Washington et al-Qaeda unis contre la Syrie

La politique de l’Occident face aux « printemps arabes » a toujours favorisé les fondamentalistes (nous avons dénoncé ce fait depuis le début de la révolte en Tunisie). Résultat : l’islamisme règne du Maroc à l’Egypte. La Syrie apparaît actuellement comme le point d’achoppement de cette politique. L’entrée en action d’al-Qaeda en provenance d’Irak met l’Occident devant ses responsabilités. Peut-on combattre al-Qaeda en Afghanistan, en Irak, au Yémen, en Somalie et pactiser avec elle en Syrie ?

John Glaser, auteur de cet article publié le 13/02/2012 (*), pose la même question mais dans une autre formulation.  

Quelques jours après que les officiels américains ont laissé « fuiter » le renseignement selon lequel la branche d’al-Qaeda en Irak avait infiltré la Syrie pour semer la terreur, armer l’opposition et prendre avantage du soulèvement contre le Président Bashar al-Assad, le N°1 d’al-Qaeda,  Ayman al-Zawahiri, a condamné le régime d’Assad et a poussé à soutenir l’opposition. 

Simultanément, un nombre croissant de membres influents du Congrès ont ouvertement préconisé une aide aux rebelles de l’Armée Syrienne Libre, par la  fourniture d’armes et par de l’entrainement, afin de faciliter la chute d’Assad.  Le Pentagone et le Commandement Central US revoient actuellement la possibilité d’options militaires US contre le régime syrien. Et maintenant un groupe de sénateurs des deux partis a tenté de légiférer sur une telle action en introduisant vendredi (17/02/2012) une résolution à cette fin. Voici des extraits de cette résolution :

« Le Sénat … incite le Président à soutenir une transition efficace vers la démocratie en Syrie en identifiant et en fournissant un matériel substantiel et un soutien technique, à leur demande, aux organisations syriennes qui représentent le peuple de Syrie, à faire des engagements démonstratifs pour protéger les droits de l’homme et la liberté religieuse, à rejeter le terrorisme, à coopérer aux efforts internationaux contre le terrorisme et sa non-prolifération et à s’abstenir de déstabiliser les pays voisins ».

C’est plutôt étrange. Ce n’est pas la première fois, de mémoire récente, que les dirigeants US ont explicitement préconisé de faire confluer leur politique avec les objectifs d’al-Qaeda. Dès le début de la mission de l’OTAN pour aider les rebelles libyens et évincer Mouammar Kadhafi, on savait que beaucoup de ceux qu’on appelait « les combattants de la liberté » avaient des liens avec al-Qaeda. En fait, les Renseignements US avaient trouvé que les combattants d’al-Qaeda avaient  essaimé en Libye et essayaient de « battre le rappel des actions extrémistes ». Après la mort de Kadhafi,  le drapeau d’al-Qaeda a été hissé au centre de Benghazi, bastion de la rébellion. Après cela, les (rebelles) d’al-Qaeda au Maghreb islamique, l’AQMI, se sont déclarés les « principaux bénéficiaires » de l’instabilité causée par la guerre de l’OTAN, en notant spécifiquement qu’ils avaient reçu des armes. 

En plus de toute cette terreur et de tous ces abus, le Conseil National de Transition, nouvellement habilité, a conduit le peuple libyen vers l’assassinat, le vol, la torture et la violence ; lui et ses diverses milices ont aussi imposé aux Libyens une variante sévère de l’islam militant, à l’opposé du paradis démocratique prédit par Obama. 

Je ne suggère pas une théorie de conspiration, simplement  une pure stupidité. Comme je l’ai découvert ailleurs, quoique je ne sois pas étranger à la Grande Stratégie Impériale, je pense que le système fonctionne d’une façon telle que les politiques de recul sont appliquées même quand beaucoup d’élites reconnaissent qu’elles sont contre « l’intérêt national ». La vraie question est comment personne ne s’élève pour les dénoncer sur cette question. Récemment Joe Liberman a juste  qualifié les rebelles de l’ALS de « braves soldats de la liberté » de façon presque synchrone avec Ayman al-Zawahiri. Pourquoi cela ne fait pas la une des informations ? 

Mise à jour : voici à quoi je pensais : seules les critiques de la politique gouvernementale peuvent être qualifiées d’ « aide à al-Qaeda ». Ce procès d’intention, bien-sûr, ne s’applique plus quand on prône actuellement les mêmes politiques qu’al-Qaeda. Que je suis bête !          

Traduit de l’américain

par Bernard Dick 

(*) John Glaser est éditeur-adjoint du site américain Antiwar.com

http://www.antiwar.com/blog/2012/02/13/washinston-el-al-qaeda-united-on-syria/ 

(1) https://ripostelaique.com/le-role-du-qatar-dans-le-financement-des-groupes-islamistes-terroristes.html

https://ripostelaique.com/les-fusils-manquants-de-kadhafi.html

https://ripostelaique.com/lamerique-va-elle-detruire-israel.html

https://ripostelaique.com/syrie-ladministration-obama-favorise-les-freres-musulmans.html

https://ripostelaique.com/ladministration-obama-embrasse-la-cause-des-freres-musulmans.html

https://ripostelaique.com/obama-est-soumis-a-lislam.html

https://ripostelaique.com/quelle-est-la-verite-sur-les-tentatives-dislamisation-de-la-revolutiion-egyptienne.html

 

 

         

 

 

                                                                                                         

 

 

 

 

 

             

 

 

 

 

 

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