Violences à l'école, police agressée, c'est la République qu'ils veulent détruire !

Rackets, règlements de compte, agressions verbales multiples et variées, incivilités, dégradations des locaux, saccage du matériel et menaces permanentes, voilà le quotidien de la vie scolaire en 2010, voilà ce que sont devenus les lieux de transmission de la connaissance et du savoir.
Au mois de janvier, un élève du lycée Darius Milhaud au Kremlin Bicêtre a été poignardé à mort par un de ses camarades. Le 2 février, c’est un élève du Lycée Adolphe Chériaux qui fut agressé dans l’enceinte de son établissement scolaire. Il y a quelques semaines, c’est au cutter qu’un autre lycéen fut attaqué, à Vitry, dans un gymnase et en plein cours Il y a quelques jours, cela s’est passé dans un établissement d’enseignement privé catholique. Une Première. Un prof d’histoire-géo et un CPE ont été aspergés de gaz lacrymogène par un élève de 14 ans qui ne voulait pas entendre qu’Al-Qaïda était une organisation terroriste. Dernièrement, c’est dans un amphithéâtre qu’un trentaine d’étudiants furent menacés et rackettés par 4 jeunes encapuchonnés qui brandirent des couteaux et des similis armes à feu.
Cette escalade de violence dans les établissements scolaire reflète la même violence qui sévit dans les quartiers où il ne fait pas bon vivre lorsqu’on est un citoyen sans histoire, dans ces lieux de non droit où il faut raser les murs pour rentrer chez soi. Comme la plupart des habitants de ces quartiers qui rêvent de pouvoir vivre ailleurs, les enseignants en ont assez de supporter cette insécurité quasi permanente. Ils sont de plus en plus nombreux à témoigner de ce sentiment de solitude et d’abandon qu’ils ressentent face aux problèmes d’indiscipline qu’ils doivent gérer dans de trop nombreuses classes et face à des comportements violents entre élèves ou envers eux. Ils évoquent de plus en plus ouvertement leur peur et cette désagréable impression de devoir affronter des fauves en cage, de devoir dompter les élèves avant de pouvoir commencer leur cours. Beaucoup disent leur crainte permanente de se laisser déborder par des éléments incontrôlables, souvent minoritaires, qui jouent les caïds en faisant de la surenchère à la provocation et à l’insolence.
Le film « la journée de la jupe, a été un message éblouissant de vérité. Combien de professeurs, surtout des femmes, se sont reconnus dans le personnage de Sonia Bergerac joué par Isabelle Adjani ? Combien de petits ou de grands « Mouss » y a-t-il dans les établissements scolaires ? Combien y a-t-il de ces graines de racailles qui perturbent les cours et qu’il faudrait mettre ailleurs, dans d’autres structures avec un encadrement mieux adapté à leur profil de primo délinquants ou de délinquants notoires ?
Alors, oui, comme l’affirment Jean Claude Brighelli (La fabrique du crétin), Natacha Polony (Nos enfants gâchés…) et tous ceux qui réfléchissent intelligemment à la question, c’est non seulement le système de l’Education Nationale et le contenu des programmes qu’il faut revoir, mais c’est aussi c’est la sanction qu’il faut remettre au goût du jour, ce sont les parents qu’il faut responsabiliser. Mais à quoi sert la discipline bien appliquée si un chef d’établissement ne soutient pas les professeurs qui décident des sanctions ? A quoi sert d’exclure un élève qui, la plupart de temps est plutôt content d’avoir des vacances, si c’est pour le déplacer sans cesse d’un établissement à un autre où il continuera à se comporter en voyou ? A quoi sert de responsabiliser les parents, en leur supprimant des aides sociales, par exemple, si le système scolaire continue à leur ouvrir les portes en leur demandant leur avis sur tout ? Et comment ne pas prendre en considération la situation socio économique catastrophique de certaines familles qui laissent leurs enfants à la dérive parce qu’ils ne sont pas capable d’en assurer l’éducation ?
On ne peut qu’approuver Bernard Kuntz, le président du SNALC (syndicat national des Lycées et collèges), lorsqu’il dit que « pour endiguer la violence scolaire, il faut réformer l’école elle-même, qu’elle doit redevenir avant tout un lieu de transmission des savoirs et que c’est l’inculture qui génère cette violence » (interview dans Marianne). Bravo pour cette lucidité et dommage que la position de ce syndicat soit si peu relayé par les médias. Mais comme il est cataloguer à droite, donc politiquement incorrect, on comprend.
De sont côté, le SNES, que tout le monde connait, puisque majoritaire dans le paysage syndical de la profession, ne cesse de rabâcher les éternels discours victimaires qui sont le fond de commerce de la mouvance bien pensante du monde enseignant et de tous les syndicats de gauche en général. « C’est la violence de notre société qui génère de la violence en milieu scolaire. Il faut s’attaquer d’abord aux problèmes sociaux que subissent les élèves », explique, son président, Rolland Hubert. Le SNES et le SNUipp (syndicat du primaire) mettent la tête dans le sable et continuent à nier les vrais raisons du désastre en se faisant complices d’une entreprise de destruction massive qui casse notre école laïque, qui détruit l’autorité du maître et fabrique des crétins. Le film « Entre les murs », honteusement ovationné par les bobocrates de la culture bien pensante, montre parfaitement bien les ravages de ce pédagogisme compassionnel qui contribue depuis des années à saborder les fondements de notre institution scolaire laïque.

On pourra longtemps expliquer comment on en est arrivé là. On pourra sans cesse revenir sur les dérives de mai 68 qui ont transformé l’école en un lieu d’éveil. On pourra encore longtemps pointer du doigt les nouvelles pédagogies qui ont mis les élèves au centre du système en leur disant qu’ils étaient « acteurs de leurs apprentissages », qu’ils avaient le droit à la parole et à la critique. On peut toujours et encore mettre en cause le formatage des enseignants que les IUFM ont bardés de résignation, de culpabilité et de compassion. On leur rabâche tellement souvent que s’ils n’arrivent pas à faire cours correctement c’est qu’ils sont mauvais, que bien peu d’entre eux sont capables de remettre en cause le système dans sa globalité. Car rien ne changera tant que cette grosse machine qu’est l’Education Nationale sera verrouillée par une hiérarchie irresponsable et carriériste. A quoi bon changer les choses lorsqu’on est bien planqué dans un bureau comme le sont ces inspecteurs de l’académie de Paris, payés à ne rien faire (1), ces chefs d’établissements nommés pour leur capacité à régler les problèmes sans faire de vague ?
Bien trop peu nombreux sont les responsables, (recteurs, inspecteurs, chefs d’établissements, conseillers pédagogiques…), qui ont assez de lucidité et de droiture pour dénoncer les vraies causes de la violence scolaire, pour réclamer la tolérance zéro en matière de discipline, pour remettre en cause la course aux réformes « bouts de ficelle » et pour qualifier de suicidaires certaines mesures comme la réduction du nombre d’heures de français dans l’ensemble des programmes ou la suppression, en terminal S, de l’histoire-géo comme matière obligatoire.
Il suffit de revenir sur le fameux rapport Obin, sorti en 2004 et bien vite enterré par les ministres censeurs, pour comprendre que rien n’a été fait pour endiguer cette violence parce qu’il n’y a jamais eu la volonté politique d’agir en conséquence. Depuis la publication du rapport Obin, la situation dans les établissements scolaires s’est aggravée à vitesse grand V, suivant la courbe ascendante des violences urbaines. Le corps enseignant est devenu, avec la police et les pompiers, l’une des cibles privilégiées des petites racailles des banlieues lobotomisés par les paroles assassines et ordurières des rappeurs ( Seth Gueko, Salif, La Fouine, ZEP, …et autres nullités abjectes (2)) qui vomissent en toute impunité, sur tout ce qui représente l’ordre et la République.
La crise que nous vivons n’est pas seulement économique, elle s’attaque en profondeur aux bases de notre société, elle détruit le cadre de notre République laïque et les fondements historiques de nos valeurs. Quand un pays n’est plus capable de protéger les représentants de l’autorité, qu’ils soient enseignants ou policiers, et que la majorité des citoyens boude les urnes, c’est qu’il y a vraiment péril en la demeure. La gauche pourra toujours faire des voix en s’apitoyant sur la misère sociale et en fermant les yeux sur les problèmes d’insécurité, un jour ou l’autre il faudra bien qu’elle déchante. Quand à la droite, elle s’essoufflera jusqu’à l’asphyxie à vouloir pratiquer toujours la même langue de bois. Il reste à craindre que le FN en profite, et ramasse la mise un jour ou l’autre, quand les Français en auront marre d’être pris pour des fantoches.
Brigitte Bré Bayle
(1) http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/pitie-pour-ces-inspecteurs-de-70674
(2)
http://www.youtube.com/watch?v=kaq5ECc1yow&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=m6R_gFPJssk&feature=fvw
http://www.youtube.com/watch?v=kcRCw6AkoaA

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