Voilà ce qui nous pend au nez : la leçon du petit Yitskhok


« Entre les murs du ghetto de Wilno 1941-1943 » Yitskhok Rudashevski, journal publié aux éditions L’Antilope
C’est à peine un adolescent. Il a 13 ans. Il va écrire pendant deux ans, pour lui, bien sûr, mais aussi pour nous. On écrit toujours pour être lu, espérant qu’on sera compris un peu, parce qu’on a besoin d’affection et de reconnaissance, reconnaissance de ce que l’on a enduré et pour que cela soit une leçon, que jamais plus l’horreur vécue ne se reproduise. Cet enfant s’appelle Yitskhok Rudashevski. On a retrouvé son journal presque gribouillé parce que le petit homme, déjà en formation, a dû faire vite à chaque fois, à cause de la peur, du danger qui peut surgir à tout moment ; mais gribouillé avec un talent inouï, une maturité hors du commun pour un enfant de cet âge, un enfant nanti déjà d’une ample culture et doué d’une lucidité incroyable sur la nature humaine.
Cela se passe à Vilnius en Lituanie, en juin 1941, dans le ghetto. On l’a déjà presque compris : Yitskhok est un petit Juif. On a retrouvé son journal après la guerre dans une « maline » c’est à dire une cache -,la plupart du temps découverte,- où les Juifs essaient de se soustraire à la cruauté de la vermine nazie et de soustraire également les quelques biens ou même simplement quelques petites choses qui touchent leur cœur, des photos de famille exprimant la joie de vivre d’autrefois, des livres qu’on considère importants et des bibelots, cadeaux offerts par des êtres aimés ; autant de choses qui, si on échappe à cet enfer, on aura l’espoir de retrouver, souvent dans les ruines.
 
Yitskhok, très tô,t découvre la nature infecte de l’homme, la vraie, celle de la bête enfouie en nous et recouverte par une grosse couche de conventions, de moralité  et quelquefois d’un tout petit morceau fragile de cœur et de compassion. « C’est un crève-cœur de voir une scène aussi affreuse, des femmes et personnes âgées juives frappées à coups de poing et coups de pied en pleine rue par des petits bandits… Les larmes me viennent aux yeux : toute notre impuissance, toute notre solitude est là dans la rue ». Plus loin : « Les rues sont clôturées par des barrages de Lituaniens », les fameux sturmistes. Puis, plus loin encore : « Je regarde cette masse de gens avec leurs pauvres paquets, chassée par les Lituaniens ». Ces Lituaniens qui profitent du malheur de ce peuple encore une fois maltraité : « Là, les assassins, les Lituaniens, se sont rués comme des bêtes, ont défoncé les portes à coups de hache et de pied-de-biche pour dénicher leurs proies, hommes, femmes, enfants … ». Mais le pire est là, sous les yeux du petit Yitskhok : « On aperçoit bientôt les premiers policiers juifs. Ils sont sensés veiller au maintien de l’ordre. Mais avec le temps, ils sont devenus une caste qui prête main-forte aux oppresseurs dans leur sale boulot… Ils aident à prendre leur frère à la gorge, ils aident à tendre un croche-pied pour faire tomber leur frère ». Et bien des pages plus loin : « Un malaise me prend, je hais de tout mon cœur ces Juifs du ghetto en uniforme… Chacun éprouve pour eux la même haine ». Puis il a cette phrase bouleversante : « Ils jouent la comédie avec leur propre tragédie ».  Mais ce n’est pas fini : « Au ghetto on voit parmi nous, Juifs, tant d’injustice, tant d’iniquité, tant de choses écœurantes. À la distribution de viande sur tickets, par exemple. Les gens se gèlent à faire la queue. Les policiers, les privilégiés, eux, entrent librement ». Toute la puanteur de l’âme humaine est là, présente dans toutes ces scènes variées. Et pourtant, et pourtant, malgré l’ampleur indicible de l’horreur, Yitskhok continue d’étudier, de remplir sa vie par les joies de la culture. Il soupire : « soleil, soleil, soleil ». Et puis, même les plus méchants peuvent parfois montrer de la compassion :  » … un Allemand frappait un Juif à coups de bâton. Des soldats allemands qui passaient par là en camion ont sauté de la plate-forme, ont arraché le bâton des mains du houligan et lui ont demandé avec colère : « Pourquoi le frappes-tu ? Toi, chien, tu n’es sûrement pas allé au front, alors tu cognes ».
 
Nous sommes arrivés aujourd’hui à la porte d’une période de ce genre.Voilà ce qui nous pend au nez ! Demain, nous serons ce que les Juifs ont été hier. Déjà, nous sommes victimes d’une sorte d’antisémitisme, d’une opprobre qui a la même nature. Parce qu’hier nos pères n’ont pas eu la lucidité d’abord, puis le courage, ensuite, de combattre la vermine nazie, ils ont succombé et ont eu un mal fou à recouvrer la normalité de l’histoire. Et parce qu’en souriant béatement, nous ne bougeons pas devant la vermine islamique, nous aussi, devenus dhimmis, les nouveaux Juifs finalement, nous finirons dans des ghettos et cette fois sans doute… pour des siècles et des siècles.
Philippe Arnon

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14 Commentaires

  1. C’est ce qui pourrait arriver en cas de grave crise économique, de guerre civile ou tout autre crise qui provoquerait l’effondrement de l’Etat. Par contre, si d’ici une décennie rien de cela ne s’est passé, il est fort probable que le basculement démographique provoquera durant quelques années ce type de situation que nous connaissons déjà mais à baisse intensité. Mais à voir à quelle vitesse le métissage s’étend, les quelques blancs qui resteront seront très mal vus un jour plus trop lointain. Ils auront alors intérêt à se regrouper en communauté. Tous ceux qui auront choisi le métissage passeront dans un autre monde sans retour en arrière possible. Et c’est sans doute l’objectif de la signature du Pacte de l’ONU pour des migrations sûres, hâter la disparition de la France historique.

  2. La connerie et la cruauté humaine sont sans limite, c’est la seule chose dont on est sûrs…

  3. Actuellement c’est plutôt les Européens de souche qui sont en danger, même si parfois des juifs sont victimes de l’immigration afro maghrébine.

    • Bien dit, il faut remettre un peu d’ordre dans ce foutoir. A regarder ailleurs, ou en oublierait de se pencher sur notre sort.

  4. @ Philippe Arnon
    Votre récit m’a bouleversée.
    « Demain, nous serons ce que les Juifs ont été hier. » : pourquoi les Juifs s’enfuient-ils en Terre israélienne au lieu de rester et combattre ? Qui restera pour vous, nous, défendre si ceux qui peuvent prendre les armes s’en vont ?

    • J’ai toujours cru, et sans raisons très valables du reste, que tu étais un mec Vent d’Est, Vent d’Ouest.
      Ben j’aime bien tes commentaires, voilà !

    • Face à l’islam les juifs préfèrent l’exode.
      Mais nous, européens, où partirons-nous ?

  5. Et on voit déjà les gauchos islamo collabos les pseudo antifas et toute la racaille se réclamant peu ou prou de gauche déjà au travail avec les envahisseurs et leur prêtant mains fortes pour nous faire taire et si possible disparaître.

  6. Terriblement émouvant et, malheureusement, peut-être prémonitoire ; car c’est vrai qu’on n’a pas VOULU VOIR la montée fulgurante du nazisme, on a nié la réalité comme aujourd’hui.
    Il est sans doute déjà bien tard pour se réveiller et plus on attendra, plus la survie et la victoire seront difficiles !….

  7. A cette époque, le petit Yitskhok ne pensait pas à la fin du monde mais il pensait à la fin d’un monde, le leur…

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