Vous êtes immigré, vous n’êtes pas terroriste ? Vous pouvez entrer !

Publié le 25 février 2015 - par - 1 304 vues
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Questionnaire-aux-migrantsLégende : « Sont-ils dangereux? »  « Non, seulement pour les Italiens ».

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Par Mario Giordano, journaliste et écrivain italien (trad. D. Borer)

 

Excusez-moi, êtes-vous membre d’Isis ? Etes-vous un terroriste ? Non ?

Vous non plus ? Alors, venez, vous pouvez entrer.

Ecoutez : y aurait-il quelqu’un sur ce bateau qui a égorgé un otage américain ? Un volontaire anglais ? Un chrétien copte ? Non ? Vraiment ?

Vous en êtes sûrs ?

Vous n’avez jamais décapité personne ? Lapidé des femmes ? Crucifié des prêtres ? Brûlé au moins un pilote jordanien enfermé dans une cage ? Non ? Rien ?

Bien ! Alors tout est en ordre, entrez et promenez-vous librement dans nos rues, dans nos quartiers.

Mais, excusez-moi, vous, là-bas, qu’êtes-vous en train de faire ?

Cacheriez-vous par hasard un scud sous votre veste ? Une kalashnikov ? Quelques kilos de TNT ? Non? Vraiment ? Vous le jurez ? « Giurin giurello sono santo sono bello? Giur giuretta non ho nemmeno una bombetta? «  Même pas une bombinette ? Croix de bois croix de fer….parole de jeune marmotte islamique ?

Alors je vous en prie, faites comme chez vous. L’Italie vous souhaite la bienvenue !

 

Et les oiseaux de malheur, les empêcheurs de tourner en rond, les critiqueurs, toujours les mêmes, osent dire que nous ne savons pas nous défendre ?  En réalité notre pays, grâce à l’activité intense des services secrets, a mis au point un système de défense imparable :

LE QUESTIONNAIRE DE L’IMMIGRÉ.

 

Voilà comment ça fonctionne :

Quand un clandestin arrive, on lui demande s’il est membre d’Isis. S’il répond non, nous sommes tranquilles. Nous pouvons dormir sur nos deux oreilles.

Et ce super système de sécurité ne se contente pas de ça, on a inventé autre chose, une preuve vraiment irréfutable: elle consiste à montrer au clandestin le drapeau noir de l’armée islamique. S’il avoue qu’il l’a récemment fait flotter au dessus de la tête d’un décapité, bingo ! Les services de sécurité interviennent immédiatement pour arrêter le dangereux terroriste.

Si au contraire, il répond en voyant ce drapeau : je ne sais pas ce que c’est ou alors, je le connais mais je ne l’aime pas, nous avons alors la preuve incontestable qu’il ne s’agit pas d’un terroriste.

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Vous pensez que je plaisante ? Et bien non…..!

Sérieux comme un pape, Flavio Di Giacomo, porte-parole de l’Organisation Internationale pour la Migration l’a révélé au « Messaggero ». Le journal a titré son article ainsi : « Lampedusa, la grande peur : un test sur le Califat donné aux réfugiés ».

Voilà en quoi consiste ce test (je cite textuellement) : « Nous montrons à chacun de ces désespérés qui franchissent la porte du centre d’accueil un drapeau de l’Isis pour voir s’ils le reconnaissent ». Et quels sont les résultats ? « Ils nient, ils nient toujours… », voilà ce que raconte le porte-parole de cette organisation. Comme c’est bizarre ?!! Il n’y en a même pas un qui avoue : « mais oui, je l’ai dans ma chambre », ou alors : « je me marrais bien quand je le faisais flotter tout en violant des jeunes filles catholiques », ou alors : « le Calife vient de me demander d’aller le planter sur la place du Vatican ».  Mais rien…… Tous disent ne pas aimer ce drapeau.

Donc, c’est évident, les services secrets en ont ainsi la preuve : ce ne sont pas des égorgeurs !

Ce système est terriblement efficace : de cette manière, parait-il, on arrive à éliminer les terroristes d’un battement de cils.

Es-tu un terroriste ? Non. Et toi ? Non plus. Et toi ? Sûrement pas ! Formidable ! Personne ne déclare être un terroriste, donc, constatez par vous-même, il n’y a PAS de terroristes !

L’idée est tellement géniale que, (nous l’avons appris de personnes indiscrètes), le ministre de l’Intérieur penserait l’adopter systématiquement, et pas seulement pour arrêter les djihadistes d’Isis.

Nous venons d’avoir un premier exemple à Rome avec les hooligans hollandais : « Excusez-moi, auriez-vous l’intention, par hasard, de vandaliser la Piazza di Spagna ? Nooooon ! » Et voilà, pffuit, les holligans n’existent pas. On pourrait également faire de même avec les violeurs : « Excusez-moi, avez-vous l’intention de violer une jeune fille ? » et avec les voleurs : » Excusez-moi, avez-vous l’intention de voler ? » ou alors avec les assassins : « Excusez-moi, avez-vous l’intention de tuer quelqu’un ? ».

Quand on invente une procédure aussi efficace, pourquoi ne pas l’étendre à tous les criminels ? Nous avons de bonnes raisons de croire que la défense de notre pays va pouvoir s’appuyer entièrement et avec toute confiance sur les réponses qui lui seront données.

Et si tous nient, c’est encore mieux ! Cela signifie qu’il n’y aura plus de délinquants, plus de criminels et, surtout, plus de terroristes.

Le problème est résolu : nous deviendrons le pays le plus sûr au monde. […]

 

Mario Giordano  dans LIBERO (trad. D. Borer)

Via Imola Oggi

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