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Voilà que « l'Est républicain » remet ça…

A la veille du procès en appel de Fanny, dans un article indigent, l’Est Républicain recycle ses textes d’il y a deux ans et ressert les mêmes arguments éculés. Sans jamais faire état de ce qui a changé depuis deux ans : des faits et un état d’esprit.
Le plumitif de service prend cette fois ci comme cible, les signataires de notre pétition. Le papier s’intitule « Pétitionnaires ». C’est le seul élément nouveau dont tient compte en effet l’article. Mais il en reste aux signatures d’appel, 315, alors qu’il y en a , à ce jour, plus de dix fois plus, soit 4500. Le plumitif part donc, goguenard, à la pêche des signatures de gens à pignon sur rue. Ce type de journaleux adore ça, extraire d’une pétition, le gratin. Là, c’est pour mieux s’étonner. On le voit venir avec ses gros sabots. A la question logique : pourquoi Fanny attire ces « nouveaux amis », il préfère la suggestion sournoise : à côté de qui ils sont ? Devinez ? Aux côtés des militants « historiques » du Mouvement pour la France. Et du FN. Ca en fait du monde ! En réalité derrière ces sigles, un seul homme, l’ex-avocat de Fanny, Alexandre Varaut. Le seul, qui à l’époque, a accepté de défendre gratuitement Fanny.

Les gens de gauche, eux, étaient occupés à s’indigner et à déléguer à leurs chiens de garde, LDH , MRAP et Licra locale, le soin de se déchaîner à bon compte contre une femme de bonne foi et de condition modeste, tout en réclamant d’exorbitants dommages et intérêts. Désormais pour eux, il y a la bonne opprimée, basanée et voilée, fut-elle diplômée et aisée, et la mauvaise opprimée, présumée « raciste », fut elle fille d’ouvrier, gravement pénalisée matériellement et moralement par ce jugement inique, obligée de vendre son gîte.
Or, l’article ne mentionne même pas que Fanny a changé d’avocat ! Exit Varaut, le seul éventuel représentant de l’extrême droite honnie. Signalons pour sa gouverne, que depuis, nous avons délibérément supprimé de la liste des pétitionnaires, les noms des adhérents ou sympathisants du FN. Ce qui nous vaut menaces et anathèmes de la part de ses responsables, ça c’est un fait. Voilà des informations qui mettent à mal son angle d’attaque : les défenseurs de Fanny, tous des pourris d’extrême droite !
La question que pose ce texte, est : quel journalisme est ce là ? Qui ne part pas des faits, mais qui fait du parti pris ?
Les faits ? Ils sont une fois de plus travestis. Fanny a demandé, on l’a dit et redit, aux deux femmes voilées de ne pas arborer leur tenue dans les parties communes du gîte. Voilà ce que ça donne dans l’article : « Elle a en effet refuse l’accès à une famille de l’Essonne l’accès au logement qu’elle avait réservé, au motif que les femmes du groupe étaient voilées. » Elle a donc logiquement « écopé » d’emprisonnement avec sursis et d’amende pour « discrimination religieuse ». CQFD.
Les faits ? Ils sont passés sous silence. En deux ans, des choses ont changé. Pour témoins, deux décisions de tribunaux en 2008. L’une, celle du tribunal de Lille, accédant à la demande d’annulation d’un mariage, au prétexte que la mariée n’était pas vierge, a provoqué un tollé général. Il a fallu suspendre cette décision. L’autre, émanant du Conseil d’Etat, à l’inverse, a refusé d’accorder la nationalité française à une femme, au motif qu’elle arborait la burqua, tenue incompatible avec le respect de nos principes républicains. Il y a une indéniable exaspération de l’opinion publique face à cette invasion de l’espace républicain par des tenues et des comportements qui en sont la négation. Fanny, dans ce contexte, serait elle encore aussi lourdement condamnée ? Comment se fait il que notre pétition rencontre un tel succès et compte des gens qui ne l’auraient pas signée il y a deux ans ? Telles sont les questions que devrait se poser notre journaliste.
Mais il ne se pose aucune question, trop paresseux pour faire son boulot correctement, c’est à dire enquêter, trop partisan pour donner à ses lecteurs des éléments de réflexion, susceptibles de leur permettre de se former une opinion. Il se réfugie dans le persiflage facile. Avec quel mépris ne présente il pas Fanny ! « Celle qui s’appelle en fait Yvette Truchelut » (pas net de changer ainsi de prénom, mais tiens, tiens, ça rappelle étrangement Le Pen qui révélait que Patrick Bruel s’appelait en fait Bensoussan). On continue sur le même registre : elle a « écopé »- tout est dans le choix dédaigneux du terme – de sanctions (bien méritées) pour « discrimination religieuse ». Le ton est donné. Fanny ? Une reprise de justice en puissance.
Quel journalisme est-ce là ? Il manque gravement à la déontologie de sa profession en pratiquant la désinformation, et en laissant paraître clairement son parti pris.
Anne Zelensky