Voyage au bout de l’année

« Les êtres vont d’une comédie vers une autre. Entre-temps la pièce n’est pas montée, ils n’en discernent pas encore les contours, leur rôle propice, alors ils restent là, les bras ballants, devant l’événement, les instincts repliés comme un parapluie, branlochants d’incohérence, réduits à eux-mêmes, c’est-à-dire à rien. Vaches sans train. » (Céline, Voyage au bout de la nuit).

Il y a une semaine, mon chat est mort, et comme il n’était pas petit, on ne m’a pas demandé de nouvelles. Ou alors les gens ne lisent plus Molière, je ne sais pas. Le pire, dans tout ça, c’est que Macron est bien vivant. « Et même plus solide que l’ennui », chantait Jacques Brel. Un Macron qui a rempilé pour cinq ans, grâce entre autres à des calculs électoraux dignes des meilleurs montages fiscaux de ses camarades milliardaires. Lesquels camarades, en plus de se gaver sur notre dos, en payant proportionnellement moins d’impôts qu’un boulanger, nous invitent gentiment à accueillir des containers entiers de migrants de mauvaise qualité, qu’ils feront sans doute travailler dans des conditions elles aussi fiscalement avantageuses. C’est ça d’avoir un banquier à la tête du pays, il est comptable de tout mais responsable de rien…

Ainsi, l’année 2023 pointe le bout de son nez avec, indubitablement, et tandis que le doute m’habite quand je songe à l’avenir de la France :

– Des promesses de foutoir social qui, s’il s’agit de Blancs en colère, finira avec des yeux crevés et des mains arrachées, on connaît la chanson ! Y a déjà les réserves qui ont été achetées, entre les lacrymogènes, grenades de désencerclement, LBD et blindés tout neufs. Faudrait pas manquer !

– Une crise économique fameuse, parce que le Maréchal Foch du pauvre s’est pris pour un chef de guerre en défiant la Russie qui ne lui avait rien fait. Un « chef » qui, fin 2018, gardait tout de même un hélicoptère sous le coude à l’Élysée, au cas les vilains Gilets jaunes se seraient invités pour lui tirer les oreilles et le reste, pour les plus lubriques ! Macron, c’est pas Henri de La Rochejaquelein chargeant à la tête de ses hommes en leur criant ceci : « Si j’avance, suivez-moi. Si je recule, tuez-moi. Si je meurs, vengez-moi ! » Macron, lui, c’est l’insecte qui fuit devant l’insecticide.

– La joie inénarrable de voir défiler dans les médias, et presque sans interruption, les pimbêches et les outrecuidants dynamiques du cheptel macroniste, depuis Aurore Bergé jusqu’à Karl Olive, maire de Poissy, dont les dents rayent tellement le parquet qu’il va finir par être tricard au château de Versailles ! N’oublions pas la mère Borne, aussi avenante qu’une tenancière de maison de tolérance en fin de carrière. Même si la tolérance et elle ce n’est pas un mariage gai…

– La prolongation de l’impunité totale à l’égard de l’ultragauche malfaisante qui, entre immigrationnisme, transgenrisme, écologisme et crétinisme, va continuer à porter ses messages crasseux en toute liberté, avec la violence gloutonne dont elle coutumière. C’est à vous donner envie de ressortir la recette de l’omelette norvégienne et baptiser votre cabinet d’aisance « Clément » !

– L’assurance, enfin, de moult « incivilités » allogènes – comprenez des agressions plus ou moins mortelles et à la louche, je vous prie, c’est meilleur ! – qui n’auront pas d’autres conséquences que les gros yeux des Heckle et Jeckle du gouvernement, à savoir les deux pies bavardes et nuisibles que sont Dupond-la-Joie Moretti et Gérald Moussa Dar al-Malin.


Ce sera du premier choix, cette année 2023, je vous promets, j’ai des visions ! Parce que, pour remédier à tout ça, il serait naïf et douloureux de se mentir en espérant sursaut du peuple, engoncé qu’il est dans son individualisme. Combien sommes-nous, en effet, à nous battre activement pour l’essentiel, à savoir la survie de la France ? Une poignée d’idéalistes qui, dès qu’ils l’ouvrent un peu trop, se prennent la grosse Bertha judiciaire dans le museau. La Justice tapine pour l’Autre mais pas pour nous, c’est communément admis dans nos rangs. L’expérience parle pour nous…

Pourtant, la vérité, elle ne nous saute même plus au visage : elle nous picore façon petite vérole : entrisme islamique – je parlerais plus volontiers d’intromission à sec – ; trafics en tout genre et incontrôlés – sauf aux points de deal ! – ; violences diverses et variées comme une carte de restaurant trois étoiles ; flux migratoire continu, comme une fuite d’eau pas réparée, dans les villes et maintenant les campagnes ; pognon de dingue pour le mélanine-club et des miettes pour les autochtones, s’ils sont sages, etc. Que leur faut-il de plus à ces débonnaires de Français ? On se le demande, vraiment : « La nature se donne le mal de vous faire des gens qui portent masque ! vous profitez pas !… tant pis !… hâbleurs, provocateurs, vantards, et puis tout soudain, tout humbles, rampants… caméléons, vipères, couleuvres… ils étaient tout !… vous les fixiez, ils muaient devant vous, là, de les regarder ! » (Céline, D’un château l’autre).

Ah ça, des idées pour changer les choses, ils en ont pléthore, les Français, mais seulement derrière leur écran, à peloter leur clavier comme de vieux vicelards aigris : « Souvent j’en croise, à présent, des indignés qui ramènent… C’est que des pauvres culs coincés… des petits potes, des ratés jouisseurs… C’est de la révolte d’enfifré… c’est pas payé, c’est gratuit… Des vrais godilles…
Ça vient de nulle part… du Lycée peut-être… C’est de la parlouille, c’est du vent. » (Céline, Mort à crédit).

Mon chat est mort, que je vous disais en préambule. Et là, pour la première fois de ma vie, alourdie autant par mes réflexions que l’excès de rillettes du Mans et de côtes du Rhône, je crains de vivre assez longtemps pour voir l’effondrement définitif de mon pays. Moi, je ne demandais pas grand-chose : vivre comme un Français en France ; c’était déjà trop… Je les traiterais volontiers de culs-de-basse-fosse, ces assassins satisfaits de mon pays, mais même la basse-fosse mérite des égards. Allez, zou, encore du Céline et bonne année : « Parvenu un certain tournant, plus rien compte, que la rigolade et le cimetière… » (Rigodon).

(PS : je suis en train de lire Londres, le deuxième inédit de Céline. Alors, je dédie cet article à tous les chats, vivants ou morts, dont le chat Bébert, les lecteurs de Louis-Ferdinand comprendront…)

 Charles Demassieux

 

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12 Commentaires

  1. Toutes mes condoléances pour votre petit chat.
    C’est tellement mignon un chat. Ca ne fait pas de bruit, c’est toujours quiet, heureux d’avoir son panier et sa petite gamelle et une petite caresse s’il la quémande.
    Moi aussi, j’aime les chats. J’ai une fifille de 12 ans qui partage ma vie, j’espère l’amener jusqu’à 17 ans… Je vous comprends.
    Merci pour votre article dont je partage les idées.

    🕊️🌷🌼🌸🪄💫 Bonne et Heureuse Année ! Peut-être qu’il a un chaton quelque part qui attend votre affection pour donner une lumière à sa vie !?🪄🪄💫💫🌸🌼🌷🕊️

  2. Décidément encore un très bon texte. J’adore vous lire. Je crois en effet que 2023 va être chaud. Bonne année à toutes et tous malgré tout. Vive les chats, moins con que nombre d’êtres humains.

  3. Je crains que ce « voyage au bout de l’année » (2023) soit un voyage au bout des larmes pour le peuple de France.

  4. « La dictature des larves est la plus étouffante, la plus soupçonneuse de toutes. Du moment où elles gouvernent tout peut se violer, s’engluer, se travestir, se trafiquer, se détruire, se prostituer… N’importe quelle croulante charognerie peut devenir à l’instant l’objet d’un culte, déclencher des typhons d’enthousiasme, ce n’est plus qu’une banale question de publicité, faible ou forte, de presse, de radio, c’est-à-dire en définitive, de politique et d’or. »
    Texte de Céline qui s’adapte très bien à ce que nous vivons… « La dictature des larves », « N’importe quelle croulante charognerie » est-il besoin de citer des noms ?

  5. PLUS qu un bel article , c est une belle oeuvre avec des accents de l ecclesiaste du grand ROI SALOMON . c est un peu , avec le recul de la vie , un message d espoir , une bouteille jetee a la mer et des graines qui vont lever tant notre espoir de les voir lever est grand ! alors moi dans mon humilite de moine soldat d un ordre batisseur , je me raccroche toujours au prologue de SAINT JEAN : ET LA LUMIERE LUIT DANS LES TENEBRES ET LES TENEBRES NE L ONT PAS VAINCUE … j attend avec patience et gourmandise la manifestation de la verite ! je suis con ? peut etre mais la vie et le temps me donnent raison ! bien a vous; le solstice d hiver est passe et la lumiere recommence a croitre . le fils de DIEU EST NE et NOTRE MONDE REPART .

    • Con ? Ah non, vous avez juste plus d’espérance que moi. Heureusement qu’il existe encore des âmes qui espèrent…

  6. « la jeunesse aime l’imposture comme les jeunes chiens aiment les bouts de bois, soi-disant os, qu’on leur balance, qu’ils courent après ! … aussi, voyez-vous les farceurs pas arrêter de faire joujou avec la jeunesse… de lui lancer plein de bouts de bois creux, philosophiques… si elle s’époumone le jeunesse !… et si elle biche ! ( Céline – Entretiens avec le professeur Y ) cf. la jeunesse qui milite à LFI et EELV, les jeunes cons et jeunes connes qui multiplient les actions débiles dans les musées et qui font chier tout le monde avec leurs protestations à la mords-moi-le-nœud. « J’avais perdu comme l’habitude de cette confiance, celle qu’il faut bien avoir, réellement immense pour s’endormir complètement parmi les hommes. » ( Voyage au bout de la nuit )
    Et, RIP pour votre Bébert à vous…
    P.S. j’ai lu « Londres » et j’ai apprécié, davantage que « Guerre » qui me semble n’être qu’une ébauche, une sorte de « premier jet »…

    • En effet pour Guerre, mais le style est là tout de même. Maintenant, il y a le très gros morceau à paraître, Casse-pipe enfin dans son intégralité. Gallimard va nous vendre ça une fortune, évidemment…

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