Vive discussion sur les mosquées, au réveillon du Jour de l’An

Publié le 9 janvier 2008 - par
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J’ai été Invité au réveillon du jour de l’an. Autour d’un beau feu de cheminée nous étions en famille, je dirais en grande famille car en plus des couples des couples, surtout des anciens, il y avait une majorité de militants de la section P.S. de notre charmante ville de Provence. Je ne sais pas comment ça s’est passé, mais j’étais placé à table à côté de « camarades » permanents de cette section, que je connais bien sans que je sois moi-même membre du parti. La conversation a tourné, comme par hasard sur la Laïcité. J’ai timidement dit que la Laïcité était en danger, que le communautarisme divisait les Français, alors que la devise de la 1ère République était « une et indivisible ».

L’argument de mon voisin de gauche (dans les deux sens du terme) a été :

Lui : il faut être réaliste : il y a une communauté musulmane importante dont il faut tenir compte. Par exemple, 4 garages pour les lieux de prière, ce n’est pas normal.

Moi : c’est leur problème

Lui : s’ils demandent un permis de construire pour une mosquée, on le leur accordera, si comme on l’espère on remporte les municipales

Moi : à la condition expresse que ce soit avec leurs propres deniers, et encore si la mosquée ne prend pas trop de hauteur. Souvenez-vous dans notre paysage du « monument » du Mandarom.

Lui : Parfaitement, comme il n’y avait pas de permis de construire, on a réussi à le faire détruire. Mais pour les musulmans, il faut respecter la diversité, il faut être tolérants. Regarde le nombre d’églises que l’on continue à aider pour qu’elles ne tombent pas en ruine.

Moi : Oui quand il s’agit de monuments historiques. Sinon ce sont les municipalités qui décident de leur consacrer une partie de leur budget. Une mosquée à la rigueur à condition qu’on ne la voit pas. Quand j’ai acheté un appartement dans un grand lotissement dans les années 70 , juste en face de ma fenêtre on venait de construire une église. Je n’étais pas très heureux, mais le bâtiment ne dépassait pas le premier étage. Le clocher était à peine visible. Je m’en suis accommodé du fait de sa discrétion.

Lui : Tu es Villiériste.

Moi : La tolérance, l’égalitarisme, est devenu un dogme. Tu dis que tu me ranges parmi les Viliéristes. (Je m’énerve). Je ne suis pas Villiériste, ni dans un autre camp. Je refuse d’être catalogué. J’ai mes convictions personnelles. Tant pis si certains que je n’aime pas, disent comme moi, mais c’est probablement avec des motivations différentes.

Un autre voisin : tu es sincère, mais objectivement tu ne peux empêcher d’être d’un côté.

Moi : j’entends exactement le même type d’argument qu’on entendait dire des communistes au temps ancien où ils traitaient ceux qui n’étaient pas d’accord avec eux, « d’objectivement fasciste » Je n’accepte pas un tel argument, qui n’en est pas un. C’est au contraire la preuve d’un certain sectarisme.

A l’arrivée du plat principal, nous nous sommes calmés, car le bon vin aidant, le ton avait monté, non sans que je me sois fait traité de « passéiste ». C’est de ma faute, je n’ai pas pensé que parmi la gauche il y avait des Chrétiens bien intentionnés. Chacun est évidemment resté sur ses positions. Moi en estimant qu’il fallait que chacun reste discrètement à sa place, eux que l’égalité dans ce cas était encore républicaine. Mais je ne me suis pas empêché de penser que derrière le mot de réalisme, se cachait, au contraire une certaine naïveté, celle de croire qu’en accordant un peu de la main, on risque de se faire manger le bras.

Louis Peretz

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