Wallerand de Saint-Just : « Marine Le Pen préfère que l’on sache qu’elle ne laisse rien passer »

Publié le 25 juillet 2011 - par - 1 024 vues
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Interview de Maître Wallerand de Saint-Just à propos des plaintes contre l’ouvrage « Marine Le Pen » de Caroline Fourest et Fiammetta Venner.

Bonjour Maître Wallerand de Saint-Just.

Bonjour Monsieur.

Nous avons appris par l’AFP que le Front National et quelques-uns de ses leaders portent plainte au sujet de la « biographie » de Marine Le Pen écrite par Mesdemoiselles Caroline Fourest et Fiammetta Venner. Vous confirmez ?

Oui.

Vous m’aviez dit qu’il y 17 plaintes. Cela veut dire qu’il y aura 17 procès à la 17ème chambre correctionnelle de Paris ?

Ca fait l’objet d’un seul acte, d’une seule citation. Il y a 17 passages qui sont poursuivis.

Et c’est des citations à comparaître plutôt pour diffamations ou plutôt pour injures ?

Les deux.

Quel sont les plaignants à par le Front national en tant que personne morale ?

Il y a le Front national, Jean-Marie Le Pen, Marine Le Pen et Louis Alliot.

Madame Le Pen se fait le chantre de la liberté d’expression sur internet. Nous-mêmes, nous avons dénoncé le harcèlement dont nous sommes victimes de la part du Mrap et consorts. De son côté, Madame Aubry menace de faire fermer des sites ou de leur faire des procès pour ce qu’elle appelle des « rumeurs ». On a une campagne électorale qui va se dérouler dans les prétoires !

Ca n’a rien à voir. La dénonciation des atteintes à la liberté d’expression comme Marine Le Pen le fait ou vous-mêmes le faites, c’est du fait d’associations spécialisées qui sont stipendiées comme le Mrap et la Licra. Ce sont des actions très politisées. « Vous êtes patriotes donc vous êtes racistes », etc. Ca a toujours été comme ça. Là il s’agit de demandes de particuliers, des affaires entre parties pour défendre leur honneur et leur considération, c’est tout. Personne ne demande la suppression de passages du livre de Madame Fourest ou que ce livre soit mis à l’index, pilonné, caviardé. Non, non, non ! Nous demandons simplement que réparation nous soit donnée des passages diffamatoires et injurieux. C’est bien le moins. Et au surplus, Monsieur Heurtebise, aucun être humain, et encore moins aucun responsable politique ne peut laisser passer ce genre d’écrits. Parce qu’après, ça va lui être reproché. Et vis-à-vis de ses électeurs, adhérents et sympathisants, on ne peut pas laisser passer ça non plus. Ce n’est pas Marine Le Pen qui est diffamée et injuriée. Ce sont tous les électeurs, notamment populaires, du Front National. Ca a toujours été cela que Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen ont considéré, et ça a toujours été cela le fondement de leurs actions en justice.

Ne craignez-vous pas de faire de la publicité pour un livre…

On a toujours dit ça. Là, Marine Le Pen préfère que l’on sache qu’elle ne laisse rien passer. Comprenez, les écrivains et les journalistes écrivent ce qu’ils veulent. Ils prennent leurs responsabilités. Marine Le Pen utilise les voies de droit qui existent dans tout pays civilisé et après les tribunaux jugent ce qu’ils veulent. Mais elle ne se laisse pas faire. Alors jusqu’à Richelieu, c’était le duel. On enfonçait trente centimètres de ferraille dans le corps de son adversaire. Maintenant, c’est la 17ème chambre.

Au fait, où en sont les plaintes de Madame le Pen contre Madame Rama Yade, Messieurs Mélenchon et Tron…

C’est en cours. Ca prend toujours au minimum une année.

Donc ça ne débouchera qu’après les élections présidentielles.

C’est très possible, oui.

Et vous réclamez quelques 120.000 euros de dommages et intérêts d’après l’AFP. N’est-ce pas énorme ?

Hé bien il faut diviser 120.000 par 17. En plus il y a plusieurs demandeurs.

Je vous remercie, Maître.

Je vous en prie.

Au revoir.

A bientôt.

Propos recueillis par Roger Heurtebise

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