Voyage à Boboland et visites de musées parisiens

Ces jours-ci, comme cela m’arrive souvent pour des raisons diverses et variées, j’ai effectué une incursion en terre jadis connue mais, désormais, inconnue pour moi : Paris. Cette incursion exotique et périlleuse débuta par le Jardin d’Acclimatation. Plus précisément la Fondation Vuitton, dont le vaisseau de béton, de verre et de bois déploie ses voiles au-dessus du bois de Boulogne. À noter que cette architecture contemporaine de Frank Owen Gehry est, selon moi, une réussite. C’est assez rare pour le souligner…

Su place, je me suis frotté à une exposition déplorable qui confrontait un immense peintre à un escroc de l’Art, comme sait en produire le monde occidental depuis plusieurs décennies et ce, dans un souci de décadence masturbatoire. L’immense peintre c’était Claude Monet, dont je considère l’œuvre comme une ode à la nature telle qu’il s’en trouve fort peu. L’escroc c’était une certaine Joan Mitchell, une Américaine qui, comme seul point commun avec le génial impressionniste, résida à Vétheuil (Val-d’Oise), magnifique commune des bords de Seine où la douceur de vivre règne encore de nos jours. Croyez-moi, c’est devenu rarissime en Île-de-France.



Passé les contrôles paranoïaques pour éviter les bombes et désormais la soupe projetée sur les tableaux – en prenant soin de confisquer et mélanger gourdes, bouteilles et autres sandwichs dans des sachets réutilisés, tandis qu’on nous pourrit la vie avec les gestes barrières ! –, je me suis retrouvé dans un univers de bourgeois inspirés, s’extasiant bruyamment devant les déjections de madame Mitchell, bien plus que les toiles de Monet. D’ailleurs, le peintre et ami de Clemenceau était beaucoup moins représenté que la délirante et dispensable Américaine. Dieu merci, il se trouvait des hommes et des femmes pour reconnaître la supercherie de l’une face au génie de l’autre, minoritaires toutefois.

En entendant ces démonstrations d’admiration – pour certaines savamment surjouées – devant des gribouillages effrénés et non moins hystériques, j’ai fini par douter à de mon sens du goût : peut-être étais-je dans l’erreur ? En tant que facho élevé au grain et en plein air – comme le poulet de Bresse ! – sans doute me manquait-il l’éveil intellectuel progressiste nécessaire pour apprécier ces traits pleins d’un vide supérieur ?!



Comme j’aime à observer ces sortes d’atmosphères sociologiques, je constatais rapidement que beaucoup de visiteurs appartenaient à des classes sociales très aisées et sûrement macronistes. Il faut dire que l’on était chez l’homme qui habille Brigitte Macron : Bernard Arnault, au regard de prédateur assoiffé de milliards.

Autre petit fait de société contemporain, les Noirs étaient surreprésentés dans le personnel de la Fondation Vuitton, tout comme au Louvre, à Orsay, dans les musées de la Ville de Paris. Serait-ce que les Blancs trouvent ces métiers trop pénibles – ainsi qu’on nous l’assène mensongèrement – ou qu’il s’agit là d’emplois réservés à la caste diversitaire ? Ce qui serait de la discrimination pure et simple. Je pose la question…

Ensuite, je pris le métro, direction la bibliothèque Richelieu pour y faire quelques petites recherches. Arrivé à la station Palais-Royal, j’eus l’ineffable bonheur de retrouver un petit groupe de « mineurs isolés » – tout de même une bonne dizaine ! – qui, sans doute dans un souci de serviabilité paroxystique, attendaient les touristes pour les aider à porter leur sac ( ?). Car, pour ceux qui ne connaissent pas bien la topographie des lieux, la station Palais-Royal mène directement au Louvre, le plus grand musée du monde. Mais pas seulement : à la surface, on trouve les jardins du Palais-Royal où jadis, durant la Fronde, une foule s’en vint vérifier si le jeune Louis XIV s’y trouvait bien. Épisode qui aurait décidé ce roi à vivre un peu à l’écart de Paris, c’est-à-dire à Versailles. Il y a là un jardin superbe, bordé, entre autres, par la Comédie-Française. On passera sur la laideur insane des colonnes de Buren, qui scarifient d’une modernité lourde et moche ledit jardin. Toutefois, cela reste supportable. Vous l’aurez compris, ce quartier regorge de touristes en mal de « mineurs isolés » toujours bien intentionnés à leur endroit !

Imaginez donc la joie de ces touristes qui se voient ainsi délestés de leur téléphone portable trop lourd, voire une montre pesant abominablement sur le poignet ! Qu’ils sont beaux et bons ces « mineurs isolés » ! De gentils petits agneaux à tête de cerbères de la délinquance, pour lesquels les bobos parisiens ont toujours un regard humide de compréhension suintante. Heureusement, les vilains policiers n’étaient pas là pour les perturber dans leur démarche altruiste !

Submergé par l’émotion, je m’en allais à la bibliothèque Richelieu, où Mazarin exposait autrefois ses vertigineuses collections. Là, sous une verrière d’une réactionnaire grâce et beauté, je prenais un volume et lisais. Une bibliothèque c’est, sauf erreur rétrograde de ma part, un endroit où on lit, étudie et, le cas échéant, ferme sa gueule ! Eh bien non, ignorants que vous êtes, mes pauvres vieux ! Aujourd’hui, dans une bibliothèque – celle-ci étant tout de même la plus riche de France, avec à présent, un exceptionnel musée où l’on peut admirer, entre autres, le manuscrit original de La Chartreuse de Parme et l’un des rares exemplaires de la Bible de Gutenberg –, on parle, fait sonner son téléphone portable, dans un souci délicieusement individualiste. Sans doute ces petits bambins étaient-ils les enfants des bobos croisés à la Fondation Vuitton ? Comme ça, la boucle était bouclée !



Paris allait ainsi bon train dans ce naufrage orchestré par la gauche wokiste, dont les électeurs bourgeois-bohème sont le principal réservoir de voix. Paris accablée par une diversité sordide qui ne lui apporte que le chaos. Paris cet « axe du monde », écrivait le poète Alfred de Vigny, dont l’axe est à présent dramatiquement faussé…

Charles Demassieux

(Photos : Charles Demassieux)

image_pdfimage_print
18
3

14 Commentaires

  1. Merci pour ce bel article.
    Le problème dans l’art, est que les Américains, pays jeune, n’ont aucune histoire artistique propre.
    Et si on regarde bien ce qui leur plaît et leur parle, c’est la culture Mickey, simpliste et universelle.
    Les subtilités de Monet ou de tel courant artistique ne leur parlent pas.
    Quand on voit les tulipes de Jeff Koons, casées dans un coin pas trop visible des Champs Elysées, après avoir été refusées de cité près du Palais de Tokio, on comprend que seul le premier degré fait partie de leur art.

    • wika pas d accord, les américains ont une histoire artistique ( peinture, sculpture, architecture, musique etc) même si au début, ils étaient soi autodidactes soit obligés d étudier en Europe Et pour info, il y a des impressionnistes américains ! C est plutot l art contemporain en occident ( USA, Europe etc qui est pourri par l argent mais les tocards dans le temps finiront bien par disparaitre …

  2. J’ai fait la même expérience dans un musée d’Aix !!! que de la merde…..et des chances partout !

  3. dans votre première illustration j’aime bien la partie droite qui me fait penser à une danseuse de Degas version 2022 et je ne renie pas pour autant  » Impression  » de Monet . Là où vous avez raison c’est qu’entre Kandinsky et la croute abominable qui est au milieu de votre texte il y a un monde .

  4. C’est des gosses de maternelle qui ont peint ces croûtes ?
    Sinon, pas besoin de musée, dans tout Paris, il y en a plein les murs et la visite est gratuite.

  5. ce qui m’étonne c’est que ces gugusses ne s’attaquent qu’à des chefs d’oeuvre, jamais à des croutes

  6. Encore un article excellent.
    Mais pour la Fondation Vuitton, une réussite, cet agglutinement de moules à marée basse ??? Ah si seulement Franck Lloyd Wright avait pu en être l’architecte…

    • Pas d’accord avec vous mais j’adore votre image de moules. Maintenant, je précise que, si j’apprécie le bâtiment, il ne me procure pas la même émotion que la basilique de Vézelay ! 😉

  7. Dans toutes les villes ( même simili-campagne) majoritairement macronistes, ya une majorité de sphincters sur jambes suffisants arrogants et crispants.
    Triste époque pour les vrais réacs.

  8. En matière de mauvais goût, la France est en train de rattraper fissa son retard sur les américains. Récemment, on a célébré la disparition de Pierre Soulages, spécialiste des tableaux tout noirs avec aucun dessin dessus. Il paraît que certains appellent cela de l’art…

    • Oui, il a enfin rangé définitivement sa goudronneuse ! Quel soulagement…😁

Les commentaires sont fermés.