Washington : les lobbies islamistes font la guerre aux libéraux arabes et musulmans

Par  de multiples articles (1), nous avons dénoncé le soutien qu’apportent Obama et l’administration américaine aux Frères Musulmans et aux Salafo-Wahhabites. Alliance contre-nature à laquelle les États-Unis se sont frottés en Afghanistan : ils ont soutenu les Talibans et leurs alliés islamistes contre l’Union Soviétique, le « pays athée » et ont trébuché face au retournement des alliances et à l’échec de la guerre contre ces mêmes Talibans. L’Occident, avec  les États-Unis  en tête, poursuivent cette même politique (qui a pourtant amplement échoué en Afghanistan) soutenant et en encourageant tous les courants islamistes en Tunisie, en Libye, au Maroc, en Égypte, au Yémen et actuellement en Syrie, au détriment du courant libéral, démocratique et laïque. Le printemps des islamistes a été l’enfer des laïques.

Mais le danger pour l’Occident et les États-Unis est maintenant intra-muros parce qu’ils sont infiltrés par les Frères Musulmans et assimilés dans tous les rouages des administrations et principalement dans celle de Hussein Barack Obama. Le réveil des États-Unis sera extrêmement dur. En France, la guerre contre les laïques est menée devant les tribunaux par les associations dites antiracistes : LDH, SOS-Racisme, LICRA qui se placent en première ligne, les islamistes restant ainsi dans l’ombre tandis que les Français continuent de dormir d’un sommeil béat.  

L’article ci-après, publié le 16/02/2012, a été rédigé par ‘Isâm ‘Abdallah(*) pour le site The Cutting Edge News (NDT). 

L’oppression la plus dramatique des sociétés civiles de la région et du Printemps Arabe ne se fait pas par le moyen des armes ou au Moyen-Orient. L’oppression n’a pas été conduite par Kadhafi, Moubarak, Ben Ali, Saleh ou Assad. Elle est conduite par les puissants lobbies islamistes à Washington DC. Certains vont trouver mes propos curieux sinon provocants. Mais mes arguments sont affutés et bien compris par un grand nombre de libéraux arabes et moyens-orientaux et par les combattants de la liberté. En réalité, nous, dans la région, qui combattons pour une réelle démocratie et non pas pour un type de démocratie avec une seule (et ultime NDT) élection, nous nous sommes posés des questions depuis janvier 2011 quand les vents du Printemps Arabe ont commencé à souffler : Pourquoi ce n’est pas l’Occident en général et l’administration des États-Unis en particulier qui, clairement et énergiquement, soutiennent nos sociétés civiles et particulièrement les démocrates laïques de la région ? Pourquoi les bureaucrates à Washington et à Bruxelles sont en partenariat avec les islamistes dans la région et non pas avec leurs alliés naturels qui sont les forces qui promeuvent la démocratie ? 

Après des mois passés dans le Printemps Arabe, nous réalisons que les puissances occidentales et l’Administration Obama ont placé leur soutien derrière les nouveaux régimes autoritaires, ceux qui clament qu’ils seront conduits au pouvoir par les votes du peuple. Bon, ce n’est tout à fait comme ça. 

Les Frères Musulmans, le Nahda islamique en Tunisie, le Parti de la Justice au Maroc et les milices islamistes dans le Conseil National de Transition en Libye ont été systématiquement soutenus par Washington aux dépens des forces vraiment libérales et laïques. Nous avons vu, jour après jour, comment la Maison Blanche a guidé prudemment les déclarations et les actions des États-Unis et comment le Département d’État lui a empiété le pas pour accorder toutes les chances aux islamistes et presque aucune chance à la jeunesse laïque et révolutionnaire. Nous reviendrons sur les détails de ces manœuvres diplomatiques et financières qui ont donné la victoire aux fondamentalistes alors que les laïques et les progressistes seront écrasés par les prochains régimes. 

Aux États-Unis, il y a des intérêts qui déterminent la politique étrangère. Et il y a des lobbies qui exercent des pressions afin de faire prendre en compte leurs objectifs par la politique étrangère. Un des plus puissants lobbies en Amérique sous l’administration Obama est le lobby des Frères Musulmans dont la force est assez considérable et qui est en action depuis plusieurs années. Ce lobby a cautionné beaucoup d’opérations à l’intérieur de l’Administration et a réussi à orienter la politique US vers le monde arabe. Parmi les principaux conseillers qui sont sympathisants des Frères Musulmans, il y a Mme Daliah Mogahed (Mujahid) et son associé, John Esposito, professeur à Georgetown. Tout aussi choquant est également un lobby pro-iranien qui a influencé la politique US vers l’Iran et le Hezbollah dans la région. 

Une des plus importantes activités du lobby islamiste aux US est de lancer des guerres politiques et médiatiques contre les arabes, les personnalités et les groupes moyen-orientaux libéraux en Amérique. Ce champ de bataille est parmi les plus importants dans l’influence sur les politiques de Washington dans le monde arabe. Si vous frappez les groupes moyen-orientaux libéraux et démocratiques à Washington qui essayent de gagner des soutiens pour les sociétés civiles dans la région, vous gagnez actuellement une bataille majeure. Vous serez capable d’influer sur les ressources du gouvernement US pour soutenir les islamistes  au Moyen-Orient et non les faibles démocrates. Cette guerre énorme lancée par les lobbies islamistes en Amérique a commencé à la fin de la Guerre froide et a continué sans interruption jusqu’au printemps arabe. Les deux principales forces de ce lobby sont les fronts des Frères Musulmans et les fronts iraniens. Selon les renseignements disponibles aux US, les fronts des Ikhwans (Les Frères Musulmans, NDT) comme CAIR (Conseil des Relations Islamo-Américaines), dirigé par le supporter de HAMAS, Nihad ‘Awad, ainsi que le Conseil Islamique des Affaires Publiques, la Société Islamique d’Amérique du Nord (ISNA) et d’autres lancent leur guerre politique afin d’empêcher  les représentants des arabes libéraux et des musulmans modérés d’exposer leur cause au public américain. Le lobby iranien illustré par le Comité National Irano-Américain (NIAC), dirigé par Trita Parsi, a attaqué les exilés iraniens. 

Depuis 1990, CAIR et ses alliés ont attaqué aux États-Unis des Coptes, des Soudanais du sud, des Libanais, des Syriens réformistes, des Assyriens, des Chaldéens et des dissidents musulmans. Les Ikhwans d’Amérique diabolisent toute publication, livre, article ou interview, dans les médias nationaux ou la presse locale, qui soulèvent la question des libertés laïques au Moyen-Orient. Les islamistes veulent éliminer la cause libérale dans le monde arabe et la remplacer par la cause des islamistes. Ce qui est aussi choquant c’est que CAIR et ses alliés se placent aux côtés des régimes répressifs, leur rendent visite en clamant qu’ils parlent au nom des peuples. Les fronts de CAIR et des Frères Musulmans ont détruit systématiquement tout projet qui aurait défendu les laïques et les libéraux originaires du Moyen-Orient. Les islamistes des US, notoires et bien-subventionnés, ne permettent à aucun livre, à aucun documentaire, à aucune émission sur les libéraux de voir le jour dans les sociétés civiles arabes. 

Grâce à cette puissante campagne de lobbying, le public américain n’a pas eu la chance de connaître les sentiments profonds de la jeunesse dans la région. Les Américains ont été conduits à croire que tous les musulmans, tous les arabes et tous les moyen-orientaux sont une espèce d’humains étrange  qui ne peut apprécier la liberté. Au lieu de cela, les islamistes américains, aidés par des chantres stipendiés par les pétrodollars, ont convaincu le courant dominant des médias que le monde arabe n’a que des régimes autoritaires et des islamistes. 

Le Dr Shawki  Karas, président de l’Association des Coptes américains, m’a raconté vers la fin des années 1990 comment il était harcelé par les activistes islamistes pour les propos qu’il tenait en Amérique et qui étaient clairement hostiles au régime de Moubarak et aux Frères Musulmans. On l’a menacé de lui faire perdre son poste au collège où il enseignait. Le révérend Keith Roderick, qui avait réuni une coalition de plus de 50 groupes du monde musulman, a été sévèrement attaqué par les islamistes et on l’a menacé de lui  retirer sa charge dans son église. Les leaders des musulmans américains qui sont conservateurs et laïques, comme le Dr Zuhdi Jasser, ont été mis au pilori par CAIR et les Frères pour avoir osé défier la ligne du parti des islamistes en Amérique et pour avoir déclaré que les jihadistes sont le problème dans la région. Les dissidents musulmans libéraux comme la Somalienne Ayan Hirsi Ali, le Saoudien Ali al Yammi, le Syrien Farid Ghadri, l’Iranien Manda Ervin et beaucoup d’autres ont été mis au rebut par les lobbies islamistes qui ont voulu les empêcher de défendre les causes de la liberté laïque aux US. Des libéraux égyptiens aussi bien que des laïques et des activistes démocrates d’Irak, du Soudan, de Syrie et d’autres pays ont été attaqués par CAIR et ses alliés. Le lobby pro-iranien a ciblé la plupart des groupes irano-américains et essayé de les discréditer, particulièrement avec la montée de la Révolution Verte en Iran. En diffamant les exilés musulmans libéraux, les islamistes ont essayé de détruire leurs causes dans leur mère-patrie. Dans les années 1990 et les années qui suivirent 11 septembre, les dictateurs de la région ont maintenu leurs efforts  pour écraser les exilés libéraux en utilisant les lobbies islamistes.. Les régimes de Moubarak, de Bashîr, de Kadhafi, d’Assad et le régime khomeiniste ont pleinement soutenu ce qu’on appelle la campagne d’islamophobie, déclenchée par CAIR et son équivalent iranien le NIAC, contre les dissidents qui appelaient à une démocratie laïque dans la région. Les dissidents ont été accusés d’être pro-occidentaux à la fois par les islamistes et par les dictateurs. 

Les lobbies islamistes ont aussi sévèrement attaqué des membres du Congrès US tels les Démocrates Tom Lantos, qui est décédé depuis, Eliot Engel, Howard Berman, Gary Ackerman et Joe Lieberman aussi bien que les Républicains Frank Wolfe, Chris Smith, Trent Franks, John McCain, Rick Santorum et Sam Brownback pour leurs efforts pour faire passer des actes législatifs soutenant la démocratie et la liberté au Moyen-Orient. CAIR et NIAC ont violemment attaqué les discours du président Bush pour promouvoir la liberté au Moyen-Orient en déployant toutes les ressources qu’ils avaient pour bloquer le soutien US aux démocrates libéraux dans la région. Les lobbies islamistes à Washington ont la responsabilité directe d’avoir ruiné  toute initiative du gouvernement US pour soutenir le Darfour, le Sud-Soudan, le Liban, les Kurdes, les femmes libérales dans le monde musulman et les vrais démocrates dans le monde arabe et l’Afrique musulmane. 

Dans le monde des groupes de réflexion (« think tank »), CAIR et ses alliés ont attaqué avec agressivité les universitaires qui ont soulevé la question de la persécution contre les laïques et les minorités dans le monde arabe et en Iran. Parmi ceux qui ont été attaqués : Nina Shea et Paul Marshal de l’Institut Hudson et le fondateur d’un groupe anti-esclavagiste, le Dr Charles Jacobs qui a révélé les atrocités du régime soudanais.

Le dernier point mais non le moindre est la campagne menée sans relâche par les islamistes pour menacer les universitaires haut placés qui conseillent le gouvernement et apparaissent dans les médias pour appuyer la libération démocratique dans la région. Les attaques de grande envergure et vicieuses dirigées contre le professeur Walid Pharès – initialisée par Nihad ‘Awad, de CAIR, puis élargie à des agents en ligne pro-Hezbollah et Frères Musulmans – ont révélé aux libéraux et aux laïques arabes et moyens-orientaux le degré de férocité de la bataille aux US pour le Moyen-Orient. Les livres de Pharès, et tout particulièrement le dernier, La révolution à venir : Lutte pour la liberté au Moyen-Orient (2010) (The Coming Revolution : Struggle for Freedom in th Middle-East) ont frappé d’un coup fort l’agenda des islamistes en prévoyant les révoltes de la société civile au Moyen-Orient et ensuite en prévoyant comment les islamistes essaieraient de les contrôler. Pharès a été attaqué par une armée de miliciens jihadistes en ligne comme aucun autre auteur depuis Samuel Huntington (2) dans les années 1990. En tant qu’activiste de la liberté, originaire du Moyen-Orient, Mustapha Geha, a écrit que Pharès est un héros pour les musulmans libéraux. Avec les dissidents, les législateurs, les experts et les activistes des droits de l’homme, Pharès est une force qui conduit à un changement stratégique dans la politique étrangère des États-Unis en faveur d’un soutien aux démocraties laïques dans la région. Cela explique pourquoi les islamistes d’Amérique engagent la bataille pour les régimes à venir avec tous les moyens qu’ils possèdent.

Traduit de l’américain

par Bernard Dick

(*) ‘Isâm ‘Abdallah est un intellectuel égyptien libéral. Il enseigne à l’Université Aïn Shams et écrit pour le site arabe Elaph.

http://www.thecuttingedgenews.com/index.php?article=5333&pageid=44&pagename=Slices

(1)http://ripostelaique.com/washington-et-al-qaeda-unis-contre-la-syrie.html

http://ripostelaique.com/le-role-du-qatar-dans-le-financement-des-groupes-islamistes-terroristes.html

http://ripostelaique.com/syrie-ladministration-obama-favorise-les-freres-musulmans.html

http://ripostelaique.com/ladministration-obama-embrasse-la-cause-des-freres-musulmans.html

http://ripostelaique.com/obama-est-soumis-a-lislam.html

http://ripostelaique.com/quelle-est-la-verite-sur-les-tentatives-dislamisation-de-la-revolutiion-egyptienne.html

(2) Samuel Huntington (1927-2008) est américain, professeur de sciences politiques à Harvard. Il est l’auteur de Le choc des civilisations (The Clash of Civilizations, 1993).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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