Y’a pas « queque » chose qui cloche…

Publié le 27 février 2008 - par
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… Quand on lit l’invitation commune rédigée et diffusée par le curé de la paroisse de Mimet (13) et le maire de la commune qui appellent, de conserve, la population du village à assister à la « bénédiction de la nouvelle cloche de l’église », en présence, d’ailleurs, de l’ancienne, réformée et sans doute refondue pour que le maire en fasse un ciboire et s’entraîne à la gestuelle « appétante » ?

Il est vrai que cet édile, divers droite, montrait de la jalousie à l’encontre de sa collègue, socialiste (du moins, au moment de son élection, car actuellement elle n’aurait plus « d’étiquette »…) du village voisin de Gréasque, qui, sur les affiches de la fête locale, invite la population à la messe célébrée en cette occasion, faisant de l’office religieux une activité festive comme le traditionnel concours de pétanque ou la non moins traditionnelle course cycliste…

Certes, ses alliés communistes (du moins l’étaient-ils au moment de leur élection, car actuellement les 1,94 % de Mme Buffet ont dû les effrayer…) ne se sont jamais offusqué de ce mélange du « temporel » et du « spirituel » et, après tout, chacun se dira que ces élus n’ont fait qu’imiter leur grand frère parisien qui va rompre « le jeûne » à la mosquée lors du ramadan, ou lyonnais, qui défile en procession annuellement, ou marseillais qui invoque « notre dame » en bénissant à tours d’un bras qui n’a rien de séculier tout ce qui passe à sa portée…

Il n’y a pas de petits symboles… et ces élus, qui oublient la neutralité que leur impose le socle laïque de la République qu’ils représentent, sont, par leurs actes quotidiens, pour la laïcité, un danger aussi grand que celui porté par les discours du président de la République faisant l’apologie du religieux et l’appelant à la rescousse pour soigner les maux de la société. Ils habituent les populations qu’ils dirigent à accepter la religion, toutes les religions (et demain les sectes ), comme partie régnante sur l’espace public. En fait, ils balisent, à leur place, le terrain sur lequel évolue, au plus haut niveau, le président de la République, dont la visée européenne, la formation idéologique et la conviction religieuse expliquent la volonté à vider la loi de 1905 de sa substance.

Robert Albarèdes

www.laic.fr

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