Yemen : A propos de la guerre Arabie saoudite-Iran

Publié le 30 mars 2015 - par - 1 635 vues
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Hollande-brandit-le-sabre-de-l-islamOn savait “l’Orient compliqué”, mais aujourd’hui c’est l’imbroglio le plus total, au point qu’il est impossible pour les Occidentaux d’avoir une politique clairement définie dans la région. Dans l’éternel conflit qui oppose l’Arabie sunnite à l’Iran chiite, conflit confessionnel dont les racines remontent au 7ème siècle, la récente intervention des Saoudiens au Yémen ne fait que compliquer un peu plus la donne. Après la chute de Sanaa et la fuite du président Hadi, protégé de Ryad, les Saoudiens ont formé une coalition sunnite afin d’éviter qu’Aden, deuxième ville du pays, ne tombe également aux mains des milices chiites soutenues par Téhéran. Pour les Américains c’est donc le grand écart de plus en plus inconfortable.

En Irak, ils se retrouvent indirectement alliés aux Iraniens qui soutiennent les Irakiens pour reprendre la ville de Tikrit contrôlée par l’Etat islamique sunnite. Mais au Yémen, ils soutiennent la coalition sunnite menée par Ryad pour combattre les miliciens chiites houthistes pro iraniens. Quant à l’Europe, elle combat l’Etat islamique mais veut toujours renverser Assad soutenu par l’Iran.

Dans ce chaudron en ébullition permanente, et où il serait vain de chercher la moindre cohérence, Téhéran avance ses pions. En Irak avec ses milices chiites, en Syrie en soutenant Assad avec les combattants du Hezbollah et au Yémen en soutenant les milices houthistes. Autant d’atouts qui pourront peser le moment venu sur les difficiles discussions sur le nucléaire iranien. On comprend la position d’Obama qui refuse de trancher entre sunnites et chiites. Après le fiasco de l’expédition irakienne de Georges W. Bush, dont les Occidentaux n’ont pas fini de payer le prix, plus question de prétendre reconstruire le Moyen Orient et d’y instaurer la démocratie. Douze ans de guerre contre le terrorisme, des dizaines de milliers de morts et des centaines de milliards de dollars partis en fumée pour aboutir à un chaos généralisé, voilà qui incite à davantage de prudence et de modestie. Décidément, la bonne vieille politique de la canonnière du XIXème siècle, quand les Occidentaux régentaient le monde, n’est plus ce qu’elle était. A trop vouloir pacifier le Moyen Orient, au nom du droit d’ingérence, nous n’avons fait qu’enflammer un gigantesque brasier qui n’est pas près de s’éteindre.

Jacques Guillemain

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