Vive la Corse… libre !

Publié le 8 février 2018 - par - 36 commentaires - 975 vues
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Le voyage d’Emmanuel Macron en Corse, pour le vingtième anniversaire de l’assassinat du Préfet Erignac, mort en service commandé, était courageux. Mais je crains qu’il ne laisse les Corses sur leur faim. Ce qui n’est pas critiquable en soi !

A propos de la Corse, j’ai envie de reprendre une dichotomie tirée de Climats, roman bien connu de Maurois. C’est un passage où le personnage masculin écrit à sa femme sur deux colonnes : une colonne « Ce que j’aime en vous » et une autre colonne « Ce que je n’aime pas en vous ».

Ce que j‘aime dans la Corse est d‘abord très banal. C’est la beauté de ses paysages et le cachet de ses villages de l’intérieur.

C’est ensuite la fierté et l’engagement de ses habitants. Eh oui ! Les Corses ne se laissent pas faire et les Arabes filent doux dans l’Ile de Beauté. Et quand ils essaient de tester la résistance des Corses, comme sur la plage de Cisco, les villageois y mettent aussitôt bon ordre. Les « de souche » y protègent donc leur identité avec une détermination dont les autres provinces françaises pourraient s’inspirer.  Et il s’en trouve en proportion notable qui prennent le risque de foutre leur vie en l’air pour défendre leurs idées. En cela, les indépendantistes, même violents, méritent le respect.

Ce que je n’aime pas dans la Corse est d’abord tout aussi banal. C’est le classique manque d’ardeur au travail de ses habitants, pour dire les choses gentiment. Encore que je leur accorde souvent une excuse : toujours la fierté. Un Corse met souvent de la mauvaise volonté à effectuer un travail qu’il estime contraire à sa dignité. Les esprits moins rétifs diront qu’il n’était pas obligé d’accepter ce travail. Certes ! Mais c’est vite dit et l’excuse de mauvaise volonté se défend tout de même. Par contre, je suis moins indulgent pour la propension au banditisme de droit commun et à la magouille : racket, corruption, élections truquées, défunts qui continuent à voter et à percevoir une retraite, etc.

Mais ce que je n’aime pas du tout en Corse, c’est la mauvaise foi récurrente du discours indépendantiste-autonomiste. Oser traiter la France d’Etat colonial, alors que le « Continent » soutient l’île à bout de bras,  m’a toujours paru monstrueusement culotté. Car nous soutenons l’île de multiples façons : avantages fiscaux en tous genres, emplois publics à gogo, etc.  La Corse en est à 35% d’emplois publics, record de France explosé, alors que la moyenne française est déjà incompatible avec une économie prospère et des finances publiques saines. Et naturellement, ceci ne tient pas compte des fonctionnaires corses qui travaillent sur cet horrible Continent colonialiste qui ne manque pas de les exploiter !

Alors que faire ?

Certainement pas officialiser la langue corse. Indépendamment des problèmes pratiques que ça poserait, elle ne mérite pas d’être considérée comme une vraie langue. Je pense que, parmi nos langues régionales,  seuls le breton et le basque peuvent être considérées comme de vraies langues. Encore n’ont-elles aucune reconnaissance internationale, ni aucune utilité professionnelle. Donc, même pour ces deux-là, la République n‘a pas à payer des professeurs. Elles doivent rester du domaine privé, comme le catéchisme…

Considérer les gens qui ont été condamnés pour faits de terrorisme indépendantiste comme des prisonniers politiques ? Cela me parait évident ! Ces condamnés n’avaient pas de motivation financière, crapuleuse ou mafieuse. La France devrait le reconnaître. Cela peut déboucher effectivement, après une peine déjà longue, sur une amnistie ou des remises de peine au cas par cas. Et qu’ils soient géographiquement rapprochés de leurs familles me paraîtrait également normal, en attendant.

Mais on sait bien que le vrai sujet est le statu-quo dans le « giron de la République », surcroît d’autonomie ou indépendance en bonne et due forme. Je pense qu’un petit bidouillage constitutionnel n’est pas à la hauteur de l’enjeu, d‘autant qu‘il ouvrirait la voie à bien d‘autres territoires plus ou moins lointains et prêts à clamer leur « spécificité », donc à réclamer des avantages supplémentaires. Et mis à part les gadgets linguistiques, le président de la République ne semble guère disposé à sortir du statu-quo. C’est une position courageuse, même si elle provoque le courroux des chefs nationalistes, qui trouvent que leur discours de ces derniers temps, tout en gentillesse pateline, n‘est pas récompensé. Occasion manquée disent-ils, et leur dépit est compréhensible. Mais le discours d’Emmanuel Macron à Bastia fut celui d’un homme d’Etat.

On peut penser que le statu-quo actuel, déjà sympathique pour les Insulaires, ne réglera rien. Ce n’est pas sûr. L’époque est à l’accalmie et la Corse peut s’en satisfaire et retrouver un certain calme au fil du temps. Mais elle peut aussi repartir dans une violence ingérable. Auquel cas, il faudrait revoir la question et prendre des mesures politiques, plus radicales que l‘envoi de policiers supplémentaires.

Reste le choix entre autonomie et indépendance. Dans tous les territoires de la République où la question se pose (Corse, Antilles, Guyane pour l‘essentiel), les mouvements purement indépendantistes ne se sont jamais imposés électoralement. Tout se passe comme si les électeurs, pas fous, leur donnaient de quoi faire un peu peur à l’Etat central et en obtenir des avantages, mais surtout pas obtenir l’indépendance. La situation dénoncée comme coloniale a tout de même du bon. Et je suppose que les Antillais,  par exemple,  se disent en réalité que s’ils étaient indépendants, leur pays serait peut-être dans la situation de son voisin d’Haïti. En Corse comme ailleurs, le credo favori des électeurs est donc l’autonomie. Et dans ma candeur de non-juriste, je vois une petite différence entre autonomie et indépendance. Vu par les demandeurs, c’est : « Avec l’autonomie, on fait ce qu’on veut, mais en gardant les subsides de l’Etat central » alors que « l’indépendance, c’est : on fait ce qu’on veut, mais en se débrouillant tout seuls ». Le choix s’impose de lui-même. Comme le choix inverse pour le contribuable continental que je suis.

La République étant toutefois « Une et indivisible », cette indépendance ne devrait résulter que d’un référendum. Et là, il est temps que les Continentaux disent « Pour être mariés, il faut être deux. Donc nous devons voter aussi et le droit de vote à ce référendum ne doit pas être réservé aux électeurs corses, comme cela s’est fait jusqu’ici ». Nous aurions alors une consultation indiscutable.

En disant cela, je ne dis pas aux Corses « Au revoir et bon vent ! », voire « bon débarras ». Car j’ai un gros faible pour les options indépendantistes dans toutes les régions de France à forte identité, parmi lesquelles se trouve ma région, la Normandie. Mais c’est surtout par dégoût de ce que devient la France. Alors pourquoi pas des indépendances régionales ? On est malheureusement obligé d’y penser. Et j’avoue qu’un Code de la Nationalité normand me plairait beaucoup. Surtout s’il était aussi strict et aussi fermé que le stud-book du trotteur du même nom ! Et si, de temps en temps, le meilleur trotteur normand est coiffé sur le poteau du Prix d’Amérique par un trotteur suédois, ça me va bien aussi. Quand la qualité est là, je ne suis pas xénophobe !

Eric Burnouf

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Notifiez de
grougnach

Si la corse obtient son indépendance elle tombera rapidement sous la coupe (ou le joug) d’une grande puissance (USA, CHINE, RUSSIE ??) car elle n’a pratiquement aucune ressource personnelle ( pas d’industrie) en dehors de ses fabrications connues, charcuterie, vin, miel, confiture, etc..

dufaitrez

Il faut savoir, en toutes choses, ce que l’on veut !
Les Ados veulent l’indépendance avec l’argent de Papa.. Pareil ! Sans fric, ils reviennent vite à la Maison !
Proches de la Métropole, ils font leur crise d’adolescence avec notre bienveillance !
Les DOM-TOM l’ont bien compris Impossible de vivre sans Nous !
Sourions ensemble ! Mais PAYONS !

Alan

dufaitrez, tu te fais du cinéma, contrairement aux DOM-TOM, la Corse est à 30′ en bouée des côtes de cette méchante métropole ! La légende veut que les corses soient presque tous fonctionnaires ou (et) mafieux ! Il doit pourtant y avoir plus de soignants en Corse qu’en normande où il faut 5 mois pour obtenir un RDV avec un cardiologue ! La corse est un gouffre, le 93 ne l’est pas (?) l’âne qui brait … (Sourions, Il faut savoir, en toutes choses, à qui on veut s’adresser !)

dufaitrez

« Ane, mon cher Ane, ne vois-tu rien venir » ? (humour de Barbe Bleue).
La Corse ? C’est 0,5 % du PIB métropolitain. Epsilon de population…
Les yeux plus gros que le ventre ! Avec une tête de « Maure » (Mort ?).
Rejeter le sein nourricier serait un suicide ! Bien à Vous.

butterworth

langue corse effectivement patois italien https://fr.wikipedia.org/wiki/Corse_(langue)

lafronde

Entre le pouvoir républicain parisien et le pouvoir identitaire corse, quel est le plus légitime ? La République a renoncé à son caractère national en délégant sa Législation à une U.E. qui a elle-même renoncé à son caractère européen. L’origine de cet universalisme réside dans la Convention CEDH de 1950, qui alloue aux étrangers les même droits que les nationaux – principe d’indifférenciation. Trente ans plus tard, la « construction » européenne transposera cette Législation de manière spoliatrice et dans toute l’Europe de l’ouest. Voici ces pays envahis par les migrants venant se faire servir leurs créances. Clientéliste, spoliatrice, déficitaire et liberticide, la République post-française n’a aucune leçon a donner aux corses qui devraient faire la grève de l’impôt, et s’auto-gouverner.

BALT

Corses, il est temps de libérer la France. Rappelez vous Napoléon Bonaparte. Corses, libérez nous.

Pierre B

Tout à fait d’accord avec votre article. Il y a une bande d’agités minoritaires suivi par la masse bêlante qui y trouve des avantages. Considérer que le meurtre du préfet Erignac est « normal » et ne manifester aucun regret ou contrition est lamentable. maintenant il n’y a qu’à regarder les têtes des leaders nationalistes : des doctrinaires bouffis d’orgueil obsédés par l’indépendance de leur ile. Sans la France, même si elle n’est pas exempte de reproches, que seraient-ils ? C’est bien gentil de parler de culture corse (les cochons, les chants, les fromages ça fait court comme cultture) alors qu’ils sont issus des cultures qui les entourent. l’indépendance ? pour mieux tomber aux mains d’une minorité mafieuse ? Belle idée

Balistre

Ben alors pierre, une mauvaise expérience sur notre ile magnifique lors de vos vacances de petit parigo frustré? ça s’est mal passé? peut être êtes vous arrivé un peu trop sûr de vous, un peu trop arrogant, en territoire conquis. Il est vrai que nous sommes un peu susceptibles, surtout avec les têtes de veaux de parigots que nous n’aimons pas trop. Maintenant il est évident que quand on passe, comme vous,
onze mois de l’année à raser les murs de votre capitale assiégée en baissant la tête et en tremblant, en plus d’une forte baisse de l’estime de soi-même, on doit ressentir beaucoup de rancoeur, de frustration et de colère, cette colère qui, si elle n’était pas étouffée par la lâcheté et le manque de solidarité dont vous faites preuve serait saine, productive et efficace. Pauvre pierre

Et vous Balistre, vous pourriez éviter les clichés, parigo frustré, arrogant…raser les murs. Regardez la population arabe en Corse par rapport aux Corse, âge, fécondité. Comparez le nobre de mosquéees et d’églises: vous donnerez moins de leçons aux autres. Aveuglement qui croit que le régionalisme est la survie.

Et vous Balistre, vous pourriez éviter les clichés, parigo frustré, arrogant…raser les murs. Regardez la population arabe en Corse par rapport aux Corses, âge, fécondité. Comparez le nombre de mosquées et d’églises: vous donnerez moins de leçons aux autres. Aveuglement qui croit que le régionalisme est la survie.

Balistre

Je vous ai énervé tant que ça pour que vous m’envoyiez votre message en double?
Faut pas vous exciter comme ça, c’est mauvais pour les artères.

Pierre B

Il est d’ailleurs curieux de constater que la plupart des mouvement d’indépendance -pas la corse- concernent une certaine taille critique. par exemple la catalogne c’est 10 millions d’habitants. L’italie du nord aussi et si vous regardez bien pas mal de zones dans le monde sont dans ce cas. Comme si au delà d’une certaine taille une région à forte identité prenait soudain conscience de sa puissance et de son potentiel. Et donc l’avenir des nations qui pourraient disparaître ça pourrait bien être, un peu comme au moyen age le retour des régions. L’allemagne avec ses Landers c’est déjà ça… Maintenant les corse.

pignouf

article raciste comme tous sur R.l c edy une merde d écriture.. Je commence a comprendre les musulmans

patphil

les corses ont réussi à ce que leurs cotes ne soient pas bétonnées, que les immigrés ne caillassent plus les pompiers etc.
être oublié comme le sont les guyanais ou les aveyronnais au profit des « quartiers » entraine des réactions : marine en tête au premier tour par exemple!

laulo

ces cochons insulaires qui viennent chez nous se prélasser comme des moutons de panures. héé restez chez vous un peu..

JILL

Ces cochons participent un peu à l’économie de l’île,non ?

laulo

@jill c est votre seule réponse??
on s en fout complètement de votre argent pauvre âme

JILL

Ah bon ? commerçants,restaurateurs,hôteliers ne semblent pas être du même avis que vous …La Corse elle vivrait comment sans la France et les cochons de touristes ? De l’élevage des chêvres ?

Arthur

« Certainement pas officialiser la langue corse. Indépendamment des problèmes pratiques que ça poserait, elle ne mérite pas d’être considérée comme une vraie langue. Je pense que, parmi nos langues régionales, seuls le breton et le basque peuvent être considérées comme de vraies langues.  » (sic)

Je laisse aux Corse le soin de répondre à l’article au sujet de leur langue et aux propos franchement RACISTES sur leur soit disant manque d’ardeur au travail !

En ce qui concerne les autres langues dites régionales, je prends la cas de la mienne, l’Occitan.

F. Mistral, prix Nobel de littérature en 1904, écrivait en occitan.
L’occitan qui était la langue des troubadours au XII siècle et d’auteurs comme Bodon ou beaucoup d’autres et il ne serait donc pas une vraie langue !

La langue de Mistral n’était-elle pas plus précisément le provençal, appartenant au grand groupe occitan? L’ennui avec les langues régionales est qu’elles comportent une multitude de variantes qui rend la communication écrite et orale difficile.

Yves ESSYLU

Moi je suis pour l’intégration de la France au sein de l’I3M et tant mieux si les corses créent le paradis fiscal dont rêvent leurs mafieux aux portes de Marseille, les français pourront préserver leurs économies sans aller à Singapour

trafapa

Petite rectification : ayant résidé en Martinique , au Marin , le taux d’emplois publics y frise les 50 % , sans parler des emplois induits (marchés publics . . .) ; c’est vous dire la dépendance de nos « danseuses » ultra-marines , dont je suis d’avis de leur laisser l’indépendance , la vraie . D’ailleurs , les positions adoptées par les votants sont claires , n’est-ce pas ? Vox populi , vox dei !

jan le Connaissant

Vive l’indépendance du Pas De Calais !!!

( rires ! )

Caillettes aux herbes

Vive l’Ardèche libre ! Ardéchois , premier choix !

jan le Connaissant

:-)

corsica sempre

Je n’ai pas pu lire l’article jusqu’à la fin, je me suis arrêté à « les corses sont paresseux » ! parce que les français sont de grands travailleurs c’est bien connu :)
Moi aussi comme vous je pourrais faire une liste de ce que j’aime chez les français et une liste de ce que je n’aime pas chez eux. la seconde liste serait plus longue que la première. et comme je n’aime pas la haine je m’abstiens de vous lister tout ça.
evviva u populu corsu, , a nostra lingua e a nostra cultura

Arthur

Je sus occitan et comme vous cet article me répugne par son racisme et disons le clairement par sa bêtise et l’ignorance qu’il révèle. Il est certain que l’éducation nationale a bien travaillé pour inculquer de pareilles inepties (not. sur les vraies langues –). .

Pierre B

Il n’y a que la vérité qui blesse. C’est vrai que vous n’êtes pas des bourreaux de travail.

Balistre

@ corsica sempre
Même sentiment, si les français du genre de certains petits scribouillards qui écrivent sur RL avaient autant d’animosité envers les mahometans qu’envers les corses qui ne leur ont rien fait, je pense que la France ne serait pas dans cet état. Qu’est ce qui peut bien motiver ce racisme anti-corse primaire illustré par tous ces clichés complètement éculés? La jalousie? Oui surement, cette jalousie qui découle du fait que ces petits continentaux haineux n’ont rien dans le pantalon et sont obligés dans leurs horribles villes déjà perdues de baisser la tête et de ramper devant l’envahisseur. Du haut de mon village perché sur les hauteurs d’Ajaccio, je vous observe et je vous plains petits français citadins et je me dis: socu propiu bè ind’è me, in u me paesi, cù i mei.

Corsica

la Corse ce n est pas la France..
bientot la libération de notre fier peuple et de son histoire semé d embûches..

trafapa

« semée » ; et bien nous sommes d’accord sur ce point , avec interdiction d’user de la langue française ; gardez donc votre patois italien .

Arthur

Et vous gardez donc votre racisme et votre ignorance.
Je suppose au passage qu’il vous serait bien difficile de définir le mot patois (utilisé par les jacobins pour décrédibiliser les langues dites régionales).

trafapa

allez , on va dire dialecte , pour te faire plaisir . Quant à patois et bien si j’ai un doute , j’ouvre mon vieux Littré , acheté sur les conseils de mon professeur de philosophie Jean Michel Muglioni (corse , gag !) . Bonne digestion l’ami !

aguirre

Comme ça, vous apprendrez à vos dépens ce que coûte l’heure de vol d’un Canadair…

Humour Humour

Hou ! ça , c’est mesquin !