Xavier Cantat, minable anti-militariste qui déteste la France, son peuple et son histoire

Un certain Cantat, pas le chanteur aux noirs désirs, l’autre, l’élu municipal de Villeneuve Saint George, ci-devant compagnon d’un(e) Ministre de celui qu’autour de moi j’entends de plus en plus souvent appeler, depuis ces dernières semaines : Hollandescu.

Ce compagnon de ministre défend, comme sa compagne, l’écologie politique. Une parenthèse, en vieux paléo marxiste que je ne peux m’empêcher d’être encore, adolescent j’ai appris : que l’économie politique ce pouvait surtout être une critique de l’économie marchande, une remise en cause des dogmes de l’évidence des éternités s’imposant aux êtres humains dans le procès de production et d’échange des biens. En suivant le même raisonnement syllogistique, on pourrait penser que l’écologie politique est une critique de « l’écologie » ; que c’est  même quelque chose qui vise à permettre aux êtres humains organisés de développer et maîtriser leurs forces productives, pour contribuer à passer de la préhistoire à l’Histoire de l’Homme. Au lieu d’un être surgie des formes d’humanités antagoniques et soumises à leurs produits et à leurs croyances réifiées, un individu s’étant doté de moyens pour  contenir les formes d’humanité voulant nous tirer vers l’ignorance et l’appauvrissement au moyen de croyances ancestrales. Fermons la parenthèse.

duflot-cantatRevenons à notre mouton, à notre « mouton noir », à notre compagnon de ministre

Ce personnage, rempli d’une suffisance rare, a tenu à se signaler, à l’occasion du défilé du 14 juillet. En effet, sa proximité avec un ministre étant sa moitié, a fait qu’il a été invité au défilé du 14 juillet, en y disposant d’un siège pour poser son séant de VIP.

L’homme, modeste et plein de colère, a refusé ce privilège insigne : comment, moi, un antimilitariste, j’allais m’asseoir avenue de Champs Elysées ou place de la concorde, pour assister à un défilé militaire, ce défilé militaire ? Mais pour qui me prend-on ?

Antimilitariste, qu’il a dit le monsieur

Revenons sur le 14 juillet, que ceux que l’on ne qualifie plus que de « jeunes », -pour ne pas tomber dans la « stigmatisation » et la « récupération politique xénophobe »-, s’amusent un peu partout à accompagner de tirs incessants de pétards mortiers envoyés à tirs tendus sur la police, les « keufs », et à d’innocentes et farceuses mises à feu de voitures de voisins et de poubelles.

D’abord, c’est quoi le défilé du 14 juillet ?

Au point de départ, c’est la nation s’armant. Ce seront ceux que l’on appellera plus tard les « sans-culottes », les « sectionnaires », prenant d’assaut le Palais des tuileries et proclamant sans attendre la République, le 21 août 1792. A l’origine, ce sont des ouvriers, des artisans, des boutiquiers  parisiens, des hommes, des femmes, et mêmes des enfants, armés de piques et d’outils, accompagnant des gardes françaises armées de fusils chargés et de baïonnettes, gardes royales passées au peuple et trainant leurs canons. Au point de départ, c’est cette prise de la Bastille qui fera répondre au Roi : « non Sire, ce n’est pas une révolte, c’est une révolution. »

J’imagine que l’antimilitariste écologiste déteste ce Peuple grossier et patriote, armé de piques, roulant et bourrant, de poudre et de boulets, la gueule des canons ?

Ensuite, le 14 juillet, ce sont deux fêtes (1790, 1791) unifiant la Nation, les fêtes de la Fédération unissant politiquement villes, villages et hameaux, lieux cessant d’être paroisses d’ancien régime pour devenir Communes et foyers de souveraineté du Peuple institué en nouveau Souverain, et formant les briques des piliers de la République.

Ces trois premiers 14 juillet-là étaient armés. Le Peuple s’affirmait. Dans la constitution, cette affirmation, ce « militarisme » au quotidien, s’incarnera dans la Constitution de l’an II, lorsqu’elle affirmera à la face du Monde : le droit du Peuple à l’insurrection. Droit disputé et franchement refusé le 14 juillet 2013, lorsque le monarque élu de la normalitude fait embastiller des protestataires l’ayant gravement offensé en envoyant des poules caqueter sur son passage, ou en lui criant : qu’il est dictateur et qu’on devrait l’appeler « Hollandescu ».

Pas beau, vilain, le peuple en armes. Méchant, pas bien, le peuple apprenant à les manier pour ne pas perdre sa souveraineté conquise, n’est-ce pas monsieur l’écologiste politique « antimilitariste » ?

Plus tard, le 14 juillet, ses défilés militaires, « la revue » des troupes sous la troisième république, confirmeront que la Nation n’est pas qu’un lieu où l’on est sorti par hasard du ventre d’une femme, sa mère, comme l’a expliqué notre vigoureux antimilitariste au moment des élections de 2012, lui faisant dire : que « la France ou un autre pays, cela ne signifiait rien pour lui »…

Pour les hommes et les femmes des 14 juillet de la république, la nation a un sens

Ce n’est pas qu’un endroit, un espace délimité. C’est une communauté historique de destins et de valeurs se construisant dans le processus d’affirmation d’un ensemble d’hommes et de femmes. En France, depuis les révolutions communales du 11ème siècle, la Nation qui se construit, c’est la recherche obstinée de la souveraineté populaire et le combat,- souvent sanglant-, pour imposer les formes de représentations permanentes permettant cela. Une des valeurs presque millénaire de la Francité ou « Francitude », excusez-moi cet inélégant néologisme, c’est l’union du combat pour la liberté collective inséparable de la liberté personnelle. C’est que les gens d’ici attendent principalement d’eux-mêmes, pas de la divinité, que ces deux libertés unies produisent plus de richesses demain qu’aujourd’hui et une répartition toujours plus juste et équitable de ces richesses produites par leur labeur, en ne séparant jamais le Droit du Devoir.

Le 14ème siècle français précédera le 14 juillet, avec les Grands Etats-généraux de 1352. Il affirmera dans ce pays des droits qui n’existaient pas dans la plupart des autres régions d’Europe et du monde, il y a un peu plus d’un siècle. La pensée politique de ceux que l’on appellera « Tiers-Etat » y avait anticipé d’un millénaire. Etre patriote, être français, c’était, tout naturellement, adhérer à ce combat qui a construit ce pays et l’a fait comme il est.

Basculement forcé des concepts façonnés par une sorte de « novlangue » : en 2013, être Patriote signifierait être contre le progrès social et contre la liberté personnelle et collective

Question peut-être indiscrète, encore : Est-ce que notre antimilitariste écologiste a entendu parler des Grands Etats Généraux de 1352, qui virent le peuple élire plus de 400 députés du peuple sur les 800 membres que comprenait cette assemblée combattive ?

Est-ce qu’il se souvient des leçons de l’Histoire…de France, cet « antimilitariste », et, en particulier, qu’avant la commune parisienne du printemps de 1871, que bien avant celle de 1789-1794, il y eu la Commune parisienne dirigée par Etienne Marcel, un commune élue, formée principalement de notables, certes (mais pas plus notables que les baronets énarques qui peuplent l’écologie politique et le parti des socialistes sans socialisme), mais qui étaient des hommes de pensée et d’action s’étant armés face au pouvoir royal ?

Est-ce qu’il a entendu parler de la commune de Paris de 1871, notre distingué « antimilitariste », celle dont le patriotisme ardent et farouche ne concevait pas de capituler devant le prussien, cet  instrument aveugle du « junker » un arrogant traineur de sabre porteur de monocle ?

A-t-il oublié que la Commune, qui deviendra le « premier gouvernement ouvrier » (Trotski), a commencé pour que Paris garde en son sein les canons du Peuple, que Thiers voulait lui enlever ? Manifestement notre antimilitariste ignore cela ou ne l’assume pas, parce que c’est aussi cela le 14 juillet, ses flonflons et, quand ils existent encore, les défilés aux lampions derrières des musiques communales jouant des marches militaires.

De tous temps, le 14 juillet, c’est l’affirmation du « patriotisme »

D’ailleurs, pendant les années brûlantes mettant le Peuple aux prises avec tout l’ancien monde des ordres nobiliaires, on ne disait pas démocrate, on ne disait pas républicain, on disait « Patriote », « Pa-tri-ote », n’en déplaise à Terra Nova et tutti quanti.

Il aura fallu un Chirac, -petit fonctionnaire obséquieux de l’Union dite européenne-, pour désarmer le peuple, pour le dépouiller d’un des attributs de la souveraineté, visant à l’empêcher d’être son propre défenseur, en abrogeant la « nation en arme » (Jean Jaurès), en mettant fin au service militaire obligatoire.

Et le Mali, ce 14 juillet?

Il y a autre chose de particulièrement malsain et de grave dans cette misérable polémique du proche d’un(e) ministre. C’est cet esclandre insupportable, honteux, venant d’un membre d’un parti du gouvernement, alors que défilaient les combattants du massif des Ifoghas, des soldats français, maliens, tchadiens qui avaient risqué leur vie et que certains avaient perdu sous les balles des fanatiques.

Peut-être que pour l’antimilitariste compagnon de ministre écologiste, l’écologie politique peut se dissoudre dans les arcanes de la dictature des tenants armés de la charia ?

Peut-être que les lapidateurs de « Bella » (les Touareg noirs), les amputeurs, les organisateurs de séances publiques et obligatoires de fouets, c’est, pour EELV, un régime politique écolo-compatible ? Question déplacée ? Croyez-vous ?

Ce qui était déplacé, c’est ce mépris affiché pour tout ce qui a fait ce pays. Et si le personnage en question n’a pas réfléchi à tout cela et qu’il a parlé plus vite qu’il n’a pensé, je lirai avec intérêt ce qu’il répondra à mes interrogations. Et s’il n’avait pas mesuré tout ce que ses paroles signifiaient d’esprit munichois, prononcées quand défilaient des hommes qui dans leur action armée au Mali sont dans un état d’esprit recoupant celui des engagés des brigades internationales de 1936, celui aussi des miliciens du POUM et de la CNT-FAI, je n’aurai qu’à m’en féliciter. Je saluerai publiquement, sans acrimonie, avec joie même, la réflexion salutaire d’après-coup ; même si je regretterai le coup de pied de l’âne donné ce 14 juillet 2013 à des hommes qui étaient et restent disposés à donner leur existence pour que vive la liberté de chacun d’entre nous.

Alain Rubin

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