Zeina :  » Sous mon Niqab  » : un témoignage bouleversant et éclairant

Publié le 7 juin 2010 - par - 2 489 vues
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« Sous mon niqab » (éditions Plon) est un récit, écrit par Zeina, une jeune française née en France, élevée au sein d’une famille musulmane traditionnelle dans une banlieue banale. Cette jeune fille va se retrouver plongée dans une hallucinante descente aux enfers suite à son mariage, son mari la forçant par la violence à se voiler de plus en plus, jusqu’à lui imposer le port du niqab. Elle aura le plus grand mal à se libérer de cet enfermement cauchemardesque.

En apparence, rien ne prédisposait Zeina à se retrouver dans cette situation : en effet, elle se présente comme une jeune fille à peu près moderne, réussissant ses études (BTS avec mention) malgré le peu d’enthousiasme de son entourage familial traditionnaliste, passant son permis de conduire en se le finançant par son travail, et donc devenant rapidement adulte et autonome.

Elle croit contracter un mariage d’amour, ayant réussi, malgré une surveillance familiale intransigeante, à rencontrer un jeune homme de son quartier qui lui plaisait. Malheureusement, si le début de son mariage se passe à peu près normalement, son mari se met à changer de fréquentations, et, sous l’influence de ces nouvelles fréquentations, apparemment intégristes, insiste de plus en plus lourdement pour que sa femme arrête de travailler et porte le voile, et se met à en venir aux coups pour obtenir satisfaction. Celle-ci négocie un simple bandana , puis se retrouve contrainte à porter le hijab, puis le jilbab ( sorte de djellaba ) et enfin, rouée de coups , finit par se faire imposer le niqab, ce qui n’empêche pas son mari de continuer à la battre et à restreindre ses sorties, qui finissent par se limiter à aller chercher son fils à l’école ( son mari ayant décidé de faire lui même les courses ). Elle décrit par le menu l’épouvantable prison constituée par cette tenue.

Toute tentative de faire intervenir sa famille se solde par un échec :
en effet, sa mère lui dit d’obéir à son mari pour être une bonne musulmane. Par ailleurs, vétue de son niqab, elle suscite malgré elle l’admiration de son entourage pour lequel elle est devenue  » la fierté de l’islam  » une sorte d’emblème vivant de la femme musulmane telle qu’elle doit être.

Aucun membre de son entourage ne peut voir les ecchymoses dont elle est couverte, puisque celle-ci sont dissimulés à la vue d’autrui par son niqab.

Les seuls membres de sa famille qui se préoccupent de son sort sont un oncle  » mécréant « , considéré comme la honte de la famille, et une cousine  » du pays  » de 40 ans , chef d’entreprise et mariée à un Français ( après l’avoir toutefois converti à l’islam ).

Après des années de prison ambulante, de coups et de vie sociale réduite au néant et d’un désespoir sans limites, elle voit sa vie, ou au moins sa santé physique et mentale, sauvée par l’intervention d’une voisine de pallier qui lui révèle ses droits, lui apprend qu’il est interdit de battre sa femme en France, et la conduit en urgence avec son fils, dans une association de femmes battues. Elle se retrouve à fuir avec son fils dans des hôtels minables, à la rue, dans une misère noire, pourchassée et menacée par son mari et ses acolytes ( elle obtient le divorce et la garde de son fils ) . Elle est méprisée et reniée par une bonne partie de sa famille, mais, grâce entre autres à l’aide de son oncle  » mécréant « , finit par se reconstruire et retrouver du travail et une vie sociale.

De nombreuses anecdotes racontées dans ce récit permettent de tordre le cou aux idées fausses et inepties politiquement correctes sur le voile intégral.

Tout d’abord, il faut constater que l’inimaginable soumission qui est imposée à Zeina n’est rendue possible que par des années de conditionnement psychologique préalable par l’éducation musulmane traditionnelle (qui ne serait pourtant probablement pas qualifiée
d’intégriste) qu’elle a reçue, ou plutôt subie.

Si, pendant les deux ou trois premières années d’école primaire, elle se mélangeait sans distinction avec les autres enfants de sa classe à l’école laïque du quartier, progressivement est organisé un véritable apartheid. Elle s’aperçoit qu’elle ne peut pas manger la même chose que les autres enfants, que, bien qu’étant régulièrement invitée aux anniversaires et autres goûters festifs organisés par ses copines de classe, elle n’a jamais l’autorisation de s’y rendre. Elle se rend compte qu’il y a deux sortes de filles, celles qui vont chez les copines en dehors des heures de classe, qui ont des activités sportives ou artistiques ou autres le mercredi, et celles qui, comme elle et les autres petites filles musulmanes, se bornent à rester à la maison. Ainsi s’intériorise très vite une distinction entre  » eux  » ( les français ) et « nous  » ( les musulmans ), qui finissent par ne plus se mélanger, d’autant que les parents d’élèves musulmans ne fréquentent eux aussi que d’autres parents d’élèves musulmans.

A aucun moment la famille de Zeina n’essaie de la persuader qu’elle est, elle aussi , une française comme les autres. On réalise que, contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les français qui se livrent à une discrimination contre les musulmans, mais les musulmans qui discriminent leurs propres enfants en rejetant les éléments de base de la socialisation ( et donc de l’assimilation ) par exemple les invitations aux fêtes d’anniversaire que reçoivent leurs enfants de la part de familles françaises  » de souche « , qui n’ont que le tort de ne pas être de la même religion. Soulignons le rôle important des menus sans porc dans les cantines scolaires, qui sont un facteur majeur d’apartheid entre les enfants à l’école, et non pas un facteur d’intégration comme on voudrait nous le faire croire.

Une autre caractéristique de cette éducation intégriste est le contrôle absolument permanent de l’emploi du temps des filles :
l’emploi du temps de Zeina était affiché sur le mur de la cuisine de sa maison, le temps de trajet pour revenir de l’école était calculé à la minute près , tout retard de quelques minutes se retrouvait assorti d’une demande d’explications.

Cette éducation comprend évidemment des cours à l’école coranique. Le descriptif qu’en fait Zeina est absolument effarant : cet  »
enseignement  » , fait par des  » savantes en religion  » consiste à imposer une accumulation d’interdits , et à terroriser les  » élèves  »
par la perspective des châtiments épouvantables auxquels sont inéluctablement soumises en Enfer celles qui transgressent ne serait- ce qu’un peu ces interdits.

Evidemment, une bonne partie de ces interdits concernent les hommes, sources de tentations : interdit aux filles de les regarder dans les yeux, de se retrouver seules dans une pièce avec un homme etc …
Le but de cette éducation, de cet endoctrinement devrait-on plutôt dire, est évidemment double :

– que les filles arrivent  » pures  » au mariage,

– et surtout qu’elles n’aient pas l’idée de tomber amoureuses d’un non musulman, tout étant fait pour qu’elles ne croisent jamais leur chemin en dehors des heures de cours. L’endogamie semble un principe fondamental de cette éducation : on ne doit se marier qu’entre gens de même religion.

A la lecture de ce livre, on se rend compte qu’il n’y a aucune différence de fond entre le voile simple et le voile intégral. Dans les deux cas , il s’agit de soumettre la femme. De même que tous ceux qui utilisent les drogues dures ont d’abord utilisé les drogues douces, toutes les femmes en voile intégral ont d’abord été revêtues du voile simple, le plus souvent contre leur gré. Il faut noter que Zeina, une fois contrainte au port du voile intégral, nuit gravement malgré elle à la cause des autres filles de son entourage familial et de son voisinage, auxquelles on impose d’autant plus facilement le voile qu’elle est là pour servir d’exemple sans le vouloir.

On découvre également le rôle politique et social des mosquées : les prières sont précédées d’annonces matrimoniales dans le but de faire des mariages arrangés, avec de nouveaux jeunes hommes fraîchement arrivés de pays musulmans ( les jeunes filles élevées selon la tradition n’ayant guère la possibilité de faire des rencontres masculines spontanées ). Des réunions entre femmes sont organisées, dans lesquelles des questions politiques sont parfois abordées. Citons Zeina , page 98 :  » La France était pour nous terre étrangère, et il était acquis que nous soutenions toutes le combat de BenLaden et d’Al Qaîda contre l’Occident que nous honnissions,en particulier contre l’Amérique qui avait bien mérité les attentats du 11 septembre…  »
Zeina nous explique ( page 108 ) qu’il y a plusieurs sortes de femmes en voile intégral :

– celles qui sont cloîtrées, ne sortent jamais de chez elle, même pour conduire les enfants à l’école, et dont l’existence est même inconnue de leurs voisins,

– celles qui, comme Zeina, sortaient furtivement comme des fantômes pour conduire leurs enfants à l’école et éventuellement faire une ou deux courses,

– et enfin , une catégorie dont tout le monde soupçonne l’existence, qui est confirmée par Zeina, des femmes qui sont : « savantes » (…) des « soeurs » actives, des militantes de l’islam radical, qui organisaient des réunions à la mosquée et recevaient même la permission de répondre aux questions des journalistes quand ceux-ci étaient en quête de sensationnel, c’est à dire de témoignages de femmes en niqab.  »
Lorsque des politiciens, dont certains prétendent être de gauche, affirment que  » si l’on interdisait le niqab, ces femmes resteraient cloîtrées à la maison  » ils omettent simplement de dire que c’est déjà le cas, quasiment toute la journée pour l’immense majorité d’entre elles , à l’exception de ces rares militantes radicales !

En page 63, Zeina témoigne de la difficulté qu’a une femme de conduire une voiture lorsqu’elle est en tenue musulmane traditionnelle. Malgré ce témoignage, on trouvera des gens pour critiquer les gendarmes qui mettent une contravention pour conduite dangereuse aux femmes revêtues d’un voile intégral.

Plusieurs autres enseignements peuvent être tirés de ce document : en particulier le désastre social que constituerait l’émergence d’un enseignement privé confessionnel musulman : certaines familles décrites dans le livre commencent à mettre leurs enfants dans des écoles privées musulmanes, les privant ainsi de toute possibilité de contact et donc d’influence avec le reste des enfants français.

A la lecture de ce témoignage accablant sur le voile intégral, on est effondré de constater qu’en France, une certaine gauche reste incapable de comprendre l’évidence de la nécessité d’une loi le prohibant totalement. Une telle loi s’avère pourtant indispensable pour protéger des citoyennes françaises contre l’inimaginable violence des fanatiques qui les obligent à revêtir contre leur gré un tel accoutrement, qui n’est rien d’autre qu’une épouvantable prison à perpétuité interdisant toute vie sociale. Cette gauche politiquement correcte a oublié un principe fondamental de la vie en société :
lorsqu’il y a des forts et des faibles, c’est la loi qui libère et la liberté qui opprime. Cette attitude qui consiste à accepter l’inacceptable sous le prétexte de ne pas stigmatiser les musulmans est une des formes les plus insidieuses de discrimination, qui consiste à considérer que les femmes musulmanes, de par leur culture, n’ont pas à avoir accès aux libertés dont jouissent les autres françaises.

Ce témoignage est déterminant sur un point : le voile intégral, qu’il soit imposé par la force dans la plupart des cas ou mis volontairement par quelques femmes radicales, est sans ambiguïtés un acte de propagande politique émanant de gens qui refusent complètement les valeurs de la République, et doivent donc se voir contrecarrés, si besoin par la loi, dans leurs manifestations d’hostilité à celle-ci.

Docdory

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