Voile intégral : des musulmans contre les lois de la République

Publié le 11 avril 2011 - par - 1 263 vues
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Nous voilà arrivés à une date importante celle de la mise en application de la loi concernant le port du niqab.
Je ne sais pas si les forces de l’ordre républicain feront appliquer la loi ou si les responsables de cet ordre reculeront devant les menaces de l’ État Islamique de France, l’avenir nous le dira.
Cependant, il est possible de constater d’ores et déjà l’attitude d’une partie de la communauté musulmane concernant cette loi. (Source: http://www.ajib.fr/2011/03/loi-anti-niqab/)

Je voudrais mettre en relief les intentions d’une association « Touche pas à ma constitution » qui appelle les femmes musulmanes portant le niqab à violer la loi française et à continuer à porter ce vêtement. Cette association ce propose de créer un fond d’un million d’€uros pour régler les contraventions à la place des contrevenantes. Tout cela bien entendu sous fond de « désobéissance civique ».

J’ai lu, en son temps, un ouvrage très intéressant de José Bové et Gilles Luneau ayant pour titre «Pour la désobéissance civique » qui définissait les 6 points traçant le profil de cette fameuse désobéissance civique.

Je cite les auteurs ( source http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9sob%C3%A9issance_civile )
1. c’est un acte personnel et responsable : il faut connaître les risques encourus et ne pas se soustraire aux sanctions judiciaires
2. c’est un acte désintéressé : on désobéit à une loi contraire à l’intérêt général, non par profit personnel
3. c’est un acte de résistance collective : on mobilise dans l’optique d’un projet collectif plus large
4. c’est un acte non violent : on a pour but de convertir à la fois l’opinion et l’adversaire, non de provoquer une répression ou une réponse armée ; toute attaque aux biens ne peut avoir qu’une dimension symbolique
5. c’est un acte transparent : on agit à visage découvert
6. c’est un acte ultime : on désobéit après avoir épuisé les recours du dialogue et les actions légales.
Fin de citation.
Avec cette proposition de l’association « Touche pas à ma constitution » sommes-nous bien dans une action de désobéissance civile ? Et bien non si l’on considère les critères énoncés par des spécialistes du genre.
Premier argument – C’est un acte personnel et responsable : il faut connaître les risques encourus et ne pas se soustraire aux sanctions judiciaires
Les femmes portant le niqab dont les amendes seront réglées par un tiers vont, de facto, se soustraire à la sanction.

Deuxième argument – C’est un acte désintéressé : on désobéit à une loi contraire à l’intérêt général, non par profit personnel.
Les femmes qui continueront à porter le niqab ne le feront pas dans l’intérêt général mais bien pour un intérêt doublement particulier. Celui du prosélytisme religieux et le leur, celui de sortir masqué pour se protéger du regard des autres qu’elles jugent offensant.

Troisième argument – C’est un acte de résistance collective : on mobilise dans l’optique d’un projet collectif plus large.
Il ne s’agit pas là de résistance collective car par définition les hommes en sont exclus. On peut se demander sur quel « projet collectif plus large » aboutira cette démarche. Vers quelle type de négation de la loi française iront ensuite ceux qui contestent cette loi.

Quatrième argument – C’est un acte non violent : on a pour but de convertir à la fois l’opinion et l’adversaire, non de provoquer une répression ou une réponse armée ; toute attaque aux biens ne peut avoir qu’une dimension symbolique.
Encourager les femmes musulmane au port du niqab a bien pour objectif primordial et immédiat de provoquer la répression qui prend la forme de la contravention. En pratiquant de la sorte l’association ne cherche ni à convertir l’opinion ni l’adversaire. Elle dit simplement: « Ne respectez pas cette loi, vous serez contrevenantes mais je prends la sanction à ma charge. » Cette substitution est d’une grande violence. Une violence faite à la femme réduite à un rôle de drone envoyé sur le terrain du conflit. Une violence faite à l’esprit même de la légalité ou il sera prouvé, une fois encore, que la puissance financière exonère des comptes à rendre à la justice.

Cinquième argument – C’est un acte transparent : on agit à visage découvert.
Contrairement à son nom « Touche pas à ma constitution », il est évident que le sort de la constitution n’intéresse pas le moins du monde les membres de cette association. Il suffit pour s’en rendre compte d’aller sur leur site. Ce n’est pas à la constitution que ce groupe ne veut pas que l’on touche mais bien à la lente pénétration de l’ Islam dans la sphère publique et à son travaille de sape d’une laïcité gênant ses objectifs hégémonique.
Source (http://touchepasamaconstitution.wordpress.com/)

Sixième argument – C’est un acte ultime : on désobéit après avoir épuisé les recours du dialogue et les actions légales.
A qui peut-on faire croire que c’est un acte ultime. La loi n’est pas en application, les tribunaux n’ont pas encore élaborer de jurisprudence, les instances d’appel ne peuvent encore être saisies. Rien d’ultime dans cet acte si ce n’est la détermination de ceux qui souhaitent en tirer profit.

Nous ne sommes pas dans le cas d’un désobéissance civique. Nous sommes face a une anticipation de méthodes et de moyens à opposer à une loi républicaine afin de lui ôter toute force. En d’autre terme, cette association se propose, purement et simplement de nier une loi française par le biais de l’argent.

Imaginez un instant, qu’un milliardaire insensé dise demain: « A tous ceux qui ne souhaitent pas respecter la règles concernant les places de stationnement réservés aux handicapés, qu’ils le fassent. Je prendrai les montants des contraventions à ma charge. La méthode est simple, adressez moi vos contraventions et je les règlerai directement au trésor public ». Qui oserait prétendre que c’est un acte de désobéissance civique. Qui pourrait prétendre que c’est la contestation d’une loi. Qui pourrait affirmer que cette démarche s’inscrit dans la légalité républicaine. C’est pourtant ce que certains musulmans comptent faire.

Pierre Thyde

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