqra, c’est-à-dire « lis ». Selon le procureur, il aurait invoqué « Dieu » ou expliqué ses crimes par des voix qu’il aurait entendu parler de « Dieu ». Ce musulman n’a pas parlé de Dieu, mais d’Allah, ce qui n’est pas la même chose ; le procureur ou les policiers qui ont procédé à son interrogatoire ou le traducteur (peut-être un Afghan baragouinant un mauvais français) ont traduit Allah par Dieu. En l’occurrence, cette mauvaise et fausse traduction sert les intérêts des dominants : il ne sera pas question d’islam, ni d’Allahu akbar, ni de djihad.

Le procureur a évoqué des propos confus et a trouvé la cause de tout ça : la folie évidemment. Ce tueur mérite un bon internement, sans procès, comme tout détraqué, parano, schizo, malade. L’islam, Allah, le Coran ne sont pour rien dans ses crimes : seulement le haschich consommé sans modération. Dans quelle langue ces propos prétendument confus ont été tenus ? En français langue étrangère ? En français de Kaboul ou en pachtoun ? La confusion tient-elle à la folie du tueur ou à la nullité du traducteur ? Ou bien à la volonté du tueur de masquer ses véritables intentions ? Un point est certain : il n’est pas fou, sauf pour les magistrats et les experts dégénérés. La preuve : quand il a commis ses crimes, il jouissait de sa faculté de discernement, puisqu’il a été capable de distinguer les musulmans, qu’il a épargnés, des non musulmans qu’il a égorgés ou éventrés ou qu’il a tenté d’égorger. Il n’y a pas de meilleure preuve de l’exercice de la raison que le discernement !

Bien entendu, médias et autres dominants de tout poil, commissaires politiques, inquisiteurs, experts, politiciens s’évertuent pour que les faits avérés ne soient surtout pas pensés : il est question d’asile, d’immigration, de l’héroïsme de Sofiane et Abdelkader, qui sont promis au Panthéon des Grands Hommes et à une reconnaissance éternelle de la Patrie, mais surtout pas de ce qui s’est passé. Circulez, il n’y a rien à en dire.

Médias, magistrats, politiciens prennent les Français pour des enfants à qui ils peuvent faire gober n’importe quel mensonge ou pour des bougnoules méprisables à qui ils peuvent raconter n’importe quelle faribole. Qu’ils prennent garde à eux ! Un jour, les citoyens ne supporteront plus d’être tenus pour des débiles ou pour une race inférieure…

Étienne Dolet